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Une décennie de succès des canoéistes féminines

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Sophia Jensen

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis dix ans, dans les épreuves non-mixtes de canoë-kayak de vitesse aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde, ce sont les athlètes féminines en canoë qui ont mené le Canada sur les podiums internationaux. Les quatre médailles olympiques canadiennes de la dernière décennie ont toutes été remportées en canoë féminin, en plus de 18 des 21 podiums obtenus aux mondiaux.

Quand on pose la question à la meilleure Canadienne sur la scène internationale cette saison, Sophia Jensen, à savoir ce qui explique ce succès et cette constance, sa réponse est sans équivoque : « On est juste les bests ! » lance l’athlète de Chelsea dans un grand éclat de rire.

L’arrivée des canoéistes féminines au programme olympique s’est faite à Tokyo, en 2021 et l’olympienne des Jeux de Paris souligne que le Canada était déjà un leader dans cette discipline depuis un bon moment déjà.

« Laurence Vincent-Lapointe était un grand modèle dans le développement du canoë féminin. [...] C’est notre job d’être bonnes et de continuer cette legacy de canoë-kayak, spécialement au Canada », précise celle qui a connu un début de saison canon aux deux premières Coupes du monde de la présente campagne.

En quatre finales, l’athlète de Chelsea a été deux fois médaillée d’argent (C1 200 m et 500 m), une fois médaillée de bronze (C1 500 m), en plus d’avoir obtenu une quatrième place.

La saison 2025 avait été la « plus difficile mentalement de sa carrière », elle a décidé de quitter le groupe d’entraînement de l’équipe canadienne pour se joindre à l’équipe du Québec. Non seulement sa carrière a trouvé un second souffle, elle ajoute qu’elle se plaît aussi vraiment à côtoyer des coéquipières plus jeunes qui la suivent dans son sillon.

« Nous sommes un petit sport et je pense que c’est vraiment important pour les athlètes (d’élite) d’être mêlés aux jeunes. Je m’inspire beaucoup des jeunes comme Élizabeth (Desrosiers-McArthur) et Amélie (Laliberté). Ça me motive à être la meilleure possible. C’est spécial et important pour le sport d’être intégrée avec les jeunes et les coachs des clubs », poursuit l’athlète de 24 ans qui compte trois médailles, une de chaque couleur, aux Championnats du monde seniors, depuis le début de sa carrière.

Élizabeth Desrosiers-McArthur est bien placée pour parler de l’impact de celle qui s’est classée sixième au C1 200 m des Jeux olympiques de Paris, épreuve remportée par l’Ontarienne Katie Vincent. La jeune athlète a fait équipe avec Jensen en C2 aux récentes sélections nationales et elle a obtenu sa place pour les Championnats du monde seniors, ceux des moins de 23 ans, ainsi que pour la première Coupe du monde de sa carrière, celle Montréal, au début juillet.

« Je pense que nous sommes bien entourées au Québec. Nous avons de super bons coachs, de super bons camps d’entraînement », commente la jeune femme de Lac-Beauport.

Meilleures au pays, meilleures au monde

Membre de l’équipe du Québec, la canoéiste Amélie Laliberté a participé aux Championnats du monde juniors l’an dernier d’où elle est revenue avec deux médailles d’or. Cette semaine, elle est en action aux mondiaux des moins de 23 ans, en Nouvelle-Écosse. Elle juge qu’elle s’entraîne dans les meilleures conditions pour un jour faire elle aussi partie de l’élite mondiale.

« On se pousse toutes ensemble et nous sommes vraiment une cohorte qui est très forte chez les femmes. Je pense que ça nous amène à être meilleures. On voit à côté de nous que les meilleures au Canada sont les meilleures au monde aussi, alors ça nous inspire à le devenir. Je crois que c’est vraiment une énergie qui nous pousse à aller vers le haut toutes ensemble. »

En contrepartie, si l’équipe canadienne est si forte, cela veut aussi dire qu’il est plus difficile de s’y tailler une place, mais cela ne la décourage pas pour autant.

« Je n’ai pas peur du fait que nous sommes bonnes au Canada. Ça me dit : “Heille, si j’arrive à ce point-là et à être dans les meilleures au Canada, et bien je vais peut-être être la meilleure au monde finalement”, donc c’est motivant ! »