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Antony Auclair aux JO, le ballon dans les mains, enfin

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Antony Auclair n’avait jamais vécu pareille chose.

Au fil de sa cinquantaine de rencontres dans la NFL, l’ancien ailier rapproché des Buccaneers de Tampa Bay et des Texans de Houston n’a à aucun moment dû partager un autobus avec l’ennemi. Encore moins après une défaite.

Au flag football, les choses sont toutefois quelque peu différentes, a-t-il pu constater la semaine dernière aux Championnats du monde, à Düsseldorf, en Allemagne.

Après un revers crève-cœur de 41-36 contre les Italiens en demi-finale, Auclair et ses coéquipiers canadiens sont rentrés à leur hôtel à bord du même autocar que leurs tombeurs, qui venaient de se qualifier pour les Jeux olympiques de 2028.

« Au football professionnel, tu ne vis pas des affaires comme ça. Tu as ton propre autobus, tu es escorté par la police et il n’y a zéro personne d’autres équipes qui peuvent être dans les parages », préférait en rire Auclair, mercredi, en entrevue avec le RDS.ca.

Les deux sélections résidant au même hôtel, la cohabitation momentanée était inévitable, ce qui a donné lieu à un scène pour le moins inusitée.

« Eux, ils célébraient leur victoire. Ils venaient de se qualifier et ils étaient hystériques. Mais on ne pouvait pas leur en vouloir, parce qu’on aurait été pareils. »

—  Antony Auclair

Heureusement pour les Canadiens, tout n’était pas encore terminé pour ceux-ci. Une victoire le lendemain contre les Mexicains dans le duel pour la médaille de bronze allait leur valoir un billet pour les JO tenus à Los Angeles.

« [Dans l’autobus], on se disait : “Ce n’est pas fini, il faut se concentrer sur le Mexique”. Déjà, on regardait les images du Mexique sur nos appareils pour se préparer au lendemain. C’est une drôle de dynamique des tournois comme ça, mais en même temps, ça rend ça plaisant. »

Encore plus quand le dénouement s’avère heureux.

Forts d’un gain de 34-26 signé en prolongation contre les Mexicains, les Canadiens se sont assuré de participer aux débuts du flag football aux Olympiques dans deux ans.

Auclair a été au cœur de ce triomphe, captant la passe de touché victorieuse en prolongation – sa deuxième du match – avant d’attraper le relais suivant de son quart-arrière Michael O’Connor pour le converti de deux points.

« À partir de là, je savais qu’on les avait coupés en deux, que c’était fini. Parce que huit points [au flag football], c’est quand même dur à aller chercher. […] Le feeling qu’on avait, c’était que c’était terminé. Notre défensive a joué un match exceptionnel. »

Flag football : Les hommes se qualifient aussi pour les JO Faits saillants du match de troisième place du Championnats du monde de 2026 de Flag Football entre le Canada et le Mexique.

Auclair veut le ballon

Pour un champion du Super Bowl comme Auclair, une qualification olympique au flag football pourrait figurer loin dans la liste de ses accomplissements, mais il n’en est rien.

« Ce qui importe pour moi, c’est toujours la prochaine chose. Cette année, c’était ça le plus important et c’est incroyable comme feeling. On est la première équipe de l’histoire à qualifier le pays aux Olympiques. »

Le tournoi, c’est cependant dans deux ans. Il peut donc se passer bien des choses d’ici là, réalise Auclair, déterminé à conserver sa place dans la sélection.

« J’ai toujours considéré Équipe Canada comme une équipe professionnelle. Chaque année, tu invites de nouveaux joueurs pour compétitionner et que ton équipe soit encore meilleure. Ton noyau peut donc changer un peu. C’est équivalent à une équipe de la LCF ou de la NFL, c’est exactement la même chose. Tu dois compétitionner, car tu n’es jamais à l’abri. »

Pour conserver sa place, Auclair compte donc attraper le plus de ballons possible dans les prochains rendez-vous, un plaisir sur lequel il avait à contre-cœur dû faire une croix durant son séjour dans la NFL, où l’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval a avant tout été utilisé pour ses aptitudes de bloqueur.

« J’ai fait une job élite dans la NFL, j’ai été parmi les meilleurs à faire ça. Mais je savais que je pouvais offrir plus, même à ce niveau-là. Je savais que je pouvais être un joueur dominant dans le jeu de passes.

« C’est juste que je n’ai jamais eu l’opportunité de le faire. Là, je suis content parce que j’ai l’occasion de le faire. J’adore ça », se réjouit l’athlète qui jouait à un poids d’environ 270 livres dans la NFL.

Avec une quarantaine de livres en moins maintenant, Auclair est dorénavant au meilleur de ses capacités pour tendre les bras, sécuriser le ballon et courir jusque dans la zone des buts.

« Je peux enfin démontrer ce que j’aime faire. »

Aux Olympiques, en plus.

*D’après une entrevue réalisée par notre collègue Éric Leblanc.