Artur Beterbiev remontera-t-il dans un jour un ring de boxe? S’il faut en croire Marc Ramsay, les chances que cela se produise sont comparables à celles de revoir Jean Leloup sur scène.
L’ancien champion incontesté des poids mi-lourds n’a toujours pas repris l’entraînement au gymnase montréalais où il a ses habitudes, et il semble tranquillement se résigner à l’idée qu’une troisième et dernière confrontation face à Dmitrii Bivol n’aura finalement jamais lieu.
Beterbiev (21-1, 20 K.-O.) et Bivol (25-1, 12 K.-O.) se sont affrontés à deux reprises, en octobre 2024, puis en février 2025, chacun enregistrant une victoire par décision partagée des juges à la suite de chocs évidemment très relevés. Beterbiev ne s’est pas battu depuis.
Bivol, qui a été opéré au dos en août 2025, quelques mois après son gain contre Beterbiev, a ensuite facilement défait son aspirant obligatoire à l’IBF Michael Eifert, en mai 2026, avant d’être une nouvelle fois opéré, au coude gauche, en juillet dernier. À moins d’un revirement de situation majeur, il prévoit se mesurer à Callum Smith en décembre prochain, en Russie.
« [Artur] est en Russie en ce moment. Il attend, vraiment. Il a toujours espéré avoir ce troisième combat-là, a expliqué Ramsay, mardi soir, au Casino de Montréal, en marge d’un entraînement médias qui a été tenu pour promouvoir la prochaine saison d’Eye of the Tiger.
« Maintenant, on peut le voir, l’équipe Bivol fait tout pour [éviter ce troisième combat]. Ça fait longtemps qu’il aurait dû avoir lieu. Je pense que c’est de la manipulation pour essayer de le vieillir (Beterbiev, NDLR) une année de plus. On étire encore les choses de leur côté. »
L’entraîneur a ensuite rejeté du revers de la main la possibilité que Beterbiev croise le fer avec un autre pugiliste pour demeurer actif. À 41 ans, l’ex-champion n’a plus rien à prouver.
« J’ai une idée un peu arrêtée là-dessus. Je ne vois pas pourquoi on ferait un autre combat que ça, a répondu Ramsay. Honnêtement, on aurait dû faire ces combats-là [contre Bivol] il y a dix ans, pas maintenant. La trilogie aurait même dû se terminer quand elle a commencé.
« Cela dit, si Artur finit par avoir besoin de moi… je vais toujours être là. Ça, c’est certain! »
Iglesias aux côtés de Ramsay
Même s’il ne manque pas de travail par les temps qui courent – il prépare l’important combat que s’apprête à disputer Christian Mbilli contre Saúl « Canelo » Álvarez le 31 octobre, Ramsay a accueilli un nouveau boxeur, et pas le moindre, dans son gymnase récemment.
Le détenteur de la ceinture des super-moyens de l’IBF Osleys Iglesias a effectué « un peu de ménage » dans son entourage et s’est séparé de l’équipe qui lui a permis de devenir champion à la suite de sa victoire décisive sur Pavel Silyagin, en avril, plus tôt cette année.
Iglesias (15-0, 14 K.-O.) a ensuite commencé à s’entraîner avec une nouvelle équipe, en Europe, mais insatisfait de la tournure des événements, il a décidé de concert avec Eye of the Tiger, de préparer sa première défense contre Oliver Zaren, le 8 octobre, avec Ramsay.
« On a décidé de faire un camp d’entraînement. On va voir comment les choses se passent, mais pour le moment, ça va très bien, a avoué l’entraîneur d’expérience. C’est vraiment très plaisant d’avoir commencé à travailler avec lui. C’est quelqu’un qui travaille dur et très fort.
« On va ensuite se rasseoir après le combat à Québec. On va prendre des décisions. Mais pour le moment, il n’y a pas de pression ni d’engagement. Et d’un côté, comme de l’autre. »
Déjà considéré comme le deuxième meilleur boxeur chez les super-moyens, derrière Álvarez, par The Ring, Ramsay considère néanmoins que l’Allemand d’origine cubaine est loin d’avoir exploité son plein potentiel. Il y a des éléments qui pourraient être améliorés.
« C’est un gars qui est déjà très technique, c’est plus au niveau physique qu’il y a encore place au développement, a-t-il précisé. Je pense qu’Iglesias peut utiliser ses jambes plus qu’il ne le fait présentement. Je pense qu’il pourrait aussi utiliser un peu plus ses habiletés.
« Je suis enchanté du défi. C’est venu de lui. Ce n’est pas moi qui ai arrivé et qui ai dit : “I am the guy”. Pour sa première défense, il ne voulait courir aucun risque. Il voulait avoir un camp d’entraînement qui allait lui permettre de connaître une bonne performance le 8 octobre. »
C’est certain qu’en franchissant la porte d’un gymnase où s’entraînent présentement déjà Mbilli, Wilkens Mathieu et Imam Khataev, la motivation n’est pas très compliquée à trouver.






