Chaque fois que Steven Butler a subi la défaite depuis le début de sa carrière, le boxeur a pu compter sur l’appui indéfectible de son promoteur Camille Estephan. Mais après le dernier knock-out que le Montréalais s’est fait passer par Edgar Berlanga, le 26 juillet dernier, à New York, Estephan est d’avis que celui qu’il considère comme un fils doit accrocher ses gants.
« Moi, j’aimerais que Steven prenne sa retraite », a martelé l’homme à la tête d’Eye of the Tiger, mardi soir, en marge d’un entraînement médias qui a été tenu au Casino de Montréal.
« Steven, c’est un jeune homme qui a 30 ans, qui a commencé la boxe à 18 ans, qui a fait 45 combats professionnels, avait-il précédemment mentionné. C’est beaucoup de camps d’entraînement, beaucoup de sparring et de coups à la tête... Il a 6 défaites, toutes par K.-O.
« Steven, c’est au-delà de la boxe. C’est un gars qui est très proche de moi. C’est certain que je ne peux pas prendre la décision à sa place. C’est à lui de la prendre. Mais je sais que c’est une décision difficile, parce que ce n’est pas comme s’il avait 35 ans et qu’il était fini. »
Estephan a d’ailleurs ajouté qu’il ne rencontrerait absolument aucune difficulté à trouver un adversaire à Butler pour un éventuel combat. De nombreux jeunes aspirants en quête de notoriété désireraient montrer qu’ils seraient capables d’être plus expéditifs que Berlanga.
« Steven a encore possiblement beaucoup à donner, mais quand on regarde le chemin à 168 livres, c’est un chemin très difficile, a analysé le promoteur. À quel point ça vaut la peine? À quel point ça vaut la peine de risquer sa santé? C’est vraiment la santé avant tout.
« J’ai déjà pris une décision similaire avec Baha Laham. Il était capable de continuer et il avait des choses à prouver, mais je lui avais demandé d’arrêter et il m’a écouté. On va se parler, Steven et moi, mais il a connu une très belle carrière qui se termine quand même sur une belle note. Il n’a pas du tout à être gêné de la prestation qu’il a faite contre Berlanga. »
Estephan ne voit par ailleurs aucun intérêt à ce que Butler remonte une dernière fois dans l’arène, dans une confrontation à saveur résolument locale, pour s’offrir une ultime victoire.
« Steven n’a plus rien à prouver à personne, a-t-il répondu. À ce niveau, chaque coup de poing est un risque non nécessaire. Les risques, tu les prends si tu sais que c’est pour faire un combat de championnat du monde qui s’avère payant. Le jeu en vaut alors la chandelle.
« Mais se battre pour des miettes, pour une somme qui ne représente pas des millions ou même des centaines de milliers de dollars, ça ne vaut tout simplement pas la peine. Non. »
D’autant plus qu’à 30 ans, Butler a encore toute la vie devant lui pour bâtir quelque chose d’intéressant. Et il n’y a pas de doute qu’Estephan sera de nouveau derrière lui pour l’épauler.






