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« C’est pratiquement un miracle »

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La LCF est un plan B de choix pour Jones

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« Super excité de revenir à Montréal quand ce sera le temps »

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Les Alouettes optent pour du talent pur québécois

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MONTRÉAL – « Tout ce que Rohan (Jones) a accompli, c’est pratiquement un miracle », a raconté Tony Iadeluca, son entraîneur au Collège André-Grasset, puisque la malchance a frappé fort durant ses années collégiales.

Jones a commencé à récolter le fruit de ses efforts en signant un contrat de joueur autonome avec les Rams de Los Angeles (NFL) en plus d’avoir été repêché dans la LCF, mardi soir, au huitième rang par les Alouettes de Montréal.

En 2019, à son arrivée au Collège André-Grasset, le quart-arrière Jonathan Sénécal s’est déchiré un ligament du genou gauche dès le premier match de la saison. Les grandes attentes envers Jones venaient d’en prendre un coup.

En 2020, la COVID-19 a tout simplement provoqué l’annulation de la saison.

En 2021, le quart-arrière pressenti pour diriger l’attaque a choisi de jouer aux États-Unis.

Par conséquent, durant la saison 2021, le coordonnateur offensif Gabriel Cousineau avait dû passer au plan B.

« On avait des jeux uniquement dédiés à Rohan, le but était de trouver des façons pour qu’il obtienne le ballon le plus souvent possible. On ne pouvait pas exploiter tout son talent de receveur parce qu’on n’avait pas les ressources. On faisait notamment du wildcat (remise directe) à Rohan », a expliqué Iadeluca.

Le bilan : trois saisons collégiales sans pouvoir exposer l’ampleur de son potentiel alors que Jones rêvait de convaincre une bonne université américaine de lui consentir une bourse pour évoluer dans la NCAA.

Rien pour aider, en 2021, c’était encore très difficile de traverser les douanes américaines pour participer à des camps de recrutement de football. Après s’être fait refuser le passage plus d’une fois, Jones est parvenu à traverser en sol américain et il a convaincu l’Université du Maine, un plus petit programme, d’investir en lui.

« Il n’a pas eu la chance de montrer son talent comme il aurait dû et recevoir de plus grosses offres. »

—  Tony Iadeluca

Voilà pourquoi Jones n’a pas hésité, après deux ans, à transférer à l’Université Montana State pour une saison et ensuite à l’Université de l’Arkansas pour sa dernière année universitaire.

Loin de se laisser abattre, Jones a plutôt décelé, dans ces obstacles et ces détours, un terrain fertile pour exposer son éthique de travail qui aura été déterminante.

Du même coup, l’athlète de six pieds trois pouces et 235 livres a gardé les deux pieds sur terre.

« Il était à notre pratique des Phénix jeudi dernier, il est venu s’adresser à notre équipe. Il vient encore s’entraîner avec nous parfois et il était aimé de ses coéquipiers, il ne se prenait pas pour un autre », a souligné Iadeluca.

Les atouts pour convaincre la NFL?

Dès qu’il l’avait vu jouer au Collège Jean-Eudes, Iadeluca avait été charmé par le talent de Jones. Cependant, l’entraîneur expérimenté n’aurait pas osé prédire qu’il séduirait la NFL quand il évoluait avec Grasset.

« Pas la NFL, parce que je ne pensais jamais qu’il serait converti en ailier rapproché parce qu’il est tellement athlétique », a réagi Iadeluca qui a assisté à la transformation de sa charpente.

Mais les besoins offensifs ont évolué dans la NFL et quelques équipes possèdent désormais des ailiers rapprochés davantage dédiés à capter des passes et des ailiers rapprochés spécialisés pour effectuer des blocs.

D’ailleurs, ça explique sa décision d’opter pour les Rams qui emploient de nombreux ailiers rapprochés.

Cela dit, avec la détermination démontrée dans son parcours, ce serait étonnant que Jones ne trouve pas une autre audition dans la NFL si ça ne fonctionnait pas avec la troupe de l’entraîneur Sean McVay.

Mais Iadeluca demeure persuadé que Jones parviendra à retenir positivement l’attention des entraîneurs des Rams.

« Tous les entraîneurs vont remarquer son éthique de travail et c’est sûr et certain qu’il ne fera pas d’erreur dans son cahier de jeux, il le connaîtra par cœur. Bref, je ne serais pas surpris qu’ils le gardent pour un an, même sur l’équipe d’entraînement pour le développer. Un peu comme les Chiefs l’ont fait avec Laurent Duvernay-Tardif », a soumis Iadeluca.

« Et puis, si jamais ça ne marche pas dans la NFL, je l’imagine briller dans la LCF, je n’ai aucun doute là-dessus », a-t-il conclu.