MONTRÉAL – À l’image de millions de familles durant les Fêtes, les Alouettes de Montréal vont se souhaiter la santé en 2026. Voilà tout ce qui compte pour se réapproprier la coupe Grey.
Car, même sur une seule jambe, Davis Alexander a failli mener les Alouettes au championnat à sa première saison comme partant dans la LCF. Sans contredit, l’avenir des Alouettes n’a jamais autant été entre bonnes mains depuis la retraite d’Anthony Calvillo en 2013.
Mais, sans lui, le clan montréalais ressemblait à des oiseaux cloués au sol. Si on devait présenter la revue de l’année des Alouettes sous forme de sketchs, Alexander serait donc présent dans plusieurs de ceux-ci.
Dans le premier sketch, on pourrait imaginer un concept dans lequel Alexander arrive au camp d’entraînement avec la jambe gauche amochée, mais le physique gonflé par un abus en gymnase. Débordant de bonnes intentions, Alexander s’est blessé, en avril, aux muscles ischio-jambiers de la jambe gauche durant un exercice de course.
Durant le deuxième sketch, on le verrait aggraver sa blessure lors : du camp d’entraînement, du 3e match, du 6e match, de la finale de l’Est et la coupe Grey. La musique serait sans doute un disque qui saute.
Mais, même avec une dose d’humour, on y remarquerait surtout son immense courage, son attitude attachante et son leadership essentiel à son équipe.
Si Vernon Adams fils a été dynamique et intrigant, que Trevor Harris a stabilisé la position de quart-arrière à Montréal, que Cody Fajardo était inspirant, Alexander se situe dans une catégorie supérieure.
La preuve a été effectuée sur le terrain. En santé, il se situe facilement dans l’élite du circuit canadien.
Cependant, le plus bel exemple demeure l’esprit d’équipe qui a été propulsé à un autre niveau grâce à l’influence d’Alexander. En 2023, quand les Alouettes ont soulevé la coupe Grey dès l’arrivée de l’entraîneur-chef Jason Maas, on entendait que la camaraderie était très puissante.
Alexander, à sa première année comme visage de l’organisation, a poussé cette unité à un niveau supérieur et ce fut confirmé par quelques sources.
D’ailleurs, quand il était blessé et que les Alouettes ont encaissé cinq revers consécutifs, le moral est demeuré fort via son influence et celle de Maas notamment.
Les Alouettes avaient promis qu’Alexander serait guéri quand il allait renouer avec l’action. Mais ils ont volontairement commis un petit mensonge pour aspirer aux grands honneurs. La magie était toutefois épuisée alors qu’Alexander a subi sa première défaite en carrière (13-1) au moment le plus cruel à la coupe Grey. S’il avait pu utiliser sa mobilité pendant cette rencontre, les Roughriders auraient été confrontés à un tout autre défi.
Il faut tirer des leçons durant les Fêtes et le sport professionnel rappelle souvent que rien n’est facile. Parlez-en à Trevor Harris qui a savouré sa première coupe Grey comme partant à 39 ans. Alexander (27 ans) aura donc amplement le temps de se reprendre et il fera encore plus attention à sa santé.
Si on avait d’autres sketchs à présenter, ce ne serait pas le plus gentil, mais McLeod Bethel-Thompson serait au cœur de l’un de ceux-ci. On imagine un comédien résilient, mais vieillissant, qui constate que l’action se déroule désormais trop vite.
Ses déboires, en tant que réserviste, ont mené les Alouettes à se tourner vers Caleb Evans qui s’est blessé et James Morgan qui n’a pas été en mesure de prouver son talent pendant les matchs. Même le directeur général Danny Maciocia n’avait jamais dirigé une équipe qui a dû confier le rôle de partant au quatrième quart-arrière.
Tyler Snead mériterait assurément un sketch plus élogieux. Contrairement à la majorité des joueurs de football, Snead peut passer inaperçu partout où il se promène. Mais son physique de cinq pieds sept pouces renferme tout le courage et le talent dont on peut rêver. Plus costaud, il aurait brillé dans la NFL. Ses archives débordent d’attrapés spectaculaires et de blocs réussis contre des joueurs beaucoup plus imposants.
Snead a été le receveur le plus fiable avec une sublime récolte de 1129 verges aériennes. Son rendement et celui de Tyson Philpot – qui a mérité une imposante augmentation salariale – pourraient mener à la décision de libérer Austin Mack.
Impossible de ne pas concocter un sketch sur le botteur Jose Maltos-Diaz. Quand il a été embauché par les Alouettes, il semblait destiné à poursuivre sa carrière comme réserviste. Sa forme physique n’était pas impressionnante et il n’avait jamais obtenu la confiance nécessaire.
Mais wow! Ce Maltos-Diaz détient une force de caractère exceptionnelle. Il a excellé pour les placements les plus exigeants et les plus stressants. Tout ça, alors qu’il s’entraîne au Mexique sur des terrains délabrés sans poteau de football pour se pratiquer. On s’excuse Jose d’avoir douté de toi et on a été nombreux à commettre cette erreur.
S’il restait du temps au montage, on conserverait de courts sketchs pour vanter la saison de l’ailier défensif Isaac Adeyemi-Berglund et des experts des unités spéciales Tyrell Richards et Alexandre Gagné. Chacun à leur façon, ils ont multiplié les plaqués et ils seront tous de retour la saison prochaine.
Parmi les résolutions à privilégier pour 2026, le coordonnateur défensif Noel Thorpe voudra éviter les matchs durant lesquels son unité se fait piétiner par la course. Mais la défense des Alouettes s’est encore imposée par rapport à ses rivaux en terminant dans le top-2 de plusieurs catégories. On se permet de dire qu’on sent qu’elle peut dominer davantage.
De son côté, Maciocia pense avant tout à la gestion des dépenses et à l’avenir de son organisation. En ce sens, il a choisi d’investir en Geoffrey Cantin-Arku et de laisser filer le vétéran Darnell Sankey vers un autre club.
Le DG des Alouettes a eu le temps de compléter quelques « achats » avant les Fêtes, mais il devra poursuivre son travail en 2026 sans s’emporter durant le marché des joueurs autonomes en février.






