Suivez dès 16 h dimanche sur RDS et le RDS.ca notre émission spéciale qui met la table au match de la coupe Grey entre les Alouettes et les Roughriders. La rencontre suivra sur nos ondes.
WINNIPEG – Durant la conférence de presse conjointe des entraîneurs-chefs à la coupe Grey, Jason Maas a regardé Corey Mace, son homologue, avec un sourire en coin, quand il s’est fait demander s’il allait préparer deux plans offensifs en raison de la blessure à Davis Alexander.
La réaction de Maas était drôlement parfaite. Bien sûr, devant son rival, il n’allait pas dévoiler ses intentions, mais il a joué le jeu.
« On sera prêts pour tous les scénarios et on déterminera ce qu’on pourra utiliser ou non. On aura des stratégies pour nos trois quarts, mais l’attention se dirigera d’abord sur Davis selon le travail défensif des Roughriders », a résumé Maas.
Assis tout près de lui, devant une centaine de médias, Mace a confirmé que son équipe allait se préparer pour la « meilleure version » du dynamique quart-arrière des Alouettes.
« À ce moment de l’année, les joueurs vont facilement se sacrifier, ton équipe croit en toi et c’est la seule manière d’aborder le tout », a-t-il noté.
Ce qu’on réalise, durant les éliminatoires, c’est qu’Alexander a été polarisant à travers la LCF durant sa première saison comme partant.
Bien sûr, il a épaté en haussant sa fiche immaculée à 13-0, un record du circuit canadien. Mais il s’est également attiré des critiques chez les puristes du football qui trouvent son style un peu trop exubérant.
Cependant, les Alouettes, à l’image d’Alexander, se fichent de la réaction extérieure puisqu’il a galvanisé les troupes avec son aplomb.
« Même quand il ne pouvait pas jouer, il continuait de représenter notre identité. Il est tellement dévoué au football et à son équipe, on avait exactement besoin de ça », a ciblé Isaac Adeyemi-Berglund, l’un des piliers défensifs du club montréalais.
« Il a un état d’esprit différent des autres quarts-arrières. Cette saison, il est arrivé avec un physique plus imposant, il se défonce sur le terrain et il représente exactement l’identité de notre équipe », a statué le vétéran Alexandre Gagné.
Il s’agit de la quatrième saison du quart de 27 ans dans l’organisation des Alouettes, mais la première durant laquelle il transporte l’équipe sur ses épaules.
On a voulu savoir quand Gagné a compris qu’Alexander possédait des atouts uniques et qu’il serait un joueur exceptionnel dans la LCF.
« Après qu’il m’ait foulé les deux pouces en attrapant ses passes tellement fortes!, s’est souvenu Gagné avec le sourire. Mais c’est surtout en le côtoyant, son aspect compétitif est difficile à surpasser. Son seul et unique but est de gagner. Ensuite, il peut s’amuser. Sur le terrain, on voit qu’il n’abandonne jamais sur un jeu, il veut créer des choses. Comme au dernier match, il s’est lancé dans ses adversaires, il a pu utiliser son physique. Les joueurs répondent bien à ça. »
Alexander possède ce côté bulldog, mais il n’hésite pas non plus à démontrer sa combativité avec ses paroles.
Du langage ordurier - du bon vieux trash talk -, ça n’effraie pas l’Américain. D’ailleurs, son côté volubile enchante la plupart de ses coéquipiers.
« On se rallie derrière lui, il nous procure de l’énergie. On adore son leadership. On ne voit pas souvent un quart-arrière parler à ses opposants, mais quand il le fait, on le supporte. Chaque joueur de football aimerait voir ça de la part de son quart », a exprimé James Letcher, le spécialiste des retours.
N’empêche que cette personnalité doit également convenir à l’entraîneur-chef. Maas n’a aucunement l’intention de calmer les ardeurs de son protégé.
« D’abord, je veux qu’il soit fidèle à sa personnalité et c’est ce que vous voyez. Il est très compétitif et il recherche chaque source de motivation. Il ne craint pas de parler fort. De mon côté, j’étais plus du style à réagir à un certain point. Mais je le comprends, quand l’émotion grimpe, ça arrive. Ça lui procure de l’énergie et l’effet percole sur notre équipe, on s’en nourrit », a cerné Maas.
Dans un monde idéal, Maas aimerait qu’Alexander soit plus discret quand des micros sont à proximité.
« Mais nos joueurs ne vont reculer devant personne. Les personnes évoluent avec le temps, mais c’est un choix qui vient avec l’expérience. Présentement, il agit ainsi et ce sera ça », a répondu l’entraîneur des Oiseaux.
Avant que la sagesse s’incruste davantage en Alexander, la priorité demeure le match de la coupe Grey et son état de santé. Isaac Adeyemi-Berglund a présenté la meilleure réponse à ce sujet.
« Davis est avant tout un meneur exemplaire. Il ne sera peut-être pas à 100%, mais avec sa force mentale, il va jouer à 1000%, ça ne le dérange pas. Vous n’allez pas voir la différence en raison de sa force mentale et c’est la preuve des personnes qui sont fortes. Il a tant perdu dans la vie [son père est décédé en 2024], c’est un individu très solide et on croit en lui », a déclaré l’ailier défensif.
Pendant la saison morte, les Alouettes auront le temps d’évaluer la gestion de la blessure d’Alexander. Il était blessé au camp d’entraînement et sa blessure est revenue à trois occasions durant l’année. Même une remise en forme de deux mois, au cœur de la saison, n’a pas été suffisante.
Mais comme Jason Maas répète toujours à son équipe, il faut apprendre des choses qui ne fonctionnent pas.





