MONTRÉAL – En plein cœur d’un projet nécessitant 50 jours de voyage, Marc-Antoine Dequoy a réalisé qu’il devait tenter sa chance de participer aux Jeux olympiques en flag football.
Déjà que ça n’avait pas été facile pour Dequoy d’opter pour la retraite du football, il n’a pas tardé à confirmer le dicton selon lequel « On peut sortir un joueur des terrains de football, mais on ne peut pas sortir le football d’un joueur ».
Il faut dire que Paul LaPolice, l’entraîneur-chef de la formation canadienne de flag football, a rapidement démontré son intérêt à Dequoy.
« Paul m’a contacté dans les heures suivant mon annonce pour me féliciter et me demander si j’étais intéressé. Je lui ai dit c’était trop tôt qu’il fallait que je réfléchisse », a confié Dequoy en entrevue avec RDS.
Libéré de ses crampons, Dequoy a sauté dans le train de l’aventure télévisuelle Avec ou sans cash en compagnie de son amie Éléonore Lagacé. Il a également plongé dans l’univers du flag football en disputant des matchs dans une ligue compétitive de la région montréalaise.
« J’étais en train de faire l’émission, ça m’a fait du bien et j’avais beaucoup de plaisir, mais il me manquait quelque chose. On dirait que le côté sportif m’interpellait encore. Je suis retourné sur le marché du travail et c’est vraiment le fun, mais c’est le sport aussi. C’est un très beau métier », a reconnu, en souriant, Dequoy qui est motivé par le rêve de participer aux JO en 2028.
« Ça s’est éclaircit parce que j’étais dans un tourbillon d’événements et d’émotions, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire », a admis l’athlète de 31 ans.
Cela dit, l’aventure du flag football ne se compare en rien à LCF ou la NFL. Oui, le flag football connaît une croissance fulgurante et ça explique son ajout au programme olympique, mais Dequoy a tenu à souligner le dévouement des athlètes.
« C’est un des points les plus importants à aborder. Ce n’est pas une job, le flag football ne te procurera pas un salaire, les joueurs doivent occuper un autre emploi. De plus, ils doivent prendre congé pendant un à deux mois de leur travail rémunéré pour jouer au flag. Ils doivent aussi dépenser de leur poche malheureusement pour faire partie de l’équipe. On a des commanditaires, mais ce n’est pas encore assez connu. D’année en année, ça s’améliore. Il y a deux ou trois ans, les gars devaient payer autour de 3000 $ par année pour participer. Les gars qui font ça, ils ne carburent pas à l’argent, mais à la passion », a témoigné Dequoy.
Des moments d’humilité pour Tom Brady et pour lui
Quant au sport en soi, c’est également une « bibitte » fascinante et complètement différente du football.
« C’est un ajustement et je m’ajuste encore. C’est très différent, très, très différent que le football contact. Le sport traverse une grande croissance et surtout chez les femmes, c’est super intéressant à voir », a noté Dequoy.
Avant même qu’on lui pose une question à ce sujet, Dequoy a utilisé l’exemple de Tom Brady et plusieurs joueurs anciens et actuels de la NFL qui ont été malmenés par l’équipe nationale américaine de flag football dans un événement tenu en mars.
« Ils ont vraiment donné une rince à tous ces joueurs de la NFL. Ça ouvre les yeux à quel point c’est un sport différent. Je l’ai aussi réalisé en jouant dans une ligue de garage », a ciblé l’ancien maraudeur des Alouettes.
Ce n’est pas pour rien que LaPolice et les dirigeants du flag football ont voulu inciter des joueurs de la LCF et la NFL à se familiariser avec cette discipline bien avant le début des Jeux olympiques. L’idée d’avoir l’air fou sur la scène internationale n’enchante personne.
« Tu ne veux pas arriver deux mois avant les JO comme un cheveu sur la soupe et espérer remporter une médaille », a-t-il pointé.
Puisque le flag football impose de l’humilité à tous ceux qui le découvrent. Dequoy n’y a pas échappé même s’il a bâti sa carrière grâce à sa vitesse et son agilité au ballon sur les terrains de football.
« Je vais te le dire, enlever un flag, c’est complètement différent et jouer comme rusher. On ne peut pas foncer dans le quart-arrière donc, il y a peut-être des punitions qui ont imposées à mon égard », a répondu Dequoy en pouvant en rire.
Rien n’est gagné pour le Canada et Dequoy
Les prochaines étapes seront cruciales autant pour Dequoy que pour le Canada. Car non, Dequoy n’a pas déjà assuré sa place sur l’équipe olympique canadienne.
« Je ne participe pas encore aux Jeux olympiques, on va mettre ça au clair. On ne sait même pas si le Canada va y participer », a-t-il lancé.
D’abord, le Canada se rendra, au mois d’août, au Championnat mondial en Allemagne. Les deux meilleures équipes vont se qualifier pour les JO. Si les États-Unis terminaient dans le top-2, leur billet olympique reviendrait à la troisième équipe puisque les Américains sont déjà assurés de leur participation en étant le pays hôte. Les autres nations participantes seront déterminées en 2027.
Quant à Dequoy, il s’envolera à Chula Vista, en Californie, à partir du 13 juin, pour un camp de l’équipe canadienne visant à déterminer les 12 joueurs de la formation. Toutefois, la composition de l’équipe sera revue en 2027 et en 2028 alors que des joueurs de la LCF et de la NFL pourraient s’ajouter au groupe.
« Ça va être très difficile, mais c’est le fun de se fixer un objectif. J’aime ce côté de sentir que j’arrive un peu plus débutant, ça allume un feu de vouloir apprendre et repousser mes limites », a confié Dequoy qui, en tant que compétiteur, aime ses chances de réussir.
À travers le flag football et ses nouveaux projets professionnels, Dequoy est demeuré en contact avec plusieurs amis chez les Alouettes.
« Je suis quand même encore assez proche de certains joueurs, donc je baigne un peu encore là-dedans. D’un côté, j’aimerais ça être avec eux, mais je ne regrette aucunement ma décision, je suis vraiment en paix. Je m’informe à propos de l’énergie dans l’équipe. C’est plus facile de faire la transition en restant éloigné, mais un peu proche en même temps », a conclu Dequoy.




