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 « Les gars vont jouer pour Davis pour les 10 prochaines années »

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MONTRÉAL – Davis Alexander avait le visage aussi abattu que dimanche soir, mais ce n’est pas étonnant avec sa nature de guerrier. Les éloges de ses coéquipiers devraient tranquillement l’aider à alléger sa souffrance.

« Mon cœur est triste pour nous, pour mes coéquipiers. Ça va assurément nous faire mal et me faire mal pendant un certain temps. Mais je vais et on va revenir plus forts », a témoigné, mardi, Alexander qui a navigué dans la même tristesse depuis la défaite.

« Je me sens mal, je n’ai pas encore répondu aux nombreux messages reçus. Je vais le faire bientôt, je continue d’absorber la défaite », a convenu celui qui n’a pas encore été capable de revisionner tout le match.

Après le cruel échappé commis par Shea Patterson, sur une faufilade à la porte des buts, quelques observateurs ont suggéré qu’Alexander aurait dû avoir le ballon dans ses mains pour ce jeu déterminant.

« Shea a été sensationnel depuis son arrivée, 15 fois meilleur qu’on pouvait anticiper. On n’avait pas été stoppés une fois avec lui [sur les courts gains]. Je me sens mal pour lui et, si je ne commets pas trois revirements, on ne se retrouve pas dans cette position. Bien sûr, j’aime avoir ballon dans mes mains, mais j’étais blessé et Shea est excelle dans ce qu’il fait », a réagi Alexander.

Le quart partant des Alouettes aurait voulu terminer l’année 2025 en soulevant la coupe Grey avec son équipe. Mais ses entraîneurs ont voulu lui rappeler tout ce qu’il a accompli à sa première saison comme partant.

« Ils sont vraiment fiers et AC (Anthony Calvillo, le coordonnateur offensif) m’a dit que j’aurai une très, très longue carrière, qu’il était fier de moi et que de belles choses allaient arriver », a raconté l’athlète de 27 ans.

En quelques mots, résumons qu’Alexander a soulevé cette équipe grâce à sa passion et l’explosivité de son arsenal. En 2025, il a ajouté 9 victoires consécutives - portant sa fiche à 13-0 - avant le revers crève-cœur contre les Roughriders de la Saskatchewan à Winnipeg. Mais surtout, quand sa blessure à la cuisse gauche l’empêchait de jouer, l’équipe a souffert.

« Au plus profond de moi, je crois que je suis fier de moi, mais j’ai aussi très mal au ventre. J’ai joué le pire match de ma carrière dans la partie la plus importante de ma carrière. Ça va te faire mal pendant un certain temps », a résumé Alexander.

Chaque coéquipier, qui en a eu l’occasion, a tenu à l’encenser de façon extrêmement élogieuse.

« Le gars est un guerrier! Il a encore aggravé la blessure et il a poursuivi son match. Davis a élevé toutes les personnes autour de lui. Il est le cœur de ce club, il a plus mal que nous tous, mais je l’aime et on va se reprendre. Il sera encore plus affamé », a souligné, avec vigueur, le receveur Austin Mack.

« On ne peut pas demander un meilleur départ de carrière. On a tassé un vétéran (Cody Fajardo) qui avait gagné la coupe Grey et mené son équipe au premier rang dans la LCF. Bref, Davis avait une grosse pression sur les épaules. Il a surmonté ça sur une seule jambe! Les gars vont jouer pour lui pour les 10 prochaines années. Il s’est fait mal de nouveau en fin de partie et il n’a même pas bronché, ça veut tellement dire dans une équipe de football », a vanté Alexandre Gagné.

« À peine 1% des gens auraient pu jouer avec cette blessure et il s’est très bien débrouillé, il a tout donné pour nous. C’est tout un compétiteur et un meneur, on suit son exemple et c’est différent quand il est à son poste », a ciblé Tyler Snead.

« Quand il s’est fait à nouveau en fin de partie, j’ai pu voir dans ses yeux qu’il aurait voulu mettre un genou au sol et succomber à sa blessure, mais avec sa mentalité de guerrier, il a voulu demeurer sur le terrain. Tyler (Snead) lui a rappelé de puiser loin dans le caucus. Malgré le résultat, ça en dit très long sur son caractère », a témoigné Tyson Philpot.

La priorité sera de « guérir une fois pour toutes »

On peine à imaginer ce qu’Alexander aurait pu accomplir sans cette tenace blessure aux muscles ischio-jambiers de la jambe gauche le menant à céder sa place pour 11 matchs du calendrier régulier.

Cette fois, durant la saison morte, la prudence sera essentielle. L’an dernier, Alexander avait poussé à fond durant sa préparation et sa « fameuse » blessure s’était produite en avril, juste avant le camp d’entraînement.

De manière « un peu égoïste », il admet qu’il a préféré disputer le camp d’entraînement pour démontrer qu’il méritait d’avoir été identifié comme le visage de l’organisation.

« Mais je ne crois pas qu’on connaissait la gravité de la blessure parce que j’avais été en mesure de faire le camp et je me sentais plutôt bien », a-t-il noté.

La blessure est revenue le hanter dès le troisième match. Après un mois de remise en forme, il s’est blessé de nouveau à son retour contre les Argonauts et il a manqué, cette fois, deux mois d’action.

Petite révélation ici, il n’était pas complètement rétabli en reprenant son poste le 26 septembre contre Calgary alors que les Alouettes avaient assuré qu’ils attendraient le moment l’empêchant de se blesser une autre fois.

« On savait que ce ne serait pas à 100% pour le reste de l’année en raison de la gravité de la blessure. Les résultats ont démontré une déchirure de grade 3C ce qui exige environ quatre mois de remise en forme. C’est le pire niveau outre celui de se détacher de l’os », a exposé Alexander qui a fini par se blesser dans la finale de l’Est contre Hamilton.

À court terme, Alexander se présentera chaque jour au Stade olympique pour subir des traitements comme s’il avait un match à jouer la semaine prochaine. Quand il retournera en Arizona, pour quelques mois, « la priorité sera de guérir le tout une fois pour toutes, pour que ça ne se reproduise plus. »