La conclusion du plus long règne de l’histoire de la boxe québécoise, le retour au sommet d’une ancienne championne ainsi que d’amères déceptions : 2025 a été ponctuée par de nombreux rebondissements sur la scène locale. Revue de l’année en cinq moments forts.
Fin de règne pour Beterbiev

Le roi est mort, vive le Roi! Le Montréalais d’origine russe Artur Beterbiev a été détrôné le 22 février à Riyad, en Arabie saoudite, par Dmitrii Bivol – celui-là même qu’il avait battu quatre mois plus tôt pour devenir champion incontesté des poids mi-lourds. Dans une revanche aussi enlevante et excitante que le premier combat, le nouveau monarque s’est imposé par décision majoritaire des juges et par le même pointage (116-112, 115-113 et 114-114) que dans le premier duel. La défaite du protégé de Marc Ramsay a par ailleurs marqué la fin du plus long règne de champion de l’histoire de la boxe québécoise. Après s’être emparé de la ceinture de l’IBF en novembre 2017, Beterbiev l’a ensuite défendu 9 fois, ajoutant celles du WBC (décembre 2021), de la WBO (juin 2022) et de la WBA (octobre 2024) au passage. Des rumeurs d’un troisième affrontement entre les deux boxeurs – inactifs depuis leur dernier choc – ont abondamment circulé toute l’année, mais rien d’officiel n’a encore été annoncé.
Mbilli et Ramirez champions

Cela a pris près de dix ans, mais Eye of the Tiger peut de nouveau se targuer de compter en ses rangs non pas un, mais deux champions du monde en boxe masculine. Christian Mbilli et Albert Ramírez en effet ont succédé à Bermane Stiverne et David Lemieux pendant l’été. Le premier est devenu champion intérimaire des super-moyens du WBC le 27 juin à Québec en arrêtant Maciej Sulęcki dès le premier round, tandis que le second est devenu champion intérimaire des mi-lourds de la WBA le 8 août en Libye en stoppant Jerome Pampellone à la septième reprise. Mbilli a par la suite eu l’occasion de combattre en sous-carte du plus gros gala de l’année qui mettait en vedette Saúl « Canelo » Álvarez et Terence Crawford, mais il a toutefois dû se contenter d’un verdict nul majoritaire contre Léster Martínez, au terme d’un furieux combat qui a été l’un des plus spectaculaires sur la scène internationale de cette année. Le titre « régulier » du WBC étant devenu vacant, l’organisme de sanction a ordonné début décembre un duel entre Mbilli et Hamzah Sheeraz, mais la jeune sensation britannique pourrait plutôt préférer se mesurer à Diego Pacheco pour la ceinture de la WBO.
Le rêve tourne au cauchemar pour Pascal

Le rêve de Jean Pascal de devenir champion dans une deuxième catégorie de poids a pris abruptement fin le 28 juin à la Place Bell, alors qu’il s’est fait complètement dominer par Michal Cieslak avant de s’incliner par arrêt de l’arbitre au quatrième round. Passé chez les lourds-légers après quinze ans chez les mi-lourds, les coups de l’ancien champion du WBC et de la WBA ne sont d’ailleurs jamais passés près d’inquiéter son adversaire polonais. Après avoir suggéré que « toute bonne chose a une fin » dans les moments qui ont suivi sa défaite, le Lavallois maintenant âgé de 43 ans a annoncé en grande pompe avant le début de l’hiver qu’il sera vraisemblablement de retour dans le ring pour une dernière fois le printemps prochain dans un combat à saveur résolument locale pour y affronter un autre « revenant », Francis Lafrenière. Ce dernier est sorti de sa retraite après six années d’absence en novembre et a disposé de Francy Ntetu pour gagner le droit de croiser le fer avec Pascal.
Clavel de retour au sommet
Après avoir passé 2024 à se reconstruire dans la foulée de son revers contre la championne unifiée des mi-mouches Evelin Nazarena Bermúdez à l’automne 2023, Kim Clavel est revenue au sommet cette année en devenant la première femme de l’histoire de la boxe québécoise à être sacrée championne dans une deuxième catégorie différente. Dans une de ses grandes performances de sa carrière, Clavel s’est emparée de la ceinture des pailles de l’IBF à la suite de sa victoire face à Sol Cudos par décision unanime le 27 septembre à Montréal. Ce combat a aussi marqué ses débuts avec Most Valuable Promotions (MVP) de l’influenceur-promoteur Jake Paul après la fin de son association avec Groupe Yvon Michel. Tout indique que la Québécoise effectuera la première défense de son titre aux États-Unis en 2026, mais aucun détail n’a encore filtré. Une autre protégée de MPV, Tammara Thibeault a aussi fait écarquiller bien des yeux en devenant première aspirante chez les poids moyens de la WBA à son troisième duel professionnel seulement en juillet à New York. Thibeault, qui était également du gala du 27 septembre, sera à surveiller au cours des prochains mois.
De cruelles défaites

Si certains comme Mbilli, Clavel et Thibeault ont vécu de grands moments, d’autres comme Marie-Pier Houle, Alexis Barrière, Mary Spencer et Leïla Beaudoin et Derek Pomerleau ont éprouvé d’amères déceptions en s’inclinant dans des combats de championnat du monde ou dans des combats extrêmement significatifs. Houle s’est inclinée en moins de deux rounds à sa deuxième expérience en championnat du monde contre Stephanie Piñeiro Aquino le 12 septembre, Barrière s’est fait passer le knock-out au cinquième assaut par Guido Vianello le 11 octobre, alors que Spencer a été dominée par Mikaela Mayer dans un mégacombat d’unification des mi-moyennes le 30 octobre. Finalement, Leïla Beaudoin a dû s’avouer vaincue après une dure bataille contre la championne unifiée des super-plumes Alycia Baumgardner le 19 décembre, puis Pomerleau n’a pas été l’ombre de lui-même en finale du tournoi des moyens du Grand Prix du WBC le 20 décembre. Malade, Pomerleau n’a pas été en mesure d’offrir une prestation à la hauteur de celles qu’il avait effectuées au cours des quatre combats en route vers la finale. À l’exception de Spencer, qui n’a toujours pas réagi depuis sa cuisante défaite, tous ont juré qu’ils n’avaient pas dit leur dernier mot.






