Même s’il n’y a eu qu’un gala de boxe qui a été présenté en sol québécois lors de la période estivale, les dernières semaines ont néanmoins été riches en actualités sur la scène locale. Résumé de certains exploits, vives déceptions et annonces de toutes sortes en sept points.
Thibeault écrit l’histoire

Il n’y a aucun doute que l’événement de l’été est la conquête des titres IBF et WBO des poids moyens de Tammara Thibeault, le 8 août, à Orlando, en Floride. En battant Desley Robinson par décision unanime des juges, à la suite d’une prestation sans failles qui a été saluée par plusieurs observateurs, l’athlète originaire de Shawinigan est ainsi devenue championne unifiée à sa cinquième sortie seulement. Par ailleurs, jamais une pugiliste – hommes et femmes confondus – n’avait mis la main aussi vite sur la symbolique ceinture The Ring dans toute l’histoire de la boxe, rien de moins! Et comme si Thibeault ne manquait pas de projet, elle ambitionne, en plus, de participer aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 2028, pour ajouter la seule chose qui manque à son palmarès : une médaille olympique.
Veyre disqualifiée

Avant que Caroline Veyre ne monte dans le ring pour affronter Bernice Ferreira, le 15 août, à Atlanta, la boxe québécoise comptait sept champions du monde. Ils ne sont cependant maintenant plus que six à la suite de la défaite par disqualification de l’ancienne détentrice du titre des super-plumes du WBC. L’arbitre Malik Waleed a en effet mis un terme au duel au huitième round à cause de l’accrochage jugé « excessif » de la Québécoise d’origine française, qui avait précédemment perdu un point aux quatrième et septième assauts pour les mêmes raisons. Dans une publication sur les réseaux sociaux qui a été retirée depuis, son entraîneur Samuel Décarie-Drolet se demandait si sa protégée n’avait pas commencé le combat avec deux prises contre elle, puisque l’arbitre avait prévenu qu’il ne tolérerait aucune forme d’accroche pendant la soirée et qu’il fallait considérer ses propos comme un premier avertissement. C’est sans aucun doute un résultat crève-cœur pour Veyre, d’autant plus qu’elle menait sur les cartes de deux des trois juges au moment de sa disqualification.
Pascal : la fin d’une époque?
Est-ce résolument la fin d’une époque? Pour la première fois depuis le début de sa carrière qui s’échelonne sur plus de deux décennies, Jean Pascal a subi un deuxième revers consécutif, en s’inclinant par décision unanime contre Francis Lafrenière, le 27 juin, à Laval. Autant Pascal a clairement manifesté son désaccord envers les trois cartes de 96-93 remises par les juges, autant il y a peu de gens qui croient qu’il a gagné ce combat, au cours duquel l’ex-champion du monde des mi-lourds a souvent paru éteint et au bout du rouleau. Même si Lafrenière n’était jamais passé proche de disputer un duel de l’envergure de ceux que son illustre rival a multipliés à une certaine époque, il a pratiquement été en contrôle de la première à la dernière seconde. Après son revers, Pascal, assis dans son vestiaire, a d’ailleurs lâché d’une voix basse que « cette défaite fait beaucoup plus mal [que toutes les autres subies auparavant] ». Lafrenière, dont ce choc était le chant du cygne, a manifesté le souhait que Pascal se retire aussi. « J’aimerais lui dire qu’il est vraiment le temps d’arrêter. »
Une sixième défaite avant la limite pour Butler

Ce n’était pas un combat de championnat du monde, mais dans le grand ordre des choses, Steven Butler avait énormément à gagner en se mesurant à Edgar Berlanga, en finale d’un gala présenté le 26 juillet au Théâtre du Madison Square Garden, à New York. À son premier duel significatif chez les super-moyens, Butler s’est fait dominer avant d’être arrêté au septième round. Cette sixième défaite avant la limite en a amené plusieurs à se demander si Butler ne devrait pas réfléchir à son avenir, alors qu’il totalise désormais 45 combats au compteur et qu’il est âgé de seulement 30 ans. Mais le cogneur montréalais n’en a visiblement pas terminé avec la boxe, puisqu’il a écrit sur les médias sociaux au début du mois qu’il a « toujours faim » et qu’il est « toujours là » et que « l’histoire n’est pas terminée ».
Guerrero ne peut rien contre le jab de Johnson
Quelques semaines avant Butler, c’est Christopher Guerrero qui avait la chance de disputer un combat significatif aux États-Unis. Le résultat n’a également pas été celui espéré, étant donné que le mi-moyen montréalais s’est incliné par décision unanime contre un autre espoir invaincu, Delante Johnson. Guerrero est parvenu de peine et misère à arracher un round et les cartes de deux des trois juges, étant incapable de composer avec le jab de son adversaire. La marche est toujours très haute à partir du moment où un boxeur essaie de consolider sa place dans les classements mondiaux. Au sein de la très compétitive division des 147 livres, Guerrero a désormais une meilleure idée des éléments qu’il devra améliorer.
Gaumont à la retraite, Claggett joueur autonome

Après avoir réussi – difficilement, il faut le reconnaître – à remettre sa carrière sur les rails à la suite de sa première défaite en carrière, Alexandre Gaumont a dû se résoudre à annoncer sa retraite, alors qu’il se préparait pourtant à remonter dans le ring le 3 septembre prochain. Ennuyé par une blessure persistante à un coude, le cogneur de Buckingham tire sa révérence après 15 combats, dont 4 qu’il a eu la chance de livrer devant les siens au Casino du Lac Leamy. Gaumont a effectué sa dernière sortie en avril plus tôt cette année, à Montréal, battant Luka Lozo par décision unanime, malgré une chute au tapis au 10e round.
Il n’est pas encore question de retraite pour Steven Claggett, mais le teigneux boxeur originaire de l’Alberta ne combattra plus sous les couleurs d’Eye of the Tiger. Le promoteur québécois a décidé de ne pas renouveler l’entente qui liait les deux parties. Claggett s’était fait connaître en surprenant Yves Ulysse fils en octobre 2017 et avait été mis sous contrat par Eye of the Tiger environ un an et demi plus tard. Il a ensuite pris part à plusieurs rendez-vous significatifs sur la scène locale avant d’obtenir sa chance en championnat du monde contre Teomifo Lopez en juin 2024. Son dernier duel avec Eye of the Tiger a été celui qu’il a perdu par arrêt de l’arbitre au troisième round face à Adam Azim, le 30 mai 2026, à Londres.
Groupe Yvon Michel n’est plus, place à I-BOX Promotions
La nouvelle est résolument passée sous silence et n’a été que très peu couverte dans les médias, mais Groupe Yvon Michel a officiellement été enterré et a été remplacé par I-BOX Promotions. La nouvelle entité coorganisera – avec Samourai MMA – son premier événement le 3 octobre à l’Espace St-Denis – avec Alexis Barrière et Derek Pomerleau en têtes d’affiche – et en présentera un deuxième le 21 octobre au Cabaret du Casino de Montréal – avec Mazlum Akdeniz et Marie-Pier Houle en vedette. Pour Pomerleau, il s’agira d’un premier combat depuis qu’il a été défait en finale du tournoi des moyens du Grand Prix du WBC présenté en 2025, en Arabie saoudite. À noter, par ailleurs, que le duel de Pomerleau sera tenu chez les super-moyens et qu’il combattra pour un titre mineur de l’IBF.





