Pour une deuxième année de suite, le cycliste Nickolas Zukowsky sera au départ du Tour d’Italie. Et pour une première fois en trois participations à un grand tour, il aura l’occasion de jouer sa carte personnelle pour une victoire d’étape au lieu d’être au service de son meneur.
Le départ du 109e Giro sera donné vendredi, à Nessebar, en Bulgarie, pays qui accueillera les trois premières étapes. Contrairement à ce qu’il a vécu à l’édition 2025, le membre de l’équipe Pinarello – Q36.5 souhaite aller au-delà de la quatrième étape de ce Giro. C’est à cette étape que le Québécois avait chuté et s’était fracturé la clavicule droite, ce qui avait abruptement mis fin au premier grand tour de sa carrière.
« Dans ma tête, je n’ai vraiment pas vécu du tout l’énergie, la course et le vrai Giro, donc, c’est comme mon premier vrai Giro. C’est comme ça que je le vois, même si j’ai quand même l’expérience de la Vuelta », a expliqué le cycliste à Sportcom avant d’aller rejoindre ses coéquipiers en Bulgarie.
Cette expérience au Tour d’Espagne 2025 s’est terminée par une troisième place de son leader Tom Pidcock au classement général. Un résultat « complètement fou », comme l’avait mentionné celui qui avait fini cette Vuelta en 112e place.
Un printemps prometteur
Cette saison, Nickolas Zukowsky s’est montré plus agressif dans ses tactiques de course sur le terrain des Classiques du printemps. Il a fait partie de l’échappée matinale au Grand Prix E3 qui a été rattrapée par l’éventuel vainqueur en solo, Mathieu Van der Poel, à une quarantaine de kilomètres de la fin.
À cela s’ajoute aussi sa 14e place inattendue au dernier Paris-Nice, en mars.
« C’est de loin mon meilleur résultat dans une course World Tour d’une semaine et de faire un top-15 au classement général, je n’avais pas trop en tête de faire ça en début de saison, alors je suis content de ça. [...] J’ai vraiment eu de belles courses somme toute. Il y a une belle cohésion et de beaux résultats dans l’équipe. »
Le cycliste est sorti des Classiques sans être écrasé par la fatigue et cela l’a mis en confiance pour s’attaquer à un bloc d’entraînement à Andorre, où il réside. Il a souvent roulé en compagnie d’un autre ex-champion canadien, Guillaume Boivin (NSN), qui est sur la voie du retour après une chute à Paris-Roubaix qui lui a fracturé une omoplate.
L’absence de Tom Pidcock au Giro laissera plus de place aux autres coureurs de Pinarello – Q36.5 qui aimeraient tenter leur chance, dont Zukowsky. Le Québécois a donc adapté son entraînement et sa préparation en conséquence.
« J’ai fait mes devoirs, j’ai regardé toutes les étapes qui pourraient être propices aux échappées et je dirais qu’il y en au moins cinq où je serai allumé pour viser un bon résultat. [...] Quand je vais avoir le feu vert, je ne vais pas me retenir et je vais courir avec du cœur au ventre. J’ai hâte de faire ça! »
-Nickolas Zukowsky
Son entraînement a principalement été axé sur les efforts plus longs que ceux des Classiques, qui durent de 1 à 3 minutes et qui sont répétitifs. « Tenir les watts dans les longues bosses me permettra de les passer et idéalement, de me rendre jusqu’à l’arrivée dans un groupe d’échappée. »
Pour les arrivées au sprint, son équipe comptera sur l’Italien Matteo Moschetti, troisième à la Famenne Ardenne Classis (1.1) dimanche dernier.
Un an après le départ du premier grand tour de sa carrière, l’athlète originaire de Sainte-Lucie-des-Laurentides arrivera au Giro dans d’autres dispositions.
« Je suis un peu plus serein, calme et moins anxieux. Il y a toujours de l’anticipation avant chaque course, que ce soit un grand tour ou un Mardi de Lachine, peu importe la course. C’est ça qui est le fun et qui fait que nous sommes toujours un petit peu plus fort en compétition. Là, il y a un calme serein qui m’habite. »
Un état d’esprit qui lui sera aussi utile pour accompagner sa conjointe Simone Boilard qui, mardi, a annoncé sa retraite des compétions cyclistes en raison de douleurs articulaires persistantes.
La première étape du Tour d’Italie se déroulera sur 147 kilomètres vendredi. Une arrivée au sprint est à prévoir à Burgas.






