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Antoine Deslauriers s’est forgé un nom aux États-Unis

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MONTRÉAL – Antoine Deslauriers a tout pour réussir. Après avoir intrigué le milieu sportif avec son physique, le secondeur a épaté à sa première saison à l’Université Syracuse.

À quelques jours de retourner sur le campus, Deslauriers a assisté avec grand plaisir à la rencontre des Alouettes des Montréal, dimanche soir.

Grâce à ses 60 plaqués et son utilisation rapide comme partant, Deslauriers a fait écarquiller des yeux. Il aime penser qu’il s’est forgé un nom en sol américain.

« Quand les gens voient le numéro 5 sur les images de nos matchs, j’aime croire que les équipes se préparent un peu plus. Pour moi, c’est plaisant d’y penser. Même au Québec, on le voit, avec les réseaux sociaux et les médias, ça attire plus d’attention vers tous les joueurs qui jouent dans la NCAA. Ça amène une bonne lumière sur tous les athlètes qui évoluent aux États-Unis », a réagi l’athlète de six pieds un pouce et 235 livres.

Ce rendement inspiré est devenu d’autant plus important avec la nouvelle réalité du NIL, les sommes d’argent désormais allouées aux joueurs de la NCAA avec les profits engendrés par l’utilisation du nom et de l’image.

« Ça fonctionne vraiment en fonction de la valeur déterminée par l’école. Dans mon cas, ce fut vraiment des négociations comme un contrat professionnel. C’est vraiment basé sur l’année précédente et le futur que l’école veut bâtir avec toi. Avec le portail (de transfert des joueurs), c’est très important de conserver le talent pour une équipe. Donc la balle est souvent dans le camp de l’équipe et la direction pour dire ‘C’est un joueur qu’on veut garder et qu’on va payer en conséquence ou qu’on est prêt à laisser partir’ », a témoigné Deslauriers.

Les jeunes athlètes doivent donc apprivoiser hâtivement la réalité économique de leur carrière.

« C’est une chose à laquelle tu t’habitues. Quand la nouvelle du NIL a été confirmée, il a fallu se tourner sur un dix sous. C’est là que ton entourage joue un grand rôle dans ta réussite. J’ai été chanceux d’avoir le même agent depuis le secondaire, une personne de confiance. Je peux toujours me tourner vers lui pour des conseils, du mentorat, négocier des contrats et coordonner les médias. Ça peut être lourd de s’occuper d’un horaire comme ça », a-t-il décrit.

Suivi par plus de 50 000 personnes sur Instagram, Deslauriers est devenu une inspiration pour de nombreux jeunes athlètes – même à l’extérieur du football – en partageant des étapes de son parcours.

« Il faut dire la vérité et ne pas embellir la réalité. Je ne suis pas le premier, mais c’est important que je partage mon expérience du football aux États-Unis pour aider les jeunes et leurs parents. »

Cette première saison fructueuse n’a pas modifié ses objectifs puisqu’il visait déjà la NFL.

« J’ai toujours eu un but qui était assez précis et très clair dans ma tête. Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir eu la chance de jouer et que les entraîneurs aient eu confiance en moi. Par contre, mon but demeure le même », a-t-il évoqué.

En 2026, Deslauriers voudra poursuivre son ascension personnelle, mais il veut aussi contribuer à un meilleur rendement de son équipe alors que l’Orange a dû se contenter d’un dossier de 3-9 en 2025 incluant quelques douloureux revers.

La maturité se développe à vitesse grand V en évoluant dans la NCAA. Mais Deslauriers ne veut pas que personne ne brûle les étapes.

« Tout le monde a son propre chemin et c’est important que chacun se respecte. Ce ne sont pas tous les jeunes qui sont prêts à vivre par eux-mêmes après le secondaire V. Tout revient au travail, à l’effort et à la concentration que tu dédies. »

C’était la première fois qu’on pouvait discuter avec Deslauriers et sa maturité est facile à remarquer. En plus d’être bien entouré, il a pu bénéficier de conseils de plusieurs athlètes comme Matthew Bergeron qui a accédé à la NFL grâce à son parcours à Syracuse.

En 2026, Deslauriers pourra travailler sous les ordres d’un nouveau mentor, Vince Kehres, qui a hérité du poste de coordonnateur défensif à Syracuse.

Deslauriers continuera d’apprendre auprès de Kehres et il se fera un devoir de poursuivre son évolution en étudiant les vidéos de plusieurs secondeurs de la NFL.

« Je n’aime pas nommer un joueur, mais je m’inspire des bons côtés de quelques joueurs que je regarde », a confié Deslauriers qui s’assure aussi de remarquer l’implication communautaire de plusieurs athlètes.

Et quand il vient assister à une partie des Alouettes, il reconnaît que c’est difficile pour lui de ne pas se plonger dans l’analyse. Après tout, sa carrière professionnelle arrivera assez vite.