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Hockey universitaire : une D1 toute québécoise dès 2027

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MONTRÉAL – La création d’une première division québécoise de hockey masculin, qui était incluse en 2022 parmi les recommandations du rapport sur le comité québécois sur le développement du hockey présidé par Marc Denis, est chose faite.

À partir de l’automne 2027, les Stingers de Concordia, les Redbirds de McGill et les Patriots de l’Université du Québec à Trois-Rivières quitteront l’Ontario University Athletics (OUA) pour participer au lancement d’une nouvelle ligue à six équipes exclusivement québécoises. Ils y seront rejoints par les Inuk de l’Université du Québec à Chicoutimi, le Vert et Or de l’Université de Sherbrooke et les Piranhas de l’École de technologie supérieure (ÉTS).

Ces trois programmes évoluent présentement dans une deuxième division de hockey universitaire masculin chapeautée par le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), qui abritera l’entité naissante.

La participation de six équipes était le plancher visé pour la levée de terre du projet. Mais « c’est sûr qu’idéalement, on voudrait que toutes les universités participent », a reconnu Gustave Roel, chef de la direction du RSEQ. Il était particulièrement difficile d’ignorer l’absence de l’Université Laval et de l’Université de Montréal, deux institutions phares sur la scène du sport universitaire au Québec, dans l’annonce de mardi.

« On est quand même conscients de la limitation, que ce soit au niveau des infrastructures, puisque c’est un enjeu majeur pour plusieurs universités. Le fait d’en avoir six nous permet de donner une certaine viabilité. C’était ça qui était l’essentiel. On aurait pu le faire à quatre comme on a dans certaines ligues, mais à six, ça envoie un signal clair. »

M. Roel indique que des conversations avec l’ensemble des universités québécoises ont lieu depuis un an et demi afin de mesurer la viabilité à long terme de l’initiative.

« Assurément qu’il y a d’autres universités qui ont un certain intérêt. Maintenant, c’est de voir tous les tenants et aboutissants, que ce soit au niveau financier ou au niveau des infrastructures. Je pense que le lancement va permettre de voir l’intérêt, l’engouement, et il risque d’y avoir d’autres universités assurément qui vont lever la main en cours de route. »

Dans les prochains mois, un comité sera mis sur pied afin de déterminer les paramètres de la nouvelle ligue, notamment le format des compétitions, son calendrier et les règles entourant le recrutement.

Jocelyn Thibault, qui agit aujourd’hui comme consultant à Hockey Québec et qui est l’un des signataires du rapport Denis, applaudissait sans retenue l’aboutissement « très, très positif » de cette démarche.

« La LHJMQ a vraiment un excellent programme de bourses, mais présentement tu as seulement trois équipes québécoises de division 1 masculin. Donc t’as plein de joueurs qui finissent leur stage junior majeur avec plein d’argent dans leurs poches, mais avec trois équipes dans lesquelles les joueurs peuvent rester jusqu’à cinq ans, il n’y a pas tant de places disponibles. T’as comme un entonnoir, un effet d’étranglement qui se crée. »

Thibault élargit le problème en notant que ce qui est vrai pour les joueurs de la LHJMQ l’est tout autant pour ceux de de la Ligue Junior AAA ou de niveau collégial.

« Ça ouvre à plus de joueurs un parcours où tu peux aller jusqu’au bout. Avec trois équipes, honnêtement, c’est tough parce qu’on passe notre temps à répéter à des bons joueurs qu’on n’a plus de place. Le bassin est là, mais on en enlevait beaucoup parce qu’on ne pouvait pas les rentrer dans tous les programmes. »

—  L’entraîneur-chef des Stingers, Marc-André Élément

« Je n’ai pas les chiffres avec moi, je ne sais pas combien il y en a, mais je sais qu’il y en a beaucoup qui quittent [le hockey] à ce moment-là, ajoute Thibault. C’est anecdotique, mais je connais beaucoup de joueurs qui se sont retrouvés dans cette situation – pas tout à fait assez bons pour les trois équipes actuelles – et qui sont allés jouer dans le senior ou qui ont simplement arrêté. »

L’ajout de trois équipes dans une ligue de calibre relevé permettra, oui, à une soixantaine de joueurs de poursuivre leur carrière à la maison, mais aussi d’accéder à des études supérieures.

« C’est un petit peu gênant comme province d’avoir seulement trois équipes universitaires – j’aime l’expression ‘offres de service’ – pour nos joueurs de hockey, lance en pesant ses mots l’entraîneur-chef des Patriotes de l’UQTR, Marc-Étienne Hubert. Ça fait plusieurs années qu’on milite pour ça. Je pense que c’est une très bonne chose pour le hockey au Québec, mais aussi comme société de pouvoir garder des athlètes qui vont faire des études universitaires, qui vont avoir des postes privés tantôt, qui vont être des leaders dans leur communauté. »

« Quand je jouais, je me disais que ce n’était pas normal qu’il y ait juste trois équipes universitaires au Québec, s’amuse à dire Jocelyn Perreault, le nouvel entraîneur-chef de l’équipe de McGill. Ça fait plus de 25 ans de ça! Donc enfin, on voit cette évolution-là. Ça va aider à la visibilité de la ligue aussi. C’est une ligue qui gagne à être connue. »