Formule 1
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Des retards, mais de l’espoir pour Lance Stroll et Aston Martin

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MONTRÉAL — Malgré des retards dans le développement de la nouvelle voiture qui ont forcé Aston Martin à modérer les attentes pour la saison 2026, le pilote québécois Lance Stroll s’est dit très excité et optimiste pour la suite des choses, notamment en raison de l’arrivée d’Adrian Newey.

Depuis le rachat de l’écurie Force India, en 2018, le milliardaire Lawrence Stroll n’a pas lésiné sur les moyens pour mettre une monoplace gagnante en piste.

L’écurie a construit une nouvelle usine et une nouvelle soufflerie, puis a embauché Newey, ingénieur de renom, pour chapeauter le virage imposé par la nouvelle réglementation technique qui entre en vigueur cette année.

Quatorze des 34 derniers championnats de Formule 1 ont été remportés par des pilotes au volant d’une voiture conçue par Newey. Le Britannique a par ailleurs permis à Williams, McLaren et Red Bull de mettre la main sur 12 titres combinés chez les constructeurs.

Des résultats qui font saliver Stroll, qui estime que l’équipe « a vraiment le potentiel de se battre pour des victoires et des championnats » au cours de prochaines saisons.

« C’est très spécial d’avoir une opportunité de conduire une voiture d’Adrian, a lancé Stroll, lundi, lors d’une visioconférence. C’est vraiment le rêve de tous les pilotes, alors je suis vraiment excité de monter dans la voiture, mais aussi de continuer le développement avec lui durant l’année. »

Déjà responsable du développement de la monoplace, Newey, âgé de 67 ans, a également été nommé directeur de l’équipe. Si certaines personnes, telles que l’ancien pilote Johnny Herbert, se demandent comment il pourra jongler avec toutes ces responsabilités, Stroll s’est fait rassurant.

« Adrian, c’est beaucoup plus qu’un ingénieur, a-t-il affirmé. C’est le leader de tout le projet. Il regarde la voiture dans toutes ses facettes. Il a une très bonne idée de ce que ça prend pour être une équipe très compétitive. C’est ce que je commence à comprendre quand je vois le projet dans son ensemble. »

Mais si l’effet Newey devait se produire, ce ne sera pas dans l’immédiat.

Newey a dû attendre la fin de sa période de non-concurrence après son départ de Red Bull pour s’atteler à la tâche, et la nouvelle soufflerie n’est entrée en fonction qu’en mars dernier. Résultat: Aston Martin avait déjà quelques mois de retard sur la compétition quand elle s’est lancée dans la conception de l’AMR26, dévoilée officiellement lundi.

À tout cela s’ajoute un changement de motoriste, avec un autre retour de Honda dans la catégorie reine de sport automobile. L’écurie a également développé sa propre transmission pour la toute première fois après avoir utilisé celle de Mercedes au cours des dernières saisons.

Il s’agit ainsi de la première voiture conçue à 100 % par Aston Martin depuis le retour de la marque anglaise en F1.

Malgré cette prudence affichée, l’AMR26 a fait tourner les têtes lors de son premier tour de piste à Barcelone, il y a deux semaines. Des concepts uniques au niveau du museau, des pontons et des suspensions ont notamment retenu l’attention.

Stroll a néanmoins dû attendre la quatrième de cinq journées de rodage prévues en Espagne pour prendre place derrière le volant, et il a été limité à quatre tours en raison de pépins techniques. Le lendemain, Fernando Alonso a bouclé 61 tours.

Pendant ce temps, Mercedes et Ferrari ont complété plus de 400 tours.

« On va voir comment elle va être, a dit Stroll à propos de la monoplace, à bord de laquelle il n’a pas encore eu l’occasion de tenter un tour lancé. C’est sûr qu’il y a encore beaucoup de travail à faire avec Honda et avec la voiture. C’est la première fois qu’on développe la transmission dans notre usine, donc il y a beaucoup de choses à comprendre.

« Mais l’avenir est très excitant », a-t-il ajouté avec un sourire.

Course au développement

Les équipes se dirigeront vers Bahreïn mercredi pour six journées d’essais hivernaux répartis sur deux semaines. Ces tests seront cruciaux en vue du Grand Prix d’Australie, première manche de la nouvelle saison, alors qu’une course effrénée dans l’analyse des données et le développement est déjà lancée.

« Ce ne sera plus la même voiture (en Australie), a déclaré Stroll. On va amener le plus d’évolutions possible tout au long de la saison. Avec une nouvelle réglementation, on veut ajouter de la performance chaque semaine.

« Le plus important, c’est qu’on a une fondation sur laquelle travailler, a-t-il fait valoir. C’est une longue saison avec 24 courses. Est-ce qu’on sera où on le souhaite à Melbourne? Non. Il y a encore plusieurs aspects de ce projet qu’on doit polir et ça va prendre un peu de temps. »

Sur une note personnelle, Stroll amorcera une 10e saison en F1. Il est toujours en quête d’une première victoire, alors qu’il compte une position de tête et trois podiums en 193 courses avec Aston Martin, Racing Point et Williams.

« Il y a des années où ma voiture était compétitive et qu’il y avait des opportunités de se battre dans le top-5 ou le podium, mais il y a plusieurs saisons où on n’était pas compétitifs. Ce sont de longues fins de semaine et de longues saisons. Mais c’est le sport. Il y a des bons moments et des moins bons », a-t-il souligné.

« Maintenant, je suis concentré vers l’avenir. Je pense qu’on a une équipe et une structure pour se battre pour des victoires dans les prochaines années », a-t-il avancé.

Concédant qu’il serait agréablement surpris qu’Aston Martin soit dans la lutte pour le podium à Melbourne, le 7 mars, Stroll a bien voulu se mouiller sur ce qui pourrait s’y produire.

« Il semble que Mercedes va gagner par 35 secondes, a-t-il prédit, avant de tempérer ses propos.

« Peut-être qu’il y a des choses qu’on n’a pas vues encore. On va en savoir plus au cours des prochaines semaines », a-t-il conclu.