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L’été inoubliable d’Eye of the Tiger

Publié le 

Camile Estephan

Après près d’une décennie sans champion du monde, Eye of the Tiger peut maintenant se targuer d’en compter quatre depuis que Christian Mbilli et Albert Ramírez ont mis la main sur des ceintures intérimaires chez les poids super-moyens et mi-lourds au cours de l’été.

Le Français d’origine camerounaise s’est emparé du titre du WBC à 168 livres après avoir battu Maciej Sulęcki le 27 juin à Québec et le Vénézuélien celle de la WBA à 175 livres à la suite de sa victoire contre Jerome Pampellone le 8 août dans un gala qui a été tenu en Libye.

Ils ont ainsi imité Mary Spencer, championne des super-mi-moyennes de la WBA, et Osleys Iglesias, champion des super-moyens de l’IBO. L’Allemand d’origine cubaine deviendra d’ailleurs aspirant obligatoire à la ceinture des super-moyens de l’IBF s’il prend la mesure de Vladimir Shishkin en finale du gala organisé jeudi soir au Cabaret du Casino de Montréal.

Le promoteur Camille Estephan a reconnu que ces athlètes parmi les plus en vue de son organisation sont plus que jamais condamnés à la victoire, alors que les titres « réguliers » sont monopolisés par Saúl « Canelo » Álvarez à 168 livres ainsi que Dmitrii Bivol à 175 livres.

« Il faut trouver de nouvelles vedettes pour assurer une continuité dans ces deux divisions », a expliqué Estephan en marge de la pesée officielle de l’événement qu’il présente jeudi. Et les dividendes peuvent être immédiats comme nous l’avons vu avec Christian, qui aura la chance d’être de la sous-carte du gala de la plus grande vedette de la dernière décennie. »

Mbilli croisera en effet le fer avec Léster Martínez le 13 septembre à l’Allegiant Stadium de Las Vegas avant qu’Álvarez – champion unifié WBA, WBC, IBF et WBO chez les super-moyens – n’affronte Terence Crawford en finale d’un gala diffusé sur Netflix. Plusieurs s’attendent à ce que certains des titres deviennent ensuite vacants, peu importe l’issue.

« Si Osleys gagne [jeudi] soir et Christian le 13 septembre, c’est certain que 2026 va s’annoncer comme une très, très grosse année, a prédit Estephan. Les recettes financières et la visibilité seraient énormes. Nous en serions alors exactement là où nous voulons être.

« Mais s’ils ne gagnent pas, il ne restera peut-être plus grand-chose... ça peut rapidement s’écrouler comme un château de cartes. C’est certain que nous n’allons pas remporter tous les duels, mais d’un autre côté, nous pensons en gagner plus que nous allons en perdre. »

Chose certaine, Estephan fonde énormément d’espoir en Iglesias, qui disputera jeudi son cinquième combat sous les couleurs d’Eye of the Tiger. Le gaucher a été impressionnant jusqu’à maintenant en stoppant plutôt rapidement tous ceux qui ont daigné le confronter.

« C’est le boxeur que nous avons amené [de l’extérieur] qui possède le plus de potentiel, a analysé le promoteur. C’est un boxeur qui est très affamé et très sérieux. Osleys a vraiment tout ce qu’il faut pour devenir l’une des prochaines très grandes super-vedettes de la boxe.

« Et il ne faut pas oublier qu’il peut également se battre à 175 livres. Il n’a pas peur de gars comme Bivol et [Artur] Beterbiev. Je pense qu’il est capable de jouer dans ces zones-là. »

Un optimisme nécessaire, alors que l’entente liant Top Rank à ESPN a pris fin, ce qui fait en sorte qu’Eye of the Tiger a perdu son partenaire de diffusion pour ses galas aux États-Unis. C’est pourquoi celui de jeudi soir sera uniquement offert sur sa plateforme Punching Grace.

« C’est vraiment un test pour voir ce que cela va donner comme résultat, a précisé Estephan. Nous avons maintenant un plan de marketing aux États-Unis. Nous ciblons un marché : celui des mordus de boxe qui veulent voir tout ce qui se passe dans ce sport. »

Cela ne l’empêchera pas de nouer des partenariats avec d’autres diffuseurs, comme cela sera le cas pour l’événement du 30 septembre où Spencer se mesurera à Mikaela Mayer.

« Nous faisons des essais avant d’embarquer dans une entente à long terme, a continué le promoteur. Je reste positif avec l’arrivée d’un nouveau joueur comme Netflix. Ils ont réalisé qu’il y avait un plafond avec leur stratégie de présenter uniquement des films et des séries. C’est pourquoi ils se sont tournés vers la diffusion de sport en direct. Il y a également des rumeurs que HBO revienne avec sa plateforme numérique, sans oublier Apple, Fubo, etc.

« Il y a tellement de plateformes qui cherchent du contenu, alors si tu en as du bon et que tu es crédible, les recettes vont suivre. Nous devons être malléables... les temps changent... »

Mais il y a une chose que ne changera jamais : les organisations qui ne misent pas sur des champions ou encore de grandes vedettes vivoteront toujours et finiront par disparaître.