Hier, c’était vendredi 13. Êtes-vous superstitieux? J’ai fait une recherche afin de dénicher des combats prestigieux en boxe professionnelle un vendredi 13. Le seul que j’ai trouvé est celui survenu lors du gala du 13 juin 1986 au MSG de New York, « Friday the 13th Resurrection ». Pour l’occasion, Hector « Macho » Camacho (29-0, 15 K.-O.) a défendu avec succès son titre WBC des légers contre Edwin Rosario (28-2, 24 K.-O.).
La foule de près de 11 000 spectateurs a, par la même occasion, assisté à la 22e victoire consécutive de Mike Tyson (22-0, 20 K.-O.), un knockout au premier round contre Reggie Gross (18-5, 14 K.-O.).
Il y avait aussi un duel mettant en vedette une autre future grande légende de la boxe alors que le mexicain Julio Cesar Chavez (51-0, 47 K.-O.) pulvérisait Refugio Rojas, d’un uppercut de la gauche au corps au 7e round, pour défendre son titre WBC des super plumes pour la 5e fois.
Mais le plus remarquable, dans ce gala de cinq combats, télédiffusé par HBO, organisé par Don King, était pour nous les deux combats d’ouverture. Ils étaient nombreux les Québécois sur place pour épauler deux boxeurs de chez nous. Matthew Hilton (23-0, 18 K.-O.) l’emporte par décision en 10 rounds contre Aniseto Ramos (10-10-0, 4 K.-O.) et son jeune frère Stewart (4-0, 1 K.-O.) récolte aussi une décision, en 4 rounds, contre David Thomas (1-1, 1 K.-O).
Ce sera le dernier combat du plus jeune de la lignée des « Fighting Hilton » avant son accident fatal. Vous croyez à la malédiction du vendredi 13?
Au Québec le seul vendredi 13 dont je me souviens est le combat d’unification des mi-mouches WBC/WBA entre Kim Clavel et Yesica Nery Plata à la Place Bell le 13 janvier 2023. Ça ne s’est pas très bien passé pour la Québécoise, la Mexicaine est repartie chez elle avec les deux ceintures!
Alors en général je dirais que le vendredi 13 semble être un « combat Non Grata » pour des affrontements majeurs et vous, qu’est-ce que vous en pensez?
Sugar Hill Stewart de retour avec Tyson Fury
La semaine dernière je vous disais que Sugar Hill Stewart ne serait pas dans le coin de Tyson Fury pour son combat du 11 avril prochain contre Arslanbek Makhmudov mais volte-face en fin de semaine dernière. Le filleul d’Emanuel Stewart recevait un appel du « Gypsy King » l’invitant à le rejoindre à son camp en Thaïlande.
Leur association va donc se poursuivre pour un 11e combat consécutif alors qu’elle a débuté lors du Wilder/Fury II le 22 février 2020.
Spencer Brown et non Zuffa est le promoteur de Fury/Makhmudov
À la suite de la signature de l’Anglais Connor Benn pour un combat de 15 millions par Zuffa Boxing et l’annonce de sa participation au gala du retour de Fury au stade Tottenham Hotspur de Londres contre Regis Prograis, Mark Shapiro le grand patron de TKO Holding Group, qui possède UFC, WWE et Zuffa, annonçait que Zuffa Boxing était le promoteur principal de l’événement.
On sait que le promoteur de Tyson Fury, Frank Warren est actuellement « Persona Non Grata » auprès du financier de l’événement, Turki Alalshikh, qu’il menace de poursuivre pour 1 milliard.
Les choses semblent brasser dans les bureaux de son excellence en Arabie saoudite et je ne fais pas référence aux missiles iraniens. Alors, dans ce qui semble être du moins un soufflet à l’équipe de Dana White, c’est le gérant de Tyson Fury, via sa compagnie de promotion Gold Star, Spencer Brown, qui aurait officiellement été assigné pour tenir les rênes de cet événement.
Tout le monde sait que Spencer Brown a toujours été un allié et ami de Frank Warren alors est-ce que cette nomination serait une tentative pour se rapprocher du fondateur de Queensberry Promotions?
Brown est par ailleurs un partenaire important des galas « Riyadh Season », organisés dans la capitale saoudienne depuis les tout débuts.
Entre-temps Tyson Fury insiste auprès de Frank Warren, son promoteur depuis 2014, pour qu’il participe aux conférences de presse et assiste au combat. Ce dernier n’a pas encore donné sa réponse.
Un dossier intéressant à suivre!
Les répercussions de l’arrivée de Dana White et Zuffa Boxing sur la UFC
Il n’y a pas longtemps Dana White et son UFC ne dérangeaient personne tout en gardant le quasi-monopole des combats d’arts martiaux mixtes et sur ses participants. Je dirais même que tous les promoteurs de boxe enviaient cette compagnie.
Par son contrôle absolu sur les championnats, les champions, les aspirants et l’excellence de son marketing, de sa production, le contrôle de ses dépenses, UFC est devenu la compagnie de sports de combat la plus riche et la plus puissante au monde. Elle se compare favorablement aux plus florissantes organisations sportives mondiales comme les Cowboy de Dallas ou le Real Madrid.
La signature d’un pacte de 7,7 milliards pour 7 ans avec Paramount a confirmé l’importance de l’UFC et ses événements comme contenu majeur dans l’univers sportif international.
Je ne sais pas si Dana White s’ennuyait dans son royaume et si à 56 ans il avait besoin d’un nouveau défi, mais après avoir réuni des forces économiques majeures, par des alliances stratégiques avec Paramount, l’entreprise saoudienne Sela et Turki Alalshikh, il a fondé Zuffa Boxing en compagnie de ses partenaires de TKO.
White ne voulait pas devenir qu’un autre promoteur de boxe. Son narratif est que la boxe est menée par des incompétents sans vision que ce soient les promoteurs ou les organisations de sanction et que lui et son équipe avaient la solution.
Il a donc déclaré une guerre ouverte à la boxe traditionnelle, fait le lobbying requis pour inciter les instances de modifier le Muhammad Ali Act afin de lui donner le champ libre à faire de Zuffa un UFC pour la boxe.
Dès le départ, il a annoncé que Zuffa, comme l’UFC, serait auto suffisante avec ses classements indépendants, ses champions, sa ligue et que jamais il ne collaborerait avec l’establishment traditionnel de la boxe ni aucune des quatre organisations de sanction la WBC, WBA, IBF ou WBO.
Il s’en est pris publiquement et directement à Eddie Hearn de Matchroom, Mauricio Sulaiman, président de la WBC, Bob Arum de Top Rank, Oscar De La Hoya de Golden Boy et il a prédit qu’il était pour mettre sous contrat tous les meilleurs boxeurs de la planète.
Ce fut tout d’abord l’australien Jay Opetaia, le titulaire IBF des lourds légers puis, dans un coup plus éclatant que significatif, il a mis sous contrat un favori d’Eddie Hearn, Conor Benn, une entente de 15 millions pour un seul combat. On a des visées sur Oleksandr Usyk, Shakur Stevenson, Virgil Ortiz et bien d’autres.
White et son groupe lançaient des grenades partout dans le monde de la boxe et semblaient exulter comme les bovins de notre ferme qu’on relâchait au printemps dans le pré après avoir passé tout l’hiver enfermés dans l’étable!
Cependant ils n’ont pas vu venir la contre-attaque du milieu, qui ne s’est pas contenté de viser Zuffa, mais directement la mère-patrie UFC et ses relations difficiles avec ses vedettes.
Le président de Matchroom a mis en lumière le fait que Zuffa distribuait des dizaines de millions pour les boxeurs, mais que les combattants de l’UFC, pourtant extrêmement populaires, générant des revenus pharaoniques pour l’UFC, ne devaient se contenter que de miettes.
L’exemple cité; si Conor Benn valait 15 millions pour un combat facile, alors pourquoi la grande vedette des lourds en UFC Jon Jones avait reçu une offre du même montant pour une participation au prestigieux gala à la Maison Blanche l’été prochain.
Le plus grand coup d’éclat est survenu quand Hearn a annoncé la formation de Matchroom Talent Agency et la mise sous contrat de leur premier client, Tom Aspinall le champion des lourds UFC. White ne l’avait pas vu venir celle-là.
Ainsi Hearn va s’imposer comme un interlocuteur féroce à White, pas en boxe, mais en MMA pour les négociations de contrats futurs. Ce n’est pas tout, Hearn prétend qu’il a reçu un millier d’appels de combattant MMA, évidemment c’est exagéré, mais il entend encadrer de 30 à 40 combattants dans sa nouvelle compagnie et White devra composer avec cette nouvelle réalité.
Cette situation est le début d’un renversement drastique du pouvoir de négociations des combattants et de leur ponction plus sévère du partage des revenus correspondant une baisse dramatique des profits historiques de l’UFC. Non pas que l’UFC soit en danger de ne plus être rentable, mais les habitudes monopolistiques et dictatoriales risquent d’être bouleversées.
Ce n’est pas tout, MVP de Nakisa Bidarian et Jake Paul ont annoncé, le mois dernier, leur incursion en MMA avec l’aide de Netflix. Un premier événement le 16 mai prochain annonce les retours de deux légendes, Ronda Rousey contre Gina Carrero, un combat dont rêvent les plus grands fans depuis 10 ans, un combat que White aurait espéré présenter.
Un autre ancien champion de l’UFC est aussi de la partie alors que Francis Ngannou est opposé à Philippe Lins.
Rousey et Ngannou ont été particulièrement critiques envers les politiques salariales et opérationnelles de leur ancienne organisation qui trop axée sur les profits serait déconnectée de sa base de fans tout en abusant de ses combattants incluant ses vedettes.
Netflix pourrait devenir un dangereux compétiteur pour Paramount et l’UFC s’il décidait d’utiliser les 2,8 milliards, versés par Paramount Skydance, pour financer des événements d’arts martiaux mixtes. On sait que Paramount a dû verser cette somme à son compétiteur, comme compensation, pour permettre la rupture de l’accord d’achat initial avec Warner Bros.
Netflix, qui a plus de 325 millions d’abonnés, s’était entendu pour un montant d’acquisition à 83 milliards, Paramount, 79 millions d’abonnés, se l’est approprié pour 110 milliards.
Ainsi White, TKO et Zuffa sont arrivées en boxe en promettant de tout révolutionner et éventuellement faire mourir tous les promoteurs traditionnels. Ils n’avaient certainement pas prévu que la plus grande révolution, découlant de leur aventure en boxe, aurait lieu dans leur propre château fort : l’UFC.
« Whose house is of glass, must not throw stones at another » (Ceux dont la maison est en verre, ne doivent pas lancer de pierres aux autres)
Bonne Boxe!






