MONTRÉAL – Dimanche, durant son trajet en avion vers le Québec, Davis Alexander a jugé que le moment était venu pour visionner la cruelle défaite de ses Alouettes de Montréal à la coupe Grey. Il a eu besoin de 105 jours pour revoir ces images.
Hypothéqué par sa récurrente blessure à la cuisse gauche, qui est venue le hanter quatre fois en 2025, Alexander est loin d’avoir joué à la hauteur de son talent.
Ça, il le savait et il était le premier à l’admettre. Au point d’être émotif après la défaite ainsi qu’au bilan de l’équipe. Mais son orgueil a également été piqué pour une autre raison.
« Je ne savais pas que les experts de TSN avaient parlé, à la demie, de me retirer du match. J’ai réagi en me disant ‘OK, je jouais si mal que ça …’ », a confié Alexander qui a subi sa première défaite au pire moment.
Durant cette réponse, Alexander avait ce regard illuminé prouvant qu’il a transformé cette douleur en motivation. Une motivation qui sera à la hauteur de la neige reçue au Québec cet hiver.
« C’est arrivé et c’est poche, mais on est rendus en 2026. Ça peut faire autant mal que tu veux, mais on doit continuer de pousser », a ajouté le quart-arrière de 27 ans durant la deuxième édition de l’Académie Geoffrey Cantin-Arku à Lévis.
Tout au long de la journée, Alexander a multiplié les conseils aux participants avec une attitude bienveillante et positive.
Parlant de conseils, Alexander en a été inondé au cours des derniers mois par ses coéquipiers qui veulent s’assurer qu’il ne se blesse pas de nouveau à l’entraînement.
Certains, comme Tyson Philpot, n’ont pas été gênés de le taquiner.
« Aucun doute, je ne le lâche pas d’une semelle. Chaque semaine, je m’assure qu’il ne soulève pas des poids trop lourds. On est de très bons amis, je lui dis la vérité et il fait la même chose et ça rend notre relation plus forte. C’est un support amical et il apprécie ça », a raconté Philpot.
Le receveur des Alouettes a perçu que bien des gens ont douté d’Alexander en raison de sa blessure et de sa prestation à la coupe Grey. Philpot est persuadé que ça ne produira qu’une version améliorée de son quart.
« Je n’ai pas eu le courage (de le taquiner). Davis est très compétitif et ça se voyait très facilement que ça venait le chercher de ne pas pouvoir jouer. On savait qu’on devait le laisser tranquille », a noté Cantin-Arku qui était, cette fois, dans le camp des moins taquins.
Le vétéran Alexandre Gagné a bien analysé le portrait. Cette fois, Alexander saura comment gérer les « clés de la Cadillac ».
« Davis arrivera avec encore plus de maturité. Une saison de la LCF c’est long, c’est un marathon. Tu apprends comme athlète, c’était la première fois qu’il se faisait donner les clés de la Cadillac. Il ne voulait pas manquer sa chance et il a peut-être poussé la machine un peu trop », a comparé Gagné à l’auteur de ces lignes et au confrère Nicholas Richard de La Presse.
Cette maturité a exigé de refouler, un tantinet, son esprit de guerrier. Pour lui, c’était loin d’être facile de devoir s’entraîner avec prudence.
« Je travaille très fort et ça peut devenir un défaut. Je suis du style à vouloir soulever 500 livres comme charge pour être le plus compétitif. Ça peut s’avérer à mon détriment. Mais croyez-moi, je travaille encore très fort », a témoigné Alexander qui s’est rendu à ce niveau grâce à cette volonté.
Pour l’instant, il évalue sa guérison à 90% en étant persuadé d’atteindre le 100% à la fin avril ou début mai. En le regardant protéger sa jambe gauche lundi, on aurait le goût de spéculer pour dire 80%, mais ça augure bien.
Après tout, le coup de départ du marathon ne sera effectué que le 4 juin. Son intention, c’est de le remporter en soulevant la coupe Grey, mais en disputant, cette fois, les 18 matchs du calendrier régulier.
Réaliste pour le départ de Mack, optimiste envers Crum
En terminant, Alexander a assisté au départ du receveur Austin Mack qui a été libéré. Force est d’admettre que le salaire élevé de Mack ne pouvait plus cadrer dans une utilisation moins accrue avec l’émergence de Tyson Philpot.
« C’est dommage, mais ce sont des choses qui arrivent. On a une grande confiance envers nos receveurs. On verra probablement Cole Spieker, qui est très talentueux, obtenir un plus grand rôle. Tyson et Tyler (Snead) vont dicter le ton, ce sont des vétérans désormais », a résumé Alexander qui a volontairement retranché quelques livres à sa charpente.
Et si Alexander devait rater quelques matchs, ce qui arrive pratiquement à tous les quarts partants de la LCF, les Alouettes ont embauché Dustin Crum pour le seconder.
« Je suis très content, c’est un gagnant et un compétiteur. Je trouve qu’il va cadrer à la perfection. J’ai toujours admiré son jeu et sa combativité », a conclu Alexander qui lui a glissé un mot pour l’attirer à Montréal.





