MONTRÉAL – Fervent des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, Jeff Gorton suit de près la renaissance actuelle de l’équipe sous les ordres de Mike Vrabel et il ne peut s’empêcher de voir des similitudes avec Martin St-Louis.
Bien sûr, Vrabel possédait déjà de l’expérience comme entraîneur-chef dans la NFL quand le propriétaire Robert Kraft l’a rapatrié à Foxborough où il a brillé de 2001 à 2008 à la position de secondeur.
Dans le cas de St-Louis, Gorton et le directeur général Kent Hughes n’ont pas hésité à lui confier les rênes du Canadien de Montréal même si son expérience d’entraîneur se limitait au hockey mineur.
Toutefois, St-Louis n’a pas tardé à rallier ses troupes grâce à son leadership rassembleur et inspirant.
En épiant le travail de St-Louis au quotidien et en observant celui de Vrabel comme partisan, Gorton a constaté des ressemblances à propos de l’énergie et l’attitude des deux pilotes.
« Il y a beaucoup de similitudes avec Martin. Ça m’apparaît évident que Vrabel est très connecté avec ses joueurs. On le voit leur faire de gros câlins après chaque partie. J’en vois dans ses discours aussi. Martin a ce même genre de relation avec ses joueurs. On le voit parfois sauter de joie avec eux. Quand il parle aux joueurs, on voit à quel point ils sont enthousiastes à l’écouter. Je reconnais plusieurs qualités entre les deux », a décrit Gorton en entrevue avec le RDS.ca.
Dans le vestiaire du Canadien, le défenseur Jayden Struble est le plus grand partisan des Patriots alors qu’il n’habitait qu’à 25 minutes du Gillette Stadium.
« Évidemment, les deux sont très passionnés et les joueurs répondent bien à ça. J’ai vu plusieurs commentaires positifs des joueurs des Patriots, il accomplit un bon boulot », a noté Struble.
En tant que gestionnaire d’une équipe sportive, Gorton avait toutes les raisons d’être intrigué par la dynastie des Patriots et de Tom Brady qui a duré 20 ans.
« On entend toujours parler du Patriot Way, ils ont vraiment bâti une culture gagnante. Ils ont également ramené des gens qui ont du succès avec les Pats. Des personnes qui ont côtoyé et entouré Brady. Ils transmettent les clés du succès de cette dynastie. De plus, Vrabel a été en mesure de bâtir la connexion avec la nouvelle et l’ancienne génération de joueurs. C’est plutôt fascinant de les voir réussir », a admis Gorton.
Maye, un impact comparable à Hutson et Demidov?
Cela dit, même les partisans les plus fidèles des Patriots, incluant ceux qui les encourageaient à l’époque de Drew Bledsoe, personne n’avait prédit un retour aussi rapide vers le sommet.
En 2024, lors de la saison recrue du quart-arrière Drake Maye, les Pats s’étaient contentés d’un dossier de 4-13. Il aurait fallu un brin de folie pour parier sur la fiche de 14-3 qu’ils ont assemblée en cette saison.
« La NFL est vraiment une ligue bâtie autour des quarts-arrières. Si tu n’as pas ce général aux commandes de ton équipe, c’est très difficile de l’emporter. Au hockey, c’est un peu moins le cas, mais on voit quand même certains jeunes qui tirent leur équipe vers le succès donc ça se ressemble partiellement. C’est fascinant comment un joueur peut rehausser le niveau de jeu d’une équipe », a reconnu Gorton.
Un sujet qui fait inévitablement penser à l’impact de Lane Hutson et Ivan Demidov chez le Canadien alors que Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky poursuivent leur évolution.
« L’impact du quart-arrière est énorme, mais ça prend des pièces importantes pour l’entourer. Je trouve ça assez similaire au hockey. Ici, on a Demi (Ivan Demidov) et Lane (Hutson) ce qui nous aide énormément. Cette nouvelle vague de joueurs est très utile dans chaque sport », a plaidé Struble avec pertinence.
Peu de joueurs du CH peuvent encourager les Patriots
Grâce à cette dynastie menée par Brady et l’entraîneur Bill Belichick, ainsi que la proximité géographique avec le Québec, les Patriots ont gagné le cœur de nombreux partisans québécois.
Cependant, leur succès a fini par épuiser la patience des partisans des autres équipes.
Ensuite, ce sont les Chiefs de Kansas City et Patrick Mahomes qui ont fini par déplaire en raison de leur domination. En ratant les éliminatoires, ils ont fait plaisir à de nombreux amateurs.
Mais, surprise, les Patriots ont joué un tour à ceux-ci en se faufilant jusqu’au Super Bowl.
« Pour être honnête, c’est un peu inattendu, mais c’est excitant. En grandissant, j’avais l’impression qu’ils gagnaient chaque année. C’était une belle période et je suis content de voir leur retour en force », a confié Struble.
Dans le vestiaire du CH, Struble est plutôt seul dans son camp. Il se fait déjà souvent taquiner pour ses allégeances envers les Patriots.
« On sera en congé (avec la pause olympique) pendant le Super Bowl donc il y a un petit côté plate, car on ne sera pas réunis pour regarder le match. Mais c’est évident que ça va chauffer dans notre groupe de messagerie. Quelques joueurs ne veulent pas que les Patriots l’emportent. Évidemment, ce serait bien qu’ils gagnent pour que je puisse les agacer », a décrit Struble.
À 57 ans, Gorton regarde le tout avec un contexte plus vaste. Il se souvient des nombreuses années de misère des Patriots durant son enfance. Mais, comme il aime le dire, à Boston, tu n’as pas trop le choix de supporter les Bruins, les Red Sox, les Celtics et les Patriots.
« Quand j’étais jeune, les Patriots n’étaient pas bons, il a fallu endurer des saisons difficiles, on parlait de déménagement (au début des années 1990 notamment). Tandis que mes enfants n’ont vécu que les succès. Je dois leur rappeler qu’ils ont eu toute une pente à remonter d’abord. J’apprécie donc le parcours vécu et leur retour parmi l’élite », a conclu Gorton avec une réponse qui pourrait faire penser à une certaine équipe de hockey.








