MONTRÉAL – Les partisans des Alouettes de Montréal n’hallucinent pas quand ils ont l’impression d’assister à une nouvelle saison de la belle époque d’Anthony Calvillo, Jamel Richardson et Ben Cahoon, mais avec des acteurs différents en Davis Alexander, Tyson Philpot et Tyler Snead.
Après tout, cette comparaison a été utilisée par le directeur général Danny Maciocia qui ne pourrait guère être mieux placé pour en juger.
« Ça me plaît beaucoup. Je les regarde aller et ils sont jeunes encore. Ils s’entendent tellement bien, ils sont toujours ensemble, ce sont trois bons amis. Je souhaite qu’on puisse les garder pendant les prochaines années à Montréal et qu’ils restent en santé. Parce que, si c’est le cas, je pense qu’on aura beaucoup de plaisir », a évoqué Maciocia.
Lentement, mais sûrement, on peut constater que l’attachement envers les Alouettes a retrouvé un niveau fort intéressant. La conquête de la coupe Grey en 2023 aura été l’élément déclencheur, mais ça ne fait aucun doute que le spectacle offensif actuel ne laisse personne indifférent.
« Écoute, tout le monde m’en parle. Des gens ont l’impression de voir un jeu vidéo quand ils nous regardent, mais ça vient aussi de la stabilité et du dévouement de nos joueurs en attaque. On réalise qu’on possède des joueurs spéciaux et on veut leur permettre d’obtenir du succès, nos entraîneurs sont en mesure d’identifier des façons d’y parvenir », a commenté Maciocia avec appréciation.
Sans rien enlever au talent de Philpot et Snead, Alexander demeure l’ingrédient essentiel dans cette recette magique. Avec sa fiche de 19-1 en 20 départs dans la LCF, Alexander a gagné en popularité auprès des amateurs de sports du Québec et il a pu le constater dans les derniers jours.
« C’est incroyable, on le ressent tous. Particulièrement durant cette semaine de répit, je me promenais en ville et j’ai croisé bien des gens. On reçoit une tonne d’amour et je me suis assuré de dire aux gens qu’on le réalise et qu’on l’apprécie. On doit parcourir encore beaucoup de chemin pour arriver à notre objectif ultime, on avance une semaine à la fois », a témoigné le quart-arrière qui a notamment assisté à des matchs de tennis à l’Omnium Banque Nationale.
Lors de la dernière victoire, le 8 août contre les Elks d’Edmonton, les Alouettes ont dominé ce duel malgré l’absence de quatre piliers en défense dont le secondeur Geoffrey Cantin-Arku.
« En étant sur les lignes de côté, ça m’a rappelé que tu vois beaucoup de choses. Je suis chanceux, on a une belle équipe, je joue à la maison devant ma famille et mes amis, je dois en prendre soin », a cerné le Québécois.
Ne pas répéter la gaffe de 2024
Le DG des Oiseaux s’est adressé aux médias pour dresser un bilan d’une première moitié de saison plutôt éclatante menant à un dossier de 8-1, le meilleur de la LCF.
Cependant, les Alouettes ont, trop souvent, laissé leurs adversaires s’accrocher à l’espoir de l’emporter.
« Notre rendement est loin d’être parfait. On peut améliorer plusieurs facettes que ce soit en attaque, mieux plaquer en défense, protéger nos avances de 10-12 points et les unités spéciales vont mieux récemment. Je dis souvent qu’on veut jouer notre meilleur football dans la deuxième moitié de la saison », a ciblé Maciocia.
Alexander n’a pas eu besoin de se faire convaincre par Maciocia ou l’entraîneur-chef Jason Maas, il était du même avis.
« Offensivement, je ne considère pas qu’on a réussi un match complet. On a bien joué contre Edmonton, mais j’ai raté quelques lectures et l’interception ne peut pas survenir. Ça peut sembler pointilleux, mais on a parfois été freinés trop vite en attaque alors qu’on pouvait distancer nos adversaires », a analysé le quart.
Au niveau personnel, Alexander a déjà récolté 3140 verges aériennes en neuf parties. Plusieurs records sont à sa portée, mais il est animé par les victoires. Cela dit, le sourire qui a envahi son visage a permis de comprendre qu’il aimerait réécrire le livre d’histoire.
« Très loin dans ma tête, oui j’ai de petits buts. Quand tu peux établir des records, c’est attrayant et c’est cool, mais les victoires sont la seule chose qui compte », a résumé Alexander qui pourrait surpasser la marque des Alouettes établie par Calvillo avec 6041 verges en 2004.
Pour Maciocia, ces records ne représentent qu’une récompense à long terme. À court terme, le directeur général et ses dépisteurs ont épié les camps de la NFL alors que du renfort pourrait devenir disponible.
« Je regarde toujours du côté de la profondeur. Dans les dernières années, on a eu besoin de 70 joueurs (en raison des blessures). Il y a un joueur en particulier, avec les Rams de Los Angeles, qui nous intéresse et on a assisté à quelques pratiques », a indiqué Maciocia.
Ce joueur, il s’agit bien sûr de Rohan Jones, le Québécois que les Alouettes ont repêché en première ronde, dès le 8e rang, ce printemps.
« C’est un excellent joueur de football, on le savait déjà. On a eu la chance d’échanger avec des dépisteurs des Rams et ils ont confirmé qu’ils l’aiment beaucoup. Dans son cas, la clé sera les matchs préparatoires. Je ne suis pas énormément la NFL pendant cette période de l’année, mais je vais suivre ces matchs des Rams », a admis Maciocia.
Que du renfort soit déniché ou non dans la NFL, les Alouettes devront surtout mieux gérer la deuxième moitié de saison et les éliminatoires qu’en 2024 alors que l’équipe s’était effondré en finale de l’Est malgré un dossier de 12-5-1.
« C’est énorme d’avoir ce vécu, on en a tiré quelques leçons. Ça peut seulement nous aider. Je suis convaincu qu’on sera dans de meilleures dispositions pour gérer ce qui s’en vient dans les prochaines semaines », a assuré Maciocia alors que les prochaines semaines fourniront le verdict.



