L’équipe féminine canadienne de water-polo n’avait pas joué de match sur la scène internationale depuis les Jeux olympiques de Paris. Elle n’a démontré aucun complexe en signant deux victoires en deux matchs pour amorcer la Coupe du monde de deuxième division, à Malte, cette semaine.
Opposées aux Allemandes d’entrée de jeu, mardi, les Canadiennes ont pris les devants dès le premier quart et n’ont jamais regardé derrière malgré les tentatives de l’Allemagne pour revenir de l’arrière. Les Québécoises Marilia Mimides et Floranne Carroll ont d’ailleurs été les bougies d’allumage du côté canadien avec respectivement six et quatre buts, menant le pays vers une victoire de 13-10.
« C’était un excellent début de tournoi pour nous. Même si j’ai marqué beaucoup de buts, ç’a vraiment été un travail d’équipe pour signer cette victoire. On a suivi notre plan de match à la lettre et je me retrouvais souvent avec d’excellentes chances de marquer », a analysé Marilia Mimides.
La joueuse de 28 ans a récidivé mercredi en ajoutant deux filets face au Brésil. Le Canada l’a emporté 12-10 dans ce que les joueuses considéraient comme l’affrontement le plus relevé de l’équipe au cours de la phase préliminaire du tournoi. Kyra Christmas a marqué cinq fois, pendant que la capitaine Emma Wright a réussi un tour du chapeau. Emma Lawson a complété le pointage avec deux buts.
« Ça fait du bien de se remettre dans le bain et enlever la rouille. La pression est moins grande à ce moment-ci, surtout qu’on se retrouve en deuxième division, donc c’est une bonne façon de repartir la machine. On voulait quand même gagner et tout donner, évidemment. Sur papier, le Brésil était notre plus gros adversaire du tour préliminaire. Elles n’ont pas lâché, mais on a tenu bon pour l’emporter », a indiqué Floranne Carroll.
« Ce sont deux victoires très importantes, surtout celle contre les Brésiliennes. Ce sont des adversaires directes dans le processus de qualification olympique, donc c’est bon pour la confiance à long terme. Je ne suis pas dans la formation de départ, mais je suis toujours prête à sauter dans l’eau pour aller faire mon travail. Tout se passe super bien jusqu’à maintenant », a ajouté Daphné Guèvremont.
Le Canada complètera le tour préliminaire jeudi avec un affrontement face au Portugal, un adversaire méconnu, mais qui semble être à la portée de l’équipe canadienne.
« Je n’ai jamais joué contre le Portugal au niveau senior et c’est à peu près la même chose pour toutes mes coéquipières. Elles ont affronté les Allemandes en janvier au Championnat européen et ç’a été un match très serré. On va arriver prêtes et on veut tout donner », a expliqué Guèvremont.
Les deux équipes finalistes de la Coupe du monde de deuxième division participeront ensuite à la Super finale de la Coupe du monde qui se tiendra à Sydney, en Australie, en juillet.
Un vent de changement
Bien des choses ont changé depuis les Jeux olympiques de Paris, en 2024, au sein de l’équipe canadienne. Des 13 joueuses qui ont représenté le pays dans la capitale française, trois seulement sont de retour avec la formation : la gardienne Jessica Gaudreault, Emma Wright et Marilia Mimides. Kyriaki Liosi est également la nouvelle entraîneure de l’équipe canadienne.
Mimides avoue avoir réfléchi profondément à son avenir dans le sport après les Jeux olympiques. Voulant assurer son après-carrière sportive, tout en continuant à jouer, elle a pris la décision de demeurer en Europe pour jouer dans une ligue moins compétitive après une année chez les professionnelles Ce pas de recul lui a ultimement permis d’avoir un « vrai emploi avec un vrai salaire ».
« Après les Jeux olympiques, ç’a été tellement difficile de voir toutes mes coéquipières partir de l’équipe. Le water-polo a toujours fait partie de ma vie, je ne voulais pas arrêter, mais je savais que j’avais besoin d’une pause pour trouver un juste milieu. J’adore le sport, mais je sais que tous les athlètes ont une date d’expiration. Je ne sais pas quand la mienne viendra, mais ce n’est pas aujourd’hui et je veux profiter de chaque moment d’ici là. »
De leur côté, Carroll et Guèvremont étaient déjà dans l’entourage de l’équipe avant Paris. Elles se retrouvent à mi-chemin entre les vétéranes olympiennes et les recrues qui tentent de faire leur place avec la formation nationale senior.
« Tout est nouveau, ce sont nos premiers matchs avec notre nouvelle entraîneure. On doit pratiquement s’habituer à reconnaître sa voix pendant qu’on joue », a mentionné Carroll, en riant. « Je me retrouve avec un peu plus de liberté et je prends plus de responsabilités. Il n’y a pas si longtemps, j’étais aussi une recrue, donc je peux faire un peu le pont entre les deux générations de l’équipe. »
« Il y a énormément de positifs à tirer de ces changements. Ça permet à une nouvelle génération de joueuses de faire ses preuves », a renchéri Guèvremont.
L’objectif ultime est évidemment de se rendre le plus loin possible dans le tournoi, mais l’intention de l’équipe canadienne est également de progresser ensemble dans le but de connaître du succès au cours des prochaines années, notamment aux Jeux panaméricains de 2027, où la qualification olympique pour les Jeux olympiques de Los Angeles sera en jeu.
« On veut grandir ensemble. Avec tous les changements des dernières années, on doit y aller une étape à la fois, un match à la fois. C’est important d’apprendre à se connaître et il faut s’ajuster. Je suis fière de ce que je vois jusqu’à maintenant et je pense qu’on a un énorme potentiel pour les années à venir », a conclu Mimides.






