Trois semaines après la présentation des Jeux olympiques de Milan-Cortina, les patineurs de vitesse courte piste sont de retour pour une dernière compétition cette saison : les Championnats du monde qui auront lieu de vendredi à dimanche à l’aréna Maurice-Richard.
De Courtney Sarault à Kim Boutin, en passant par William Dandjinou et Steven Dubois, les membres de l’équipe canadienne auront des objectifs différents cette fin de semaine... ils tenteront d’ajouter un titre qui manque toujours à leur palmarès, de rebondir après des Jeux frustrants ou encore de conclure de la meilleure des manières une carrière exceptionnelle.
Sur le plan strictement sportif, tous les yeux seront évidemment tournés vers Sarault, après son impressionnante récolte de quatre médailles – deux d’argent ainsi que deux de bronze – pendant la quinzaine italienne. L’athlète âgée de 25 ans avait également été l’une des plus prolifiques sur le circuit de la Coupe du monde cette saison – toutes distances confondues.
Cela dit, Sarault est la première à reconnaître que sa préparation pour ces Mondiaux – et celle de la plupart des plus de 200 participants provenant de 38 nations qui seront en lice dans les 9 épreuves qui seront disputées cette fin de semaine – est loin d’avoir été optimale.
« Chaque année, les Championnats du monde sont normalement notre événement le plus important et nous essayons d’être au sommet de notre forme à ce moment précis, a dit Sarault en marge d’une conférence de presse organisée mardi. En cette année olympique, nous allons essayer d’étirer tout cela le plus longtemps possible. C’est vraiment particulier.
« Mais d’un autre côté, je suis plutôt sereine par rapport à cela et j’ai déjà patiné en mode survie par le passé. C’est pourquoi je suis confiante, peu importe ma condition physique. J’ai l’intention de tout donner et me battre jusqu’à la fin. Je trouve cela plutôt très excitant. »
Malgré tout, Sarault s’est néanmoins fixé des objectifs en vue de ses 7es Championnats du monde en carrière, contrairement à son coéquipier Dubois, qui n’a pas du tout caché qu’il aurait fait l’impasse sur la compétition si cette dernière n’avait pas été tenue à la maison.
Après avoir notamment été vice-championne du monde sur 1500 m en 2021 et 2025 et sur 1000 m en 2025, elle vise plus que jamais la première position sur l’une des trois distances. À noter qu’elle faisait partie de l’équipe qui a gagné l’or au relais 3000 m en 2025, en Chine.
« L’un de mes rêves est de devenir championne du monde sur une distance individuelle, a avoué Sarault. Je me sentirais peut-être plus confiante si j’avais le sentiment que je suis réellement très bien préparée et que je me retrouve présentement au sommet de ma forme.
« Mais en même temps, en raison de ma façon de patiner et de qui je suis, c’est peut-être la saison où j’accomplirai cet exploit. Ces championnats vont être un combat absolument pour tout le monde et ma motivation est forte, même si j’ai encore du temps devant moi. »
Une nouvelle vie
Comme plusieurs de ses coéquipiers avant elle, Sarault a expliqué qu’elle n’est pas encore complètement descendue de son nuage olympique, d’autant plus qu’elle est forcément reconnue partout où elle va en raison des quatre médailles qu’elle a remportées en Italie, du jamais vu pour un athlète de courte piste canadien dans l’histoire des Jeux olympiques.
« Je ne sens pas que j’ai changé, mais c’est certain que le regard que les gens posent sur moi est différent, a-t-elle précisé. J’obtiens plus de commentaires positifs et je profite d’occasions que je n’aurais jamais eues si je n’avais pas gagné de médailles olympiques.
« J’ai été invitée à un match des Raptors [de Toronto] et je trouvais cela vraiment “cool”. Je travaille également sur quelques dossiers pour d’éventuels commanditaires, qui sont essentiels dans la vie des athlètes amateurs parce le gouvernement nous donne si peu... »
Mais c’est vraiment à l’occasion d’une visite au Centre Bell le 27 février dernier – l’organisation des Canadiens ayant alors célébré les exploits d’Olympiens qui avaient participé aux Jeux – qu’elle a pleinement constaté à quel point elle a touché les amateurs.
« Je pensais que d’aller me promener dans les gradins allait être une bonne idée, que personne ne me reconnaîtrait parce que je ne suis qu’une patineuse de courte piste, mais plusieurs personnes m’arrêtaient pour prendre des photos, a mentionné Sarault. Je ne m’attendais pas du tout à cela! J’imagine que c’est cela, la magie des Jeux olympiques… »
Sarault a finalement raconté avoir été émue par le maillot arborant le numéro 26 qui lui a été offert par le CH, le même que son père Yves a porté l’instant de 20 matchs au milieu des années 1990, chose qu’elle ignorait complètement au moment de le recevoir. Elle a même ajouté que son père n’en avait pas gardé un en souvenir de son court passage avec le Tricolore. « C’est vraiment particulier comment la vie fonctionne parfois », a-t-elle conclu.






