Boxe
BoxeOpens in new window
CombatOpens in new window

Une autre prestation magistrale pour Iglesias

Publié le 

Osleys Iglesias

Une fois de plus, Osleys Iglesias a démontré qu’il est l’un des meilleurs super-moyens de la planète et que bien peu de boxeurs évoluant présentement dans sa catégorie de poids peuvent prétendre pouvoir le battre. Même Saúl « Canelo » Álvarez. Même Christian Mbilli.

L’Allemand d’origine cubaine a en effet offert une prestation magistrale – certainement l’une des plus grandes de la riche histoire des super-moyens liés à des promoteurs québécois – en dominant complètement Vladimir Shishkin avant de l’arrêter à 1:28 du 8e round, en finale d’un événement d’Eye of the Tiger tenu jeudi soir au Cabaret du Casino de Montréal.

Iglesias (14-0, 13 K.-O.) s’est imposé lors de tous les rounds de l’affrontement en exerçant une pression subtile sur Shishkin (16-2), qui n’a jamais été véritablement de toucher son adversaire. Le Russe a néanmoins fait preuve d’acharnement en tentant continuellement de trouver des solutions, mais le favori local était tout simplement trop rapide et trop fort.

Iglesias a commencé à réellement flairer l’odeur de la victoire au septième round, lorsque Shishkin a commencé à montrer des signes de faiblesses sous l’œil droit. « El Tornado » a ensuite terminé le travail au milieu de huitième assaut, après que l’expérimenté arbitre Michael Griffin eut déterminé que le Russe commençant à se faire beaucoup trop brasser.

« Dès que j’ai lancé mon premier crochet [au huitième round] j’ai vu qu’il était sonné un peu, a déclaré Iglesias à sa sortie du ring par le truchement d’une interprète. Et après avoir lancé quelques jabs, j’ai entendu mon entraîneur dire “vas-y” et c’est exactement ce que j’ai fait! »

Après un premier round pendant lequel les deux boxeurs ont maintenu un rythme étonnant pour des super-moyens, le tempo a considérablement ralenti, mais cela n’a pas empêché Iglesias d’atteindre Shishkin grâce à plusieurs combinaisons qui semblaient très lourdes.

Le vainqueur a même avoué qu’il s’est demandé si son adversaire, qui n’avait jamais été stoppé avant la limite et dont la seule défaite était controversée, finirait par plier l’échine.

« À un certain moment au cinquième round, j’ai décidé de prendre un temps d’arrêt pour commencer à sérieusement l’étudier afin de voir ce qui se passait, a expliqué Iglesias. J’ai remarqué qu’il lançait beaucoup sa main droite et j’ai vu qu’il y avait une petite ouverture. »

Grâce à cette victoire, Iglesias a défendu pour la 4e fois sa ceinture des super-moyens de l’IBO, mais est surtout devenu premier aspirant au titre de l’IBF présentement détenu par Álvarez. Ce dernier se mesurera à Terence Crawford le 13 septembre prochain à Las Vegas.

Plusieurs s’attendent à ce qu’Álvarez abandonne la ceinture s’il l’emporte et que Crawford retourne à une catégorie qui lui est plus naturelle si c’est lui qui sort vainqueur du combat.

« Je pense que je suis dangereux pour “Canelo“ et tous les autres boxeurs de la division, a dit Iglesias. Mais c’est à moi de me tenir prêt. Je suis prêt à relever n’importe quel défi. »

« Osleys est prêt à se battre contre tout le monde. Vous pouvez tous les nommer, a lancé le promoteur Camille Estephan. Les gens ont réalisé qu’Osleys est un talent générationnel. »

Shishkin n’a évidemment pas rencontré les membres de la presse après sa défaite, mais il avait l’air dépité pendant que le médecin de la Régie des alcools, des courses et des jeux l’examinait. Car après avoir été volé en Allemagne contre William Scull à sa dernière sortie aux yeux de nombreux observateurs, il a cette fois été humilié en bonne et due forme. Une énième preuve que la boxe peut être un sport extrêmement affligeant à plusieurs chapitres.

Asanau et Orobio expéditifs

En demi-finale, Dzmitry Asanau (11-0) a ajouté le titre intercontinental des légers de l’IBF à celui continental des Amériques qu’il possédait déjà en prenant la mesure de Laid Douadi (27-1-1) après lui avoir passé le knock-out à 3:00 du 3e round. Résolument plus rapide et habile, Asanau n’a eu aucune difficulté à imposer son plan de match et a lentement tissé sa toile avant d’envoyer Daoudi une 1re fois au tapis au 2e assaut avant de l’achever avec une puissante gauche au foie que le Français n’attendait absolument pas à la conclusion du 3e.

Retenu en Californie pour le camp d’entraînement de Christian Mbilli, Marc Ramsay esquissera sûrement un sourire en regardant les faits saillants du combat de son jeune prodige Jhon Orobio (15-0, 13 K.-O.) Le super-léger d’origine colombienne a facilement défendu sa ceinture continentale des Amériques du WBC en battant Ivan Basurto Monroy (10-9) par arrêt de l’arbitre à 1:38 du 3e round. Après avoir compris qu’il pouvait composer avec la force de frappe du Mexicain, qui avait signé ses 10 victoires avant la limite, Orobio s’en est donné à cœur joie en martelant continuellement le visage et le corps de son rival.

Avery Martin Duval (14-0-1) avait des choses à prouver après avoir visité le plancher dès le 1er round à sa dernière sortie en février. Le poids léger montréalais a été étincelant cette fois en servant une correction à Luis Campos Cortez avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 2:12 du 5e round. Le Mexicain s’est retrouvé à 3 reprises au plancher pendant ce round, ce qui a incité l’arbitre Steve St-Germain à mettre fin aux hostilités après la 3e chute.

Jamais un boxeur n’était parvenu à se débarrasser aussi rapidement de Boris Crighton (13-6) comme Moreno Fondero (12-0, 10 K.-O.) l’a fait en arrêtant l’Écossais à 2:49 du 3e round. Le Montréalais d’origine française a réussi l’exploit en envoyant d’abord Crighton au tapis à l’aide d’un uppercut de la gauche au menton avant de le renvoyer d’où il venait quelques instants plus tard avec une série de coups. Avant ce soir, Crighton avait fait la limite contre Callum Simspon et Lyndon Arthur. Fondero a été surpris par un solide uppercut de la gauche au menton au 1er round, mais a avoué après le duel que cela ne l’avait pas dérangé.

En ouverture, le médaillé de bronze des Jeux olympiques de Paris Wyatt Sanford (4-0) est demeuré invaincu en quatre combats depuis son passage dans les rangs professionnels en battant Semjon Kamanin (5-4) par décision unanime (60-54, 60-54 et 60-54). Sans surprise, Sanford a dominé les échanges grâce à la vitesse de ses mains et une technique supérieure qui lui permettait d’esquiver sans grand effort les rares attaques de son adversaire estonien.