Quatre athlètes de la Belle Province étaient présents la fin de semaine dernière à la Coupe du monde de boxe, à Foz do Iguaçu, au Brésil. Du lot, Keoma-Ali Al-Ahmadieh et Gabriel Labrie sont montés sur la troisième marche du podium de leur catégorie respective.
Du côté féminin, Marie Al-Ahmadieh (-60 kg) a pris le cinquième rang, alors que Rachel Bourdon (-65 kg), neuvième, participait à la toute première Coupe du monde de sa carrière.
Quart de finaliste des plus récents Championnats du monde, Keoma-Ali Al-Ahmadieh a eu droit à un week-end bien chargé chez les moins de 60 kg au Brésil. Après des victoires par décision unanime face au Marocain Imad Azoui et contre l’Italien Michele Baldassi, le Québécois s’est assuré d’une place sur le podium en venant à bout du Japonais Shunsuke Kitamoto lors des quarts de finale, également par décision unanime. C’est ce même adversaire qui l’avait éliminé aux mondiaux, l’été dernier.
Le boxeur de 22 ans a toutefois subi la défaite en demi-finale contre l’Américain Salim Ellis Bey, éventuel médaillé d’argent.
Gabriel Labrie (-65 kg) a lui aussi remporté ses deux premiers combats par décision unanime. Il a ensuite livré une chaude lutte au Néo-Zélandais Connor Campbell. Le Québécois l’a emporté par décision partagée des juges, obtenant du même coup son billet pour les demi-finales où il s’est toutefois incliné 4-1 contre le Brésilien Yuri Falcao, vainqueur de la catégorie.
« Boxe Canada est excitée de voir le succès de nos athlètes à la Coupe du monde, au Brésil. Notre mission est de bâtir une équipe forte en vue des Jeux du Commonwealth, des Jeux panaméricains, et éventuellement, des Jeux olympiques. Les médailles de Keoma-Ali et de Gabriel sont des pas dans la bonne direction et nous sommes extrêmement fiers d’eux », a commenté Christopher Lindsay, directeur général de Boxe Canada.
Un baptême de feu
Chez les femmes, Marie Al-Ahmadieh a remporté son premier combat face à l’Américaine Alisha Crockett avant de baisser pavillon au tour suivant contre la Kazakh Viktoriya Grafayeva.
De son côté, Rachel Bourdon en était à sa toute première Coupe du monde, et ce, quelques mois seulement après avoir subi une sérieuse blessure à la main droite. Profitant d’un laissez-passer au premier tour, l’athlète de 30 ans s’est inclinée par décision partagée face à la Marocaine Douaa Zaki.
« La Marocaine avait un style assez étrange et j’ai eu besoin de plus de temps que j’aurais souhaité pour m’ajuster. Avec ma blessure à la main, mes réflexes n’étaient pas à point et j’avais l’impression de ne pas avoir tous les outils nécessaires pour l’emporter. Il y avait aussi un peu de stress lié au fait de faire une première Coupe du monde », a partagé Rachel Bourdon, en entrevue avec Sportcom.
« Il y avait un camp de deux semaines avant la Coupe du monde où j’ai fait mes premiers sparrings depuis la fin du mois de décembre. C’était pour me remettre dedans et briser la glace à l’international », a-t-elle ajouté.
Bourdon a décrit cette première sortie à ce niveau comme « une expérience magnifique » qui lui a également permis d’apprendre énormément. Si son résultat à Foz do Iguaçu ne lui permet pas de se qualifier d’emblée pour la prochaine Coupe du monde prévue en Chine, en juin, elle souhaite poursuivre sa progression afin de représenter le Canada à nouveau dans un avenir rapproché.
« Je pense avoir amélioré l’aspect mental de mon sport. En boxe, tu ne peux pas contrôler les juges, ton adversaire, ou même comment tu te sens le matin du combat. Je ne savais pas comment ma main allait réagir non plus. J’ai fait ce que j’ai pu et j’avais confiance en mes moyens. En voyant les meilleures au monde à l’œuvre, autant à l’entraînement qu’en combat, j’ai l’impression d’avoir tellement appris sur le plan tactique et technique. »
Les Jeux olympiques de 2028 sont évidemment dans sa ligne de mire. La championne nationale des moins de 65 kg se fixe des objectifs à court terme pour s’assurer de demeurer dans le moment présent.
« Je pense évidemment aux Jeux de Los Angeles chaque matin quand je me réveille. Par contre, pour se rendre là, chaque petite compétition compte, chaque combat compte. Si je pense juste aux Jeux olympiques, je ne gagnerai peut-être même pas mon prochain combat. C’est ma première saison à l’international et je veux gagner en expérience d’ici l’an prochain où le processus de qualification débutera plus sérieusement », a-t-elle conclu.






