WOKING, Royaume-Uni - La Formule 1 a une semaine avant le Grand Prix de Miami pour mettre en oeuvre les « ajustements » d’un règlement technique controversé sur les moteurs hybrides que les écuries Mercedes et McLaren ont plutôt bien accueillis.
Patrons d’équipes, motoristes, pilotes, promoteurs de la F1 et instances du sport automobile sont tombés d’accord cette semaine pour modifier à la marge les règles en qualification et en course que la Fédération internationale de l’automobile (FIA) avait imposées cette année pour améliorer le spectacle, notamment en favorisant les dépassements.
Mais cette remise à plat a bouleversé la manière de piloter, par une gestion complexe de l’énergie électrique, et fracturé le paddock, à l’instar de Max Verstappen (Red Bull) vent debout contre, et Lewis Hamilton (Ferrari), qui lui s’y est adapté.
Si le conseil mondial de la FIA entérine ces changements, ils entreront en vigueur dès la reprise de la saison à Miami le week-end du 1er mai, après une pause d’un mois due à l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et Jeddah provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
« Les changements mis en oeuvre à Miami représentent un pas positif dans la bonne direction », a commenté le directeur de McLaren Racing, Andrea Stella, devant des journalistes, dont l’AFP, conviés mercredi au siège ultrasécurisé de l’écurie britannique, au sud de Londres.
L’ingénieur italien a plaidé pour que la« communauté de la Formule 1 reste ouverte aux changements » et annoncé « une voiture complètement nouvelle » aux GP de Miami (1-3 mai) et de Montréal (22-24 mai) qui tentera d’aller chercher les Mercedes qui caracolent en tête.
« Au scalpel »
L’écurie allemande, qui a construit le châssis et le moteur de sa monoplace, a le plus tiré parti du règlement sur les blocs propulseurs 50% thermiques, 50% électriques, ses pilotes britannique George Russell et italien Kimi Antonelli ayant le mieux géré l’énergie électrique de la batterie, notamment pour dépasser leurs concurrents et ne pas se faire redoubler.
Russell a gagné en Australie, Antonelli en Chine et au Japon.
Leur patron et ancien pilote autrichien Toto Wolff, qui a conduit Mercedes F1 au sommet, s’est félicité de « discussions vraiment constructives entre pilotes, FIA, Formule 1 et les écuries ».
Mais, lundi, jour de l’annonce des « ajustements » de la FIA, il avait exhorté à « intervenir au scalpel et non avec un bâton de baseball », lors d’une conférence de presse en ligne au siège de Mercedes-AMG F1, au nord-ouest de Londres.
En début de saison, Wolff, ingénieur et homme d’affaires, avait été soupçonné par ses concurrents d’avoir trouvé une faille dans le règlement permettant aux moteurs Mercedes - qui équipent aussi McLaren, Alpine et Williams - de gagner quelques chevaux supplémentaires.
Il avait fustigé du « grand n’importe-quoi ».
La FIA a dû revoir sa copie sous la pression de pilotes frustrés par la batterie électrique et des différences importantes de vitesses mettant en péril la sécurité.
Lors du GP du Japon fin 29 mars, le jeune Britannique Oliver Bearman (Haas) avait projeté sa voiture contre une barrière de sécurité à plus de 300 km/h pour éviter l’Argentin Franco Colapinto (Alpine) qui roulait 50 km/h moins vite car il rechargeait sa batterie.
Cette technique dite du « super clipping » a ainsi été « ajustée » pour réduire le temps de course consacrée à la gestion de l’énergie électrique.
« Règlement très compliqué »
De même, en mode accélération, la puissance du bouton « booster » a été plafonnée pour ne pas vider entièrement la batterie lorsqu’un concurrent en double un autre et risque de se faire redépasser au prochain virage.
Mais le règlement « est de fait très compliqué », a reconnu au siège de McLaren le pilote australien Oscar Piastri.
« J’ai tenté d’expliquer mon sport à des amis durant la saison morte et ça a été une longue discussion avec beaucoup de questions », a souri le jeune homme qui avait dominé la première partie de 2025 et a fini deuxième du GP du Japon.
Mais finalement, « les gens n’ont pas besoin de savoir de combien de mégajoules de recharge nous disposons, quelles sont les règles et qu’est-ce qui se passe quand on appuie sur l’accélérateur », a conclu Piastri.





