QUÉBEC - Cela a loin d’avoir été toujours le cas, mais pour la première fois depuis le début de leur carrière respective, Éric Martel-Bahoeli et Francis Lafrenière sont maîtres de leur destin.

Martel-Bahoeli (11-6-1, 7 K.-O.) aura la chance de mettre la main sur le titre vacant des poids lourds de la WBU, alors que Lafrenière (14-5-2, 8 K.-O.) pourra enfin faire son entrée dans les classements mondiaux s’il parvient à s’emparer de la ceinture vacante des moyens de la NABO.

Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est que très récemment que les objectifs dans le monde impitoyable de la boxe professionnelle ont été revus à la hausse. Il faut dire que les ambitions ont toujours été plutôt modestes depuis leurs débuts il y a près d’une décennie maintenant.

« Je suis content parce qu’après mon avant-dernier combat [contre Faisal Ibnel Arrami], je me demandais vraiment ce qui allait arriver, a expliqué Martel-Bahoeli à RDS.ca, mercredi avant-midi, en marge de la conférence de presse faisant la promotion de la sous-carte du gala de boxe qui mettra en vedette Lucian Bute et Eleider Alvarez vendredi soir au Centre Vidéotron.

« Je n’étais pas capable d’obtenir un combat revanche contre [Dillon] Carman pour le titre canadien, il n’y avait comme plus rien qui se présentait. J’ai eu une place sur le dernier gala à Québec en raison de ma publication sur Facebook qui avait été partagée près de 1000 fois. Je suis encore ici cette fois et j’entends tout donner. J’ai travaillé fort et j’ai fait tous mes devoirs. »

« Ç’a pris un an avant de retomber sur une grosse carte, malgré le spectacle que j’avais donné [pendant mon combat contre Renan St-Juste], a quant à lui fait remarquer Lafrenière au cours d’un entretien avec RDS.ca. Je suis affilié à Rixa Promotions, mais je ne me bats pas dans des cartes d’envergure comme celle de vendredi soir. J’espère que ça va déboucher encore plus. »

Car Lafrenière s’attendait à plus dans la foulée de sa victoire sur St-Juste en sous-carte du duel entre Jean Pascal et Sergey Kovalev en janvier 2016 au Centre Bell. Même s’il a mis la main sur un titre mineur de l’IBF à ce moment-là, il n’a jamais intégré le classement de l’organisation. Mais avec la ceinture de la NABO autour de sa taille, il serait automatiquement classé à la WBO.

« Le plan pour cette année, c’est d’être dans le top-15 de deux organisations, a continué le sympathique athlète de Coteau-du-Lac. Il y aurait ensuite une possibilité d’aller chercher le titre intercontinental de l’IBF à mon prochain combat en juin. Et en étant classé dans deux organisations, le téléphone se mettra sûrement à sonner. Il y aura des opportunités. »

Mesurer la progression

Pour la première fois depuis qu’il se bat sur les cartes de Groupe Yvon Michel ou d’InterBox à l’époque, Martel-Bahoeli connaîtra l’heure exacte à laquelle il foulera le ring du Centre Vidéotron étant donné qu’il fera les frais de la demi-finale. Un avantage qualifié d’inestimable.

« [En juillet dernier contre Avery Gibson], les gens ne le savent peut-être pas, mais j’ai dû laisser la moitié de mon énergie dans le vestiaire, a raconté le pugiliste de Québec. J’étais censé être du deuxième combat de la soirée, mais je me suis finalement battu qu’aux alentours de minuit.

« Je suis resté cinq heures dans le vestiaire à ronger mon frein. Tout ce que j’ai mangé, c’est une salade de fruits qui est passée comme du vent. Cette fois, je vais pouvoir tout planifier avec mon nutritionniste. C’est vraiment la première fois de ma carrière que ça va se passer comme ça.

« Je me souviens de mon premier combat professionnel en sous-carte de Bute-Librado Andrade au Centre Bell. J’avais tourné en rond pendant une heure dans le vestiaire avant d’apprendre que je montais dans le ring immédiatement la défaite par K.-O. de Jean-François Bergeron. »

Martel-Bahoeli sait pertinemment qu’il n’aura pas un client facile devant lui, même s’il est nettement plus expérimenté qu’Adam Braidwood (6-1, 5 K.-O.). Il espère que ce duel lui permettra de savoir où il est rendu après toute ses années passées dans le gymnase.

« Ça va être un bon test. Ça va me donner une idée de ma progression, a ajouté celui qui est également intervenant au Centre jeunesse de Québec. Ce sera à moi d’être intelligent, de ne pas embarquer dans son jeu et de ne pas me rabaisser à son niveau. De ce que j’ai vu, c’est un gars qui aime beaucoup échanger, mais ce n’est pas un boxeur à la base, c’est un gars de football. »