Nouveau promoteur, nouveau départ en quelque sorte. Forte de son association avec Most Valuable Promotions (MVP), Kim Clavel est prête à entreprendre un nouveau chapitre de sa carrière, mais certainement pas le dernier, car le sport qu’elle aime tant la fait encore rêver.
Ce nouveau chapitre commencera à s’écrire samedi soir au Théâtre St-Denis, alors que la Québécoise âgée de 35 ans affrontera la championne des poids pailles de l’IBF Sol Cudos, près de 2 ans après avoir livré son dernier combat de championnat contre Èvelin Nazarena Bermúdez. Une défaite crève-cœur – étant donné qu’elle a été subie par décision partagée des juges – qui a ensuite mené à une « reconstruction » qui s’est échelonnée sur 4 combats.
« Je ne regrette en rien mon combat contre Bermúdez, a affirmé Clavel (21-2, 3 K.-O.), mercredi après-midi, à la suite d’un bref entraînement particulièrement couru par la presse spécialisée montréalaise. Se relever, tout recommencer... ça prend beaucoup de résilience.
« Depuis, j’ai trouvé un bel équilibre dans ma vie. J’ai rencontré quelqu’un. Avant, je mettais un petit peu tous mes œufs dans le même panier et quand tu échappes ton panier, tous tes œufs sont pétés. Il ne reste plus rien. Maintenant, j’apporte une belle énergie dans le gym. »
Et c’est probablement parce qu’il sentait qu’il ne resterait bientôt plus rien que son ancien promoteur Yvon Michel s’est tourné vers MVP pour organiser les dernières années de la carrière de Clavel. Déjà, elle aspire à un duel d’unification contre la championne des pailles du WBC Yokasta Valle. La Costaricaine est considérée comme la meilleure de la catégorie.
« J’ai toujours eu de gros combats, mais c’est maintenant devenu une certitude d’avoir ces gros combats rapidement, a expliqué l’athlète originaire de Lanaudière. Ça n’a pas été long avec MVP, j’ai eu mon combat de championnat du monde tout de suite après la signature.
« J’étais rendue là, j’en parlais [avec mon équipe]. J’ai refait mes classes d’une certaine manière. Je suis regrimpée dans les classements. À 105 et 108 livres, ce sont des catégories avec beaucoup de profondeur, avec énormément de boxeuses, avec beaucoup de talent, c’est donc normal que ça prenne un peu de temps avant de devenir aspirante obligatoire. »
Si certaines choses ont changé autour de Clavel – l’équipe américaine qui s’occupe de la promotion cette semaine, notamment –, l’essentiel est demeuré le même. Son entraîneuse Danielle Bouchard, Stéphan Larouche ainsi que Pierre Bouchard sont toujours à ses côtés.
Même l’ancien champion des super-moyens de l’IBF Lucian Bute, qui s’est entraîné sous la supervision de Larouche pendant l’essentiel de sa carrière est venu faire son tour mercredi, coupant les bandages des mains de Clavel alors qu’elle répondait à une dernière question.
Cet environnement la convainc de se lever chaque jour pour effectuer les sacrifices requis.
« Je suis encore passionnée, j’ai encore la flamme, a avoué Clavel. Quand je suis en camp d’entraînement, je suis bien. Je me sens chanceuse d’être assez bonne pour pouvoir vivre de mon sport. Ce n’est malheureusement pas tout le monde qui a cette chance de vivre ça.
« Je sais que la fenêtre d’un athlète est quand même courte. Je veux essayer d’en profiter. J’y vais un combat à la fois. Je ne mettrai jamais un boulet à la cheville en me projetant trop vers l’avenir. Tant que le plaisir y est et que je veux accomplir mes objectifs, je vais être là. »
Parlant d’objectifs, Clavel s’estime aujourd’hui nettement mieux outillée pour les réaliser.
« Avant de te battre en championnat du monde, c’est de l’inconnu, beaucoup. Tu ne sais pas ce que c’est. Maintenant, je sais que pour combattre dans un combat de championnat du monde, tu dois être prête à souffrir, tu dois être prête à avoir mal, tu dois être prête à vivre ça. Puis moi, je suis prête à ça, a-t-elle mentionné. Je suis prête, je vais y aller, je vais tout donner, puis j’espère que ça va être suffisant pour ramener la ceinture ici au Québec. »
Une autre chose que Clavel a apprise et qu’elle n’a évidemment pas dite, c’est que la vie est toujours plus facile pour les boxeurs et les boxeuses qui sortent gagnants de leurs combats. L’histoire a souvent démontré que la victoire est le meilleur moyen d’atteindre ses objectifs.





