Ce n’est pas un défi simple de faire sa place chez Red Bull aux côtés de Max Verstappen. Il suffit de faire la nomenclature de ses coéquipiers depuis 2016 pour en mesurer l’ampleur. Daniel Ricciardo, Pierre Gasly, Alex Albon, Sergio Perez, Liam Lawson, Yuki Tsunoda ont tous tenté leur chance avant Isack Hadjar. Mais avec le Français, est-ce que Red Bull a finalement réglé son problème pour son deuxième pilote?
Malgré une absence de trois épreuves en raison d’une blessure à un poignet subie à l’entraînement, Hadjar a connu tout un week-end en Azerbaïdjan. Même s’il n’avait pas pris le volant depuis la fin du mois de juillet, le pilote de 22 ans a montré un excellent rythme, se qualifiant notamment au quatrième rang, soit le deuxième meilleur résultat en qualifs de sa carrière.
En course, Hadjar s’est aussi distingué en prenant même le deuxième rang à un certain moment, avant d’être devancé par son coéquipier. Hadjar a ensuite suivi de près Verstappen tout au long du premier relais, présentant même un meilleur rythme à certains moments.
À la fin, le pilote Red Bull a terminé au troisième rang, récoltant le troisième podium de sa carrière, son deuxième avec Red Bull. Sa bonne séquence se poursuit donc malgré une pause de six semaines. Le Français a terminé dans le top-6 lors des huit dernières épreuves. Avec les performances de la Red Bull cette saison, qui est considérée comme la quatrième meilleure voiture, ce sont des résultats qui font plaisir à ses patrons.
C’est justement cette constance qui a fait en sorte que Red Bull a décidé d’octroyer une prolongation de contrat à son pilote. Contrairement à ce qu’on voyait les dernières années au sein de l’écurie, on a décidé de ne pas attendre la fin de la saison avant de confirmer les pilotes pour l’an prochain. Laurent Mekies en a déjà vu suffisamment pour replacer sa confiance en Hadjar.
Évidemment, le premier responsable des succès du jeune pilote, c’est Hadjar lui-même. Mais au-delà de ses performances, le contexte est aussi propice pour réussir. Premièrement, la nouvelle réglementation cette saison lui permettait de commencer l’année davantage sur un pied d’égalité avec Verstappen.
Bien sûr, la présence de Laurent Mekies n’est pas étrangère non plus aux succès d’Hadjar. Le climat est assurément différent de celui qui régnait avec Christian Horner et Helmut Marko, qui n’étaient pas réputés pour leur patience. Hadjar a commis quelques erreurs en début de saison, notamment à Miami, mais avec un leader plus patient, la pression sur lui n’est pas montée aussi rapidement qu’avec Lawson l’an dernier, par exemple.
Encore du travail à faire
Cependant, les dernières semaines démontrent aussi qu’il reste du pain sur la planche pour Isack. Tout d’abord, la durée d’un an de son nouveau contrat peut surprendre. Alors qu’on opte habituellement pour des ententes pluriannuelles en Formule 1, celle d’Hadjar donne l’impression que son audition n’est pas terminée. Pour Red Bull, ça permet notamment une certaine liberté si jamais un nom comme Oscar Piastri ou George Russell devenait soudainement disponible, mais pour Hadjar, c’est signe qu’il doit à nouveau convaincre ses patrons dès l’an prochain.
Ça ne l’aide pas non plus à établir son statut au sein de l’écurie. Évidemment, aux côtés de Max Verstappen, tout le monde est bien conscient de son rôle de pilote numéro deux. Mais tout de même, le fait qu’il ne soit pas sous contrat avec l’écurie à long terme ne fait qu’amplifier ce statut. Difficile pour lui d’influencer le développement à long terme de la voiture, par exemple, si on ne sait pas s’il sera avec Red Bull au-delà de 2027.
On a aussi vu en Azerbaïdjan les limites de ce que l’équipe souhaite faire pour lui. À la fin du premier segment, il semblait plus rapide que son coéquipier et il a signifié à son équipe qu’il pouvait aller plus rapidement, mais on a décidé de ne pas changer les positions et de laisser Hadjar derrière Verstappen.
Loin de moi l’idée de créer un scandale là où il n’y en a pas. Verstappen n’a plus à prouver quoi que ce soit, et au final, c’est lui qui attaquait Russell pour la victoire en fin de course. C’est tout simplement pour démontrer la réalité associée au rôle de deuxième pilote, une réalité qu’Hadjar devra continuer de vivre malgré cette nouvelle entente.
Pour l’instant, ça lui convient très bien. Éventuellement, s’il continue à progresser et à se développer comme il le fait, ça pourrait commencer à l’ennuyer davantage... mais on pourra en reparler d’ici là.





