TAMPA - Le Canadien s’est tenu droit comme un chêne face au Lightning agressif, un brin belliqueux et deux brins indisciplinés lors des deux premiers matchs de la série qui est égale 1-1.
Josh Anderson et ses coéquipiers n’ont pas reculé d’un pouce devant leurs rivaux. Des adversaires qui semblent croire qu’ils affrontent les Panthers de la Floride pour une troisième année de suite et tiennent à tout prix à ne pas être sortis de la patinoire et poussés hors des séries en cinq petites parties parce qu’ils n’ont pas fait le poids physiquement lors des deux dernières années.
Mieux encore, le Canadien a su profiter de l’indiscipline du Lightning qui, contrairement à ce qu’il était lors de ses grandes années, a écopé bien plus de pénalités mineures qu’il a marqué de buts.
Par le biais de Juraj Slafkovsky, trois fois, et de Lane Hutson, le Tricolore et son attaque massive ont donc marqué quatre buts en 11 supériorités numériques. Ça donne une efficacité redoutable de 36,4 %. Une efficacité qui, combiné au fait que les joueurs de Martin St-Louis n’ont donné aucun signe, ou à peu près, d’être intimidés a permis au Canadien de rivaliser d’égal à égal avec le Lightning.
Et même d’être un brin meilleur que lui.
Le Canadien est toutefois passé deuxième sur la patinoire lorsque le Lightning a décidé de jouer au hockey. De jouer au hockey pour vrai.
Anthony Cirelli et ses compagnons de trio ont continué à museler le trio de Nick Suzuki. Mais ils ont aussi ouvert la machine offensivement. Les autres trios ont suivi.
Et soudainement, le Canadien s’est retrouvé sur les talons. Soudainement, on l’a senti bien plus intimidé par la vitesse et le talent du Lightning que pas les taloches échangées après chaque coup de sifflet.
C’était perceptible en troisième période.
C’est devenu évident en prolongation alors que Lightning a pris le contrôle de la patinoire. J.J. Moser a marqué sur le neuvième tir du Lightning. Andreï Vasilevskiy, qui avait fait sa part lors des 60 minutes de temps supplémentaire – 25 arrêts sur 27 tirs – n’a fait face à aucun tir. Aucun!
Pendant les 12 min 48 s qu’a duré la prolongation, le Canadien ne faisait plus le poids. Il ne touchait plus à la rondelle… ou presque. Le vrai Lightning s’était mis en marche et le Tricolore ne tentait que de le suivre.
Avec les résultats qu’on connaît.
Meilleure période de la série
Maintenant égale, la série migre vers le Nord alors que les deux équipes se croiseront vendredi soir au Centre Bell.
Comment expliquer cette transition? Ce tremplin qui pourrait propulser le Lightning vers d’autres victoires s’il réalise qu’il a plus de chances de battre le Canadien en jouant au hockey comme il en est capable plutôt que de lui offrir des attaques massives en série?
« Je ne sais pas trop. Mais on s’est clairement dit : assez, c’est assez! », a lancé Brandon Hagel après le match.
Hagel qui est devenu le premier joueur de l’histoire du Lightning à réaliser un tour du chapeau à la Gordie Howe en séries éliminatoires. Il a marqué le premier but du match, son troisième en deux rencontres face au Canadien. Il a récolté une passe sur le but égalisateur (2-2) de Nikita Kucherov en milieu de troisième période. Il a aussi envoyé Juraj Slafkovsky « au tapis » avec une solide droite qui a fait plier les genoux du gros attaquant du Canadien en début de deuxième période.
À l’image de Gordie Howe, Hagel a été le meilleur joueur sur la patinoire mardi. Il l’avait été tout autant lors de la première partie.
« Nous savions tous en quittant le vestiaire pour amorcer la prolongation ce que nous pouvions faire. C’était notre meilleure période jusqu’ici dans la série. C’était beau à voir. Nous avons juste à nous rappeler de ça et des sensations que nous avons vécues et de les reproduire. Car ça fonctionnait à fond. On a donné une clinique en prolongation », a poursuivi Hagel qui sera l’ennemi numéro un, vendredi soir, après avoir été adulé lors de la Confrontation des quatre nations.
Gallagher et Veleno en relève?
Le dégagement refusé dont il s’est rendu coupable et la piètre couverture défensive qu’il a effectuée devant J.J. Moser qui a marqué le but de la victoire quelques secondes plus tard ont attiré l’attention sur Kirby Dach pour de bien mauvaises raisons.
Dach devrait, à mes yeux, être remplacé au sein de la formation vendredi soir.
« Kirby apporte un élément de robustesse », a ensuite plaidé l’entraîneur-chef.
Si Kirby Dach déployait autant d’énergie sur la patinoire que Martin St-Louis en déploie pour le défendre, personne n’aurait de reproches à adresser au gros ailier. Mais Dach, bien que gros et grand, est loin de se dresser devant l’adversaire. Pis encore, il est souvent pris à contre-pied et n’aide en rien ses coéquipiers à générer quelque forme d’attaque que ce soit.
Les officiels mineurs l’ont crédité de trois mises en échec mardi soir. Tant mieux! Mais il n’a pas décoché le moindre tir en direction du filet et les deux seules autres statistiques associées à son nom sont : un revirement et un différentiel de moins-1.
Brendan Gallagher, qui avait un regard de feu en quittant le vestiaire du Canadien après la défaite de mardi, serait en mesure de beaucoup plus aider son équipe que Kirby Dach. Du moins à mes yeux. Le vieux Gallagher l’a d’ailleurs prouvé lorsque St-Louis lui a donné l’occasion de reprendre sa place au sein de la formation, à Philadelphie, lors du dernier match. Il avait été impliqué, combatif et avait marqué un but et ajouté une passe.
Joe Velano, qui a disputé plusieurs bons matchs en fin de saison, pourrait lui aussi aider la cause du Canadien. En relève à Alexandre Texier? À Oliver Kapanen?
Peu importe!
Cela dit, peu importe les changements que Martin St-Louis effectuera, ou non, le Canadien a grandement besoin de l’éveil de son premier trio. À forces égales, on s’entend.
St-Louis profitera du privilège d’effectuer le dernier changement lors des matchs trois et quatre. Ça lui permettra, s’il le désire – je suis convaincu que ça ferait l’affaire de Suzuki, Caufield et Slafkovsky – de soutirer son premier trio des griffes du trio d’Anthony Cirelli.
Le premier trio pourrait toutefois être confronté à celui de Yanni Gourde. Qui est tout aussi efficace en défensive...
Une première pour Sabourin
Parlant de Yanni Gourde, après avoir mis le feu aux poudres à plusieurs occasions lors des deux premiers matchs, le fougueux joueur de centre a lui aussi joué davantage au hockey qu’aux bras en fin de troisième période et en prolongation.
Il a d’ailleurs frappé à la porte à deux occasions avant que J.J. Moser ne scelle l’issue de la deuxième rencontre.
« Si on joue de la bonne façon, on va avoir des chances », a lancé le Québécois avec un sourire au visage.
Gourde a joué du coude avec Josh Anderson et même Arber Xhekaj. Deux très gros « clients » pour ce petit joueur reconnu pour ne reculer devant personne. Il a même effectué des gestes un peu déplacés après sa prise de bec avec Xhekaj en montant et descendant ses mains de chaque côté de son corps comme s’il voulait mettre en évidence ses muscles abdominaux. On imiter un gorille! Je vous laisse choisir.
« Je savais que vous alliez me poser une question là-dessus. Il y a beaucoup d’intensité dans la série. Et elle a monté un peu en deuxième période. Je voulais juste montrer à Xhekaj que je savais à quel point il était un homme fort... »
Le match de mardi a aussi permis à Scott Sabourin de disputer son tout premier match de séries éliminatoires en carrière dans la LNH.
Un cadeau que Jon Cooper lui a offert après une attente interminable pour cet homme fort de 33 ans qui a passé beaucoup plus de temps dans les ligues mineures que dans la LNH depuis sa sortie des rangs juniors en 2012.
Un cadeau qu’il a bien failli gâcher en écopant une pénalité en fin de troisième période.
« Ouiais! J’en ai pris une de trop. Je faisais du sang de cochon au banc des pénalités et je suis très soulagé que mes coéquipiers aient réussi à me sauver le derrière. Mais je suis très heureux et fier de ce que j’ai apporté lors de ce premier match », a indiqué le natif d’Orléans, une banlieue francophone d’Ottawa.
Dès sa première présence, Sabourin a escrimé Josh Anderson au cercle des mises en jeu.
« Je savais ce que mon “ coach ” attendait de moi. Et je me suis assuré qu’il sache que personne dans notre équipe n’acceptait le geste qu’il a commis aux dépens de Charle-Edouard D’Astous. Je crois être resté du bon côté de la ligne lors du match... à l’exception de la pénalité en fin de partie. J’aurais pu m’en vouloir énormément. Mais je m’en suis sauvé », a défilé Sabourin qui est venu rencontrer les journalistes avant de rentrer à la maison avec son souper d’après match à la main.
Si Scott Sabourin est ramené au sein de la formation vendredi, Jon Cooper devrait malgré tout y penser à deux fois avant de l’envoyer sur la patinoire en fin de troisième, avec un score égal...











