Parfois, dans cette folle aventure qu'est la vie, il y a des occasions qu'il est juste impossible de laisser passer. Des occasions qui comportent évidemment leur part de risques – sinon cela serait trop facile –, mais qui pourraient rapporter gros si tout finit par tomber en place.
Non, il ne s'agit pas du synopsis de la prochaine quotidienne de votre réseau généraliste préféré, mais du dilemme auquel Christian Mbilli a été confronté lorsqu'il lui a été proposé de se mesurer à Lester Martínez en demi-finale du gala qui mettra en vedette Saúl « Canelo » Álvarez et Terence Crawford le 13 septembre prochain à l'Allegiant Stadium de Las Vegas.
Devenu champion intérimaire des poids super-moyens du WBC à la suite de sa victoire sur Maciej Sulęcki le 27 juin dernier à Québec, Mbilli aurait pu prétexter qu'il avait besoin de repos après un camp d'entraînement qui s'est échelonné sur six mois en raison de divers reports et autres aléas. Sauf que le Français d'origine camerounaise ambitionne d'affronter Álvarez depuis des lunes et le combat contre Martínez semble être le dernier vrai obstacle.

« Au départ, nous avions dit non, mais Turki (Al-Sheikh, NDLR), le gars d'Arabie saoudite, est revenu à la charge et il nous a convaincus », a mentionné Mbilli en visioconférence avec RDS.ca, lundi après-midi, en marge de son camp d'entraînement à Big Bear, en Californie.
« C'est quand même une grosse opportunité de combattre dans un amphithéâtre de plus de 65 000 personnes et devant des millions de personnes sur Netflix, a continué celui qui est invaincu en 29 sorties. Nous nous sommes dit que c'était la meilleure décision d'accepter. »
Cela dit, cette confrontation ne s'annonce pas de tout repos pour Mbilli, même si Martínez n'est pas nécessairement le plus connu des boxeurs. Fort d'une impressionnante carrière amateur au cours de laquelle il a notamment vaincu le double médaillé d'or olympique Arlen López, il est passé chez les professionnels en 2019 en disputant son premier combat dans les rangs payants contre l'ancien champion unifié des mi-moyens Ricardo Mayorga.
La victoire la plus significative de Martínez a été enregistrée face à Carlos Góngora en juin 2024. Tout comme le Guatémaltèque, Mbilli avait vaincu Cóngora par décision unanime des juges en mars 2023, au terme d'un furieux et excitant duel de 10 rounds disputé à Montréal. Martínez est classé 3e à la WBA, 7e au WBC ainsi que 15e à la WBO chez les super-moyens.
« C'est un boxeur qui est là pour se bagarrer. Il n'est pas là pour fuir et danser, a analysé Mbilli. Il est quand même très dangereux, étant donné qu'il possède une belle droite et qu'il est très explosif. C'est vraiment l'adversaire le plus dur que j'aurai affronté en carrière.
« Il va falloir rester concentré et suivre la stratégie de A à Z pour le battre de manière convaincante. »
Parce qu'en plus de la victoire, Mbilli devra gagner le cœur de millions de partisans qui le verront vraisemblablement à l'œuvre pour la première fois et ainsi prouver qu'il est le choix qui s'impose pour le prochain affrontement d'Álvarez. Bref, il n'aura pas le droit d'être plate.
« Ça ne représente pas un grand stress pour moi, mais je ressens néanmoins un tout petit peu de pression, a-t-il reconnu. Mais cette pression va me permettre d'avoir un peu plus d'intensité à l'entraînement et d'aller chercher la meilleure performance possible ce soir-là.
« Mais une fois dans le ring, que ce soit devant une, deux ou un million de personnes, ça ne change pas grand-chose à mon objectif. »
Et question de ne négliger aucun détail à l'approche de son premier combat à Las Vegas, Mbilli et son équipe ont décidé de tenir leur camp d'entraînement en altitude à Big Bear, en Californie, plutôt que dans le gymnase montréalais de son coach Marc Ramsay. L'endroit n'est pas étranger à Ramsay, puisque son ex-protégé Jean Pascal s'y est entraîné souvent.
À noter que Las Vegas est situé à 756 mètres au-dessus du niveau de la mer, une différence marquée avec tous les endroits où le Français a combattu ces dernières années : Québec (117 m), Shawinigan (213 m), Gatineau (127 m), Montréal (29 m) ou encore Nantes (26 m). Big Bear s'élève de son côté à un tout peu plus de 2000 m au-dessus du niveau de la mer.
« Tout le monde connaît les effets de l'altitude sur les sportifs, a conclu Mbilli. Big Bear permet d'aller rapidement à Las Vegas, sans décalage horaire. C'était le meilleur choix. »
Comme c'était le meilleur choix de croiser le fer avec Martínez à ce stade-ci de sa carrière.





