Mêmes têtes dirigeantes, ou presque. Mêmes boxeurs, ou presque. Mêmes personnes qui gravitent dans leur entourage, ou presque. À première vue, il était possible de croire qu’il s’agissait du lancement d’une nouvelle saison de Groupe Yvon Michel, mercredi soir, à l’Espace St-Denis. Mais c’était plutôt le coup d’envoi d’I-BOX Promotions qui était donné.
Flanqué de sa partenaire d’affaires de longue date, Alexandra Croft, et d’un nouveau venu, John Robert Kelly, le vétéran promoteur Yvon Michel a promis un « retour aux sources » qui permettra aux amateurs de revivre la folle époque pendant laquelle Lucian Bute et Jean Pascal remplissaient le Centre Bell, considérée comme « l’âge d’or » de la boxe québécoise.
Un objectif résolument ambitieux, étant donné que la scène locale n’a jamais compté autant de champions du monde (six), mais n’a jamais aussi peu intéressé le grand public. Cela fera cinq ans, en décembre, que le mythique amphithéâtre n’a pas accueilli de pugilat.
« Quand j’ai commencé avec Éric Lucas et Stéphane Ouellet, ça a pris quand même plusieurs années avant qu’ils ne deviennent des vedettes, a rappelé Michel, en marge de l’allocution qu’il a donnée devant une soixantaine de convives. Quand ils en sont devenus, quand ils ont connecté avec le public, ça n’a pas lâché, et ce, jusqu’à la fin de leur carrière.
« C’est ça qu’il faut retrouver. Les Québécois, s’ils s’identifient [aux boxeurs], ils vont embarquer. Mais pour ça, il faut que [les boxeurs] performent et s’impliquent. Quand Lucian est arrivé, personne de l’extérieur n’avait réussi à remplir les [amphithéâtres]. Jean Bédard avait fait passer le flambeau d’Éric et Lucian et les gens ont embarqué là-dedans. »
Mais en quoi un changement d’identité était-il rendu nécessaire, alors que Michel restera le principal visage de l’entreprise, qui organisera son premier événement le 3 octobre, à l’Espace St-Denis, et qui mettra notamment en vedette Alexis Barrière et Derek Pomerleau.
« Ça faisait un bout de temps qu’on pensait à un “rebranding”. On voulait repartir avec de nouvelles idées, a expliqué le promoteur, qui compte 45 années d’expérience dans le milieu de la boxe. Avec Groupe Yvon Michel, toute la pression était sur Yvon Michel. Avec I-Box, la pression est répartie sur tous les partenaires. On voulait rafraîchir notre image et la rajeunir.
« On a pensé, à un moment donné, partir en transition et s’appeler GYM FC, mais il y avait trop de confusion et les gens appelaient ça Groupe Yvon Michel FC. Ça n’accomplissait pas l’objectif qu’on avait. I-BOX, c’est complètement différent. On a fait 24 ans avec GYM, ç’a été extraordinaire, mais c’est une image qui ne colle plus du tout à la réalité d’aujourd’hui. »
Michel ne cache pas qu’il y a eu une forme d’essoufflement, après l’entente qui a permis à Kim Clavel de grossir les rangs de Most Valuable Promotions (MVP), il y a douze mois. Sans grande vision d’avenir à ce moment-là, il a avoué avoir alors décidé de surfer sur ses acquis.
Et c’est l’arrivée de John Robert Kelly dans le portrait qui l’a mené à reconsidérer sa position.
« Il avait deux boxeurs (Junior Petanqui et Cédrick Belony-Dulièpre, NDLR) et il était venu me voir pour savoir si ses deux boxeurs pouvaient boxer sur nos cartes et je lui avais répondu qu’on en prenait plus de nouveaux et qu’on restait sur notre erre d’aller..., a raconté Michel.
« Il est revenu me voir et m’a proposé une entente où je n’aurais plus besoin de faire de la comptabilité, de l’administration, de la tenue de livres et de la gestion de bureau. Il m’est arrivé avec l’idée que je me concentrerais juste sur des événements pour les combattants.
« Ça m’a rallumé, cette perspective-là. En même temps, j’ai regardé le bassin. Il y avait beaucoup, beaucoup de talent qui n’était pas encadré avec personne sur du long terme. »
Bref, même s’il ne s’est engagé que « pour un cycle de quatre ou cinq ans », Michel retrouve l’enthousiasme qu’il avait perdu en ne se concentrant désormais que sur la boxe. Il a, entre autres choses, mentionné qu’il sera beaucoup plus impliqué dans le choix des adversaires.
« On va travailler très fort sur l’identité [des boxeurs], de façon à ce que le public québécois se sente un peu plus identifié. Je pense qu’il y a le talent là-dedans pour ramener les foules, a-t-il conclu. On a assurément les ressources pour reconnecter avec le public québécois. »
Reste à savoir qui de Mazlum Akdeniz, Alexis Barrière, Derek Pomerleau, Marie-Pier Houle, Omar Zaatitit Alieh, Loïck Lahaie, Junior Petanqui, Kirill Bazhenov, Alessia Mansueto et Cédrick Belony-Dulièpre – les dix premiers combattants qui ont été mis sous contrat par I-BOX Promotions – sera le plus en mesure de tirer profit de cette toute nouvelle structure.





