MONTRÉAL — Elle dit avoir grandi un peu et changé sa chevelure, mais Nadia Comaneci ne peut pas passer inaperçue à Montréal, même 50 ans après son exploit aux Jeux olympiques de Montréal.
Venue à Montréal pour y recevoir un doctorat honorifique de l’Université de Montréal et pour souligner les 50 ans des premiers Jeux olympiques en sol canadien, Comaneci a pu constater que les Québécois ne l’ont pas oubliée, alors que des passants l’ayant reconnue sont venus se faire photographier avec l’ex-gymnaste, qui donnait un point de presse devant les bureaux montréalais du Comité olympique canadien.
«J’ai été marquée par la chaleur des gens, a-t-elle dit au sujet de son premier contact avec Montréal. J’avais pris trois ou quatre ans de cours de français en Roumanie et j’ai pu échanger avec les gens, qui m’ont fait sentir comme à la maison. La culture ici, à Montréal, ressemble beaucoup à la culture roumaine. D’ailleurs, il y a beaucoup de Roumains ici. J’en ai rencontré plusieurs.»
Elle est d’ailleurs surprise qu’on ait pensé à elle pour ces célébrations du cinquantenaire.
«Je suis surprise et honorée, car nous sommes dans une époque où en général, on tourne rapidement la page sur les événements. J’ai rencontré beaucoup de personnes qui m’ont dit qu’ils se rappelaient où ils étaient quand j’ai reçu ma note parfaite. Moi, j’étais tellement concentrée sur ce que je devais faire, que je n’ai pas réalisé l’ampleur tout de suite.
«D’être honorée 50 ans plus tard, c’est très, très spécial. C’est bien de faire quelque chose d’historique à 14 ans, car tu peux le célébrer 50 ans plus tard!», a-t-elle ajouté en s’esclaffant.
Pour le COC, il allait de soi que la reine des Jeux de Montréal fasse partie des célébrations.
«Son nom était inscrit tout au haut de la liste, deux fois plutôt qu’une, a blagué Tricia Smith, la présidente du COC. Il y avait ensuite le nom (du médaillé d’or en escrime par équipe des JO 1976 et président honoraire du CIO) Thomas Bach. Nous sommes très chanceux de compter sur ces deux ambassadeurs.»
Toujours heureuse de revenir à Montréal, «sa deuxième maison», Comaneci dit avoir plus conscience de l’impact que sa performance a eu sur les gens.
«En 2017 (pendant les Championnats du monde de gymnastique présentés à Montréal), j’ai rencontré une personne qui était bénévole en 1976, et elle m’a raconté comment je l’avais inspirée et elle s’est mise à pleurer, et moi aussi!, s’est-elle remémorée. Céline Dion m’avait aussi dit la même chose, qu’elle m’avait vue et elle s’était dit que si je pouvais faire de grandes choses, alors elle aussi elle pouvait le faire.»
«La magie des Jeux olympiques opère encore, a noté Smith. Quiconque a vu Nadia réussir la première note de 10 (à Montréal) s’en souvient. C’est comme de voir le meilleur ballet du monde, le meilleur orchestre du monde. Ce genre de performance vous habite longtemps. Ça démontre tout ce que l’être humain peut réaliser, et ça frappe l’imaginaire des gens. Ça nous touche droit au coeur.»
Comaneci sera honorée vendredi à l’Université de Montréal, avant de rencontrer un groupe de Nadia, toutes nommées en son honneur, ainsi que des gymnastes québécois, au cours des trois prochains jours.
«Nadia est magique à Montréal, comme elle l’était il y a 50 ans. Ç’a été fantastique de pouvoir l’avoir ici. C’est une telle icône, une telle ambassadrice pour le sport», a conclu Smith.
Frédéric Daigle, La Presse Canadienne





