BUFFALO – Bien malin celui qui peut prédire comment les jeunes défenseurs des Canadiens se comporteront cette saison. La porte est ouverte derrière les vétérans Joel Edmundson, David Savard et Michael Matheson.

 

Même si l’organisation montréalaise traverse une période de reconstruction, les dirigeants peuvent ressentir des épisodes de vertige en observant le manque d’expérience de la brigade défensive.

 

Cela dit, les Justin Barron, Jordan Harris, Kaiden Guhle, Gianni Fairbrother et Arber Xhekaj ont tous l’intention de les rassurer cette saison.

 

L’état-major du Tricolore devra donc ajuster son approche en fonction du développement de cette ribambelle de défenseurs. Le directeur général Kent Hughes a déjà indiqué que le plan pourrait inclure des passages avec le Rocket de Laval pour raffermir certaines facettes de leur jeu. La gestion risque de varier passablement d’un athlète à l’autre.

Sans oublier Corey Schueneman et Chris Wideman qui veulent disputer un maximum de matchs dans la LNH.

 

Cette rivalité fratricide s’est entamée, jeudi soir, avec le premier match du tournoi des recrues à Buffalo.

 

« C’est une belle occasion pour eux de se faire valoir devant les dirigeants et contre des jeunes de leur âge. Il n’y a aucun de vétéran de dix saisons dans la LNH. C’est clair que ça débute avec ces matchs », a convenu l’entraîneur Jean-François Houle qui supervise les 26 joueurs délégués pour l’événement.  

 

« Ce sont des évaluations, c’est important pour eux de bien paraître, même si ce n’est pas le vrai camp », a-t-il ajouté.

 

Parmi le lot de jeunes défenseurs, Barron sonne comme celui le moins enchanté à l’idée d’un séjour avec le Rocket. Rien à dire contre la ville de Laval, Barron a plutôt le sentiment d’avoir fait ses preuves dans la Ligue américaine.

 

« Mon but est de rester toute la saison à Montréal. La décision ne me revient pas, mais je vais tout faire à partir du camp pour le démontrer. […] Je trouve que j’ai eu une bonne saison l’an dernier (avec le club-école de l’Avalanche). Maintenant, je me concentre à rester avec le Canadien », a-t-il exprimé.

 

Dans son cas, la possibilité existe avant tout en raison de sa blessure à la cheville droite qui a mis un terme à sa saison le 5 avril, lors de son cinquième match avec le CH.

 

« C’est l’une des raisons pourquoi je suis content d’être ici, je suis confiant de pouvoir jouer dans la LNH et je vais relancer mon élan avec ce tournoi en jouant des matchs avec le camp », a noté le droitier de 20 ans qui n'a pas été étincelant à sa première sortie. 

« Ça va être une bonne bataille »

 

Avec raison, Barron était satisfait de son jeu avec Montréal avant de se blesser et il se dit à prêt à lutter avec ses coéquipiers.

 

Une fois qu’il a été rétabli, vers la fin juillet, Barron a pu foncer sans retenue sur la glace et il ne s’entraînait pas avec n’importe qui à Halifax.

 

« J’ai eu la chance de patiner avec (Nathan) MacKinnon, (Sidney) Crosby, Drake Batherson et Logan Shaw; plusieurs bons joueurs », a confié Barron qui ne s’est pas invité au défilé de la coupe Stanley de MacKinnon.

 

Harris ne s'opposerait pas à un séjour à Laval

 

Même s’il est plus vieux, à 22 ans, Harris comprend qu’il pourrait devoir effectuer un détour de quelques matchs à Laval.

 

« Je ne contrôle pas tout, je dois simplement jouer à la hauteur de mon potentiel. Je ne verrais pas ça comme un recul, mais mon but est de me tailler une place à Montréal. Ce n’est pas le temps de ralentir la cadence », a-t-il souligné.

 

Avec dix matchs derrière la cravate, il sent mieux outillé.

« Je sais que j'ai le niveau pour jouer avec les Canadiens cette saison »

 

« J’ai appris énormément, c’est très différent du niveau universitaire. Tu laisses la rondelle accomplir le boulot. Il faut absolument jouer selon ses forces. Les gars costauds utilisent leur force, les plus rapides se tournent vers leur vitesse, les plus intelligents jouent avec ruse … », a cerné celui qui se démarque par son agilité et son intelligence.

 

Sans savoir où leur développement les mènera, il y a quelque chose d’intrigant de voir Barron, Harris, Guhle, Xhekaj, Norlinder et Fairbrother se tenir ensemble à Buffalo.

 

« C’est cool, c’est le fun de passer du temps avec eux. Nick (Suzuki) a été nommé capitaine, il est jeune lui aussi. On peut voir qu’un noyau se crée autour des jeunes », a ciblé Harris avec raison.

 

Harris n’a pas lésiné sur les moyens pour en faire partie. Il a greffé 10 livres de muscles à sa charpente cet été et c’est visible à l’œil nu.  

 

« Je me suis entraîné fort cet été, j’ai toujours abordé la saison estivale sérieusement », a commenté Harris qui est reconnu pour son sérieux.

 

Xhekaj, costaud et loin d'être idiot

 

L’an passé, personne ne s’attendait à ce que Xhekaj, un joueur invité, se hisse dans ce groupe. Le gaillard a démontré qu’il méritait la confiance du Canadien. Cette année, le contexte est différent.

 

« Ouais, c’était une surprise et ils ont pu me suivre pendant la saison. Ils s’attendent à ce que je continue de progresser, ils ne veulent pas que je ralentisse », a reconnu le gaucher de six pieds quatre pouces et 238 livres.

«J'ai des aptitudes pour remplir le filet », Arber Xhekaj

 

Divertissant, Xhekaj arrive avec l’intention de démontrer qu’il n’est pas seulement une pièce d’homme pouvant défendre ses partenaires.

 

« Je suis arrivé tôt cet été et je crois que c’était une bonne chose pour leur démontrer que je ne suis pas seulement un gros défenseur pas de tête. Je suis capable de jouer et déplacer la rondelle. J’ai compté plusieurs buts (12) la saison dernière, ça fait partie de mon jeu », a témoigné l’Ontarien.

 

« Ce n’est pas un idiot, c’est un bon joueur, il se déplace bien et il l’a démontré. Il a joué très physique et c’est son style. Il a fait de beaux jeux aussi, ses replis se sont améliorés », a cerné Houle.  

 

Heureusement pour lui, les changements à l’état-major n’ont pas fragilisé son statut.

 

« Je suis un peu négligé en n’ayant pas été repêché. Mais de nouveaux dirigeants sont en poste donc tout le monde part du même point », a plutôt perçu le défenseur de 21 ans qui a utilisé la saison dernière pour convaincre Kent Hughes et Jeff Gorton de ses forces.

 

Petite note amusante, Xhekaj est loin d’être le plus costaud de sa famille. L’un de ses oncles mesure six pieds huit pouces et sa mère frôle les six pieds. Taquin, il s’est surtout dit bien fier d’être plus grand que son père.