SAN FRANCISCO – Est-ce que l’exemple de Sam Darnold incitera les équipes de la NFL à être plus patientes avec les quarts-arrières? Josh McDaniels, qui a chapeauté Tom Brady, aimerait que oui.
Certes, l’expérience de Darnold avec les Jets de New York s’est soldée par un échec retentissant. Darnold avait été repêché au troisième rang en 2018 et il devait sauver l’organisation. Mais, à cette époque, Darnold était loin d’être prêt pour assumer cette mission. Par conséquent, il a été ridiculisé par plusieurs partisans.
Ensuite, il a été rejeté par des équipes durant son cheminement qui s’est effectué avec les Panthers, les 49ers et les Vikings avant d’aboutir avec les Seahawks de Seattle qu’il vient de mener au match ultime.
Chez les Vikings, même une saison de 14 victoires n’a pas été suffisante pour s’établir à long terme.
Voilà pourquoi McDaniels a plaidé, cette semaine, pour rehausser la patience envers la position la plus exigeante de l’univers sportif.
« Désormais, c’est différent de superviser les quarts-arrières comparativement à il y a 15-20 ans. Leur manière de jouer au niveau universitaire n’est plus la même. Quand ils arrivent dans la NFL, ils ont évolué dans un système différent. Plusieurs n’ont jamais géré le caucus. C’est une autre histoire », a précisé McDaniels qui a œuvré avec les Patriots de 2001 à 2008 et de 2012 à 2021 avant de revenir dans l’organisation en 2025.
Par la force des choses, McDaniels a dû ajuster son niveau de patience. Après tout, on n’a pas toujours le privilège de diriger Tom Brady.
« Il faut être patient, car si tu veux leur apprendre tout ce qu’ils n’ont jamais vécu auparavant, ça exige du temps. Heureusement, j’ai des enfants de 21, 19, 15 et 13 ans et ils sont identiques aux joueurs. Si tu veux que les jeunes fassent des choses de la bonne façon et de manière répétitive, ça prend du temps et de la patience », a noté McDaniels qui était fort intéressant.
Certains noms nous viennent en tête comme Caleb Williams, C.J. Stroud, Bryce Young, Trevor Lawrence, Baker Mayfield, Daniel Jones… On aurait pu continuer cette liste longtemps.
Le gourou des quarts-arrières a hérité d’un autre joyau en Drake Maye. À sa saison recrue, Maye et les Patriots ont dû se contenter d’un dossier de 4-13. Mais on pouvait déceler que son évolution serait intéressante.
Sauf que Maye a accéléré le processus de manière fracassante. Personne n’aurait prédit qu’il passerait à un cheveu de mériter le titre de joueur par excellence de la NFL en menant les siens à une fiche de 14-3.
« C’est une approche un peu différente, mais ce fut très agréable de vivre ce processus avec Drake cette saison. Ça inclut Tommy DeVito (le 3e quart des Pats) qui est encore jeune comme quart. Ils vont apprendre éventuellement et il faut croire en eux », a-t-il plaidé.
Bien sûr, le dilemme est complexe pour les organisations de la NFL. Ce n’est guère mieux si elles décident d’être trop patientes et que leur quart-arrière ne se développe jamais comme souhaité.
C’est un peu comme si les dirigeants doivent jouer un rôle d’équilibriste. Dans un monde qui implique des milliards, la patience n’a pas souvent la cote.
On arrive au point crucial identifié par McDaniels pour que la patience rapporte.
« Le succès des quarts est basé sur le bon mariage avec l’organisation, le système offensif, les entraîneurs offensifs et la patience. Certains arrivent plus prêts et d’autres moins. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne deviendront pas d’excellents joueurs. Parfois, tu demandes à ces joueurs d’accomplir certaines choses rapidement, mais ils ne sont pas encore prêts pour tout faire ce que tu souhaiterais. Il faut le réaliser », a évoqué McDaniels.
Pour être conséquent avec ce qu’il prône, McDaniels a limité ses stratégies avec Maye en début de campagne.
« Ce fut très important pour nous de déterminer où Drake était rendu dans son cheminement. Si on ne l’avait pas su, on aurait commis des erreurs avec lui. Maintenant, on peut essayer de l’amener aussi loin que possible. Il grandit chaque jour et même encore à chaque entraînement cette semaine », a cerné McDaniels.
Le propriétaire Robert Kraft a également eu un rôle à jouer dans le retour rapide des Patriots au Super Bowl. Kraft a choisi de foncer et d’investir le paquet (plus de 350 millions $) durant la saison morte afin d’acquérir des joueurs d’impact qui répondent à la vision du nouvel entraîneur-chef Mike Vrabel.
« Chaque organisation ou compagnie ayant du succès est basée sur les bonnes personnes qui y travaillent. Mike a amené des personnes avec lui, ça part du haut de la pyramide. Il faut parfois prendre des décisions difficiles (comme le congédiement de Jerod Mayo), mais ça prend surtout beaucoup de personnes qui tirent dans la même direction », a conclu McDaniels.






