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L’attrait de la NCAA, « un argument de plus » pour une D1 québécoise

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Les six équipes qui formeront la nouvelle ligue universitaire de première division québécoise en 2027. (Nicolas Landry)

MONTRÉAL – L’idée de fonder une ligue de hockey universitaire de division 1 entièrement québécoise n’a pas été soulevée en réaction à l’assouplissement des règles d’admissibilité des institutions de la NCAA. Mais il est permis de croire que cette révolution américaine qui a envoyé un « électrochoc » dans le monde du hockey canadien il y a bientôt deux ans en a accéléré la concrétisation.

« C’est assurément un argument de plus pour faire arriver ce qui est arrivé aujourd’hui », croit fermement Jocelyn Thibault. L’ancien directeur général de Hockey Québec et signataire du rapport Denis sur le développement du hockey québécois s’exprimait ainsi mardi en marge de l’annonce de la création, à partir de 2027, d’une ligue à six équipes dans laquelle trois nouveaux programmes entreront en compétition avec ceux de Concordia, McGill et Trois-Rivières.

La décision de la NCAA en 2024 d’ouvrir ses portes aux joueurs qui s’étaient déjà engagés sur la voie du hockey junior a eu des effets directs et bien documentés sur les trois circuits de la Ligue canadienne de hockey, dont la Ligue de hockey junior Maritimes Québec. Inévitablement, les programmes universitaires dans lesquels se déversaient le flux de joueurs arrivés à la fin de leur parcours junior en ont aussi ressenti les contrecoups.

« On a des joueurs qu’on voudrait recruter au Québec qui choisissent d’aller dans des programmes très moyens de hockey et pas très bons académiquement juste parce que ça s’appelle “NCAA” », témoigne Jocelyn Perreault, le nouvel entraîneur-chef des Redbirds de McGill.

Sans nommer spécifiquement la menace américaine, le chef de direction du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), Gustave Roel, a reconnu que « le projet prend forme dans un contexte d’une possibilité d’offres aux joueurs qui se multiplient de plus en plus à travers l’Amérique du Nord. »

M. Roel a ajouté souhaiter que le hockey universitaire québécois « constitue une option de premier plan » pour les jeunes athlètes du territoire. Mais lorsqu’il a été questionné précisément sur le lien entre la restructuration du réseau universitaire québécois et la présence d’une concurrence directe au sud de la frontière, il a tracé une ligne dans le sable.

« On n’est pas en mode de compétitionner avec la NCAA », a-t-il clarifier, faisant notamment référence aux infrastructures que les établissements américains pouvaient mettre à la disposition de leurs étudiants-athlètes.

Cet argument n’a pas été bien reçu par Jocelyn Perreault. « Je ne suis pas d’accord de généraliser et de dire que la NCAA a systématiquement de meilleures infrastructures et de meilleurs programmes de hockey. Il y a 48 programmes de D1 aux États-Unis et ce n’est pas vrai que ce sont tous des Boston University. »

« Je ne veux pas nommer de nom, poursuit Perreault, mais il y a des programmes américains qui, d’un point de vue académique, c’est probablement l’équivalent d’un cégep au Québec. Ce ne sont pas des endroits qui valorisent les études et au niveau du hockey, c’est très inégal. Je crois qu’il faut continuer de faire comprendre ça. »

Son homologue chez les Stingers de l’Université Concordia, Marc-André Élément, n’est pas convaincu que l’implantation d’une nouvelle ligue au Québec va freiner l’exode vers les États-Unis. « Ceux qui veulent partir, ils vont partir », est-il d’avis.

Cependant, il constate lui aussi que l’offre académique dans certains programmes américains en fait déchanter quelques-uns. « Je pense que les jeunes commencent à réaliser que le hockey, les infrastructures, c’est gros. Mais à l’école, est-ce que c’est bon pour eux autres? Si tu veux faire ta vie au Québec, es-tu mieux de venir étudier par exemple en finances à [l’École de gestion] John-Molson, commencer à bâtir ton réseau? Il y en a qui partent, mais on en voit déjà qui reviennent. C’est une roue qui tourne. »

Quant au facteur « cool » évoqué plus tôt par Jocelyn Perreault, qui voit des jeunes se laisser charmer par le prestige des quatre lettres du réseau américain, Marc-Étienne Hubert peut entrevoir le jour où une ligue québécoise profitera du même pouvoir d’attraction.

« Il faut offrir une bonne offre de service pour s’assurer que notre ligue est crédible, qu’il y a des événements le fun, qu’il y a de l’intérêt auprès des médias et que ça crée un engouement pour convaincre les gens de venir voir les matchs, énumère le pilote des Patriotes de l’UQTR. Ça, ça va faire une ligue trippante pour les jeunes Québécois qui seraient tentés de rester ici plutôt que de s’en aller. »

« C’est de l’ouvrage, c’est un gros chantier, mais il y a quelque chose de vraiment intéressant à faire. »