Il aura fallu à Kim Clavel d’entreprendre un long chemin de croix de deux ans, afin de remonter au sommet et d’exulter samedi soir au Théâtre Saint-Denis. En devenant championne du monde pour une deuxième fois, dans une deuxième catégorie de poids, elle est devenue la première québécoise à réaliser cet exploit.
Si les dernières années ont peut-être pu lui paraître longues, tout s’est déroulé très rapidement samedi. En entrevue à l’Antichambre, Clavel n’a pas eu le temps de réaliser tout ce qui était en train de lui arriver.
« Je ne peux pas croire que c’et déjà terminé. Mais c’était l’aboutissement. C’était deux années à me reconstruire, à revenir après une défaite. On m’a reconstruit de la bonne façon. J’étais prête samedi soir, » a mentionné Clavel.
La boxeuse a surtout mis l’emphase sur toute la préparation et l’expérience de son équipe, qui lui ont permis d’atteindre son objectif.
« Dans le combat, je n’ai senti aucune fatigue. La coupure ne m’a pas dérangé. J’étais tellement ‘focussé’ à redevenir championne du monde. C’était ma priorité. Même si mon adversaire était bonne et coriace, on avait toujours une petite avance sur elle, au niveau de la vitesse, au niveau du jeu de pied. Dans le coin, on me disait juste le bon commentaire au bon moment. J’ai une équipe qui a beaucoup d’expérience en championnat du monde, une équipe très compétente. Dans le coin, tu écoutes quand ils te parlent et tu ne fais qu’appliquer ce qu’ils te disent. »
Et malgré tout, Clavel a avoué que la journée n’avait pas été facile, elle qui a ressenti énormément de nervosité.
« J’étais très fébrile cette journée-là. Parfois, j’avais de petits tremblements. Il fallait que je contrôle ma respiration. J’ai fait des casse-têtes. Ça me calme. Ça m’aide à penser à autre chose. Mais je réalise que quand les plus grands boxeurs vivent des moments comme ça, ils sont nerveux aussi. Ça fait partie du sport. »
Son combat marquait aussi le début de sa nouvelle association avec le promoteur Most Valuable Promotions (MVP). Ce partenariat lui permet maintenant d’ouvrir ses horizons sur de nouveaux marchés.
« C’était une idée d’Yvon Michel, de m’apporter avec MVP. Ils m’ont apporté une grande plate-forme sur DAZN. Tu te fais voir au-delà du Québec et pour les commanditaires, de me faire voir au-delà du Canada. C’est une plate-forme que je regardais et je me disais que moi aussi j’aimerais boxer sur cette plate-forme. »
Même si les promoteurs ont été emballés et souhaitent peut-être même revenir à Montréal, l’objectif de Clavel est maintenant d’unifier les titres chez les poids paille avec la championne WBC, Yokasta Valle, quitte à aller se battre ailleurs comme défavorisée.
« Ce serait un combat de rêve. C’était une de mes idoles quand j’ai commencé à boxer comme professionnelle. Et aujourd’hui, il y a cette possibilité qu’elle soit une rivale. Je pense que je vais me reposer. Elle a un combat le 16 novembre. Donc, par la suite, on va s’asseoir et parler avec mon équipe pour décider de la suite de ma carrière. »
L’exploit de Kim Clavel marque certainement l’histoire de la boxe québécoise et elle a bien l’intention de continuer.
« Je réalise que l’histoire ne s’écrit pas seulement sur mon visage, mais s’écrit aussi au Québec. De suivre les traces d’Arturo Gatti, qui l’avait réalisé en 2004, Lou Brouillard en 1933, maintenant Kim Clavel, en 2025, la première boxeuse, c’est gros. Je suis contente ! »





