Aucune équipe n’aime voir son gardien être culbuté sans retenue par un rival dans son filet.
Évidemment.
En séries, quand les émotions sont plus que jamais à leur paroxysme, il peut être tentant d’être aussi implacable dans sa réplique. Encore plus pour une jeune équipe.
Quand les joueurs des Canadiens ont vu l’attaquant des Sabres de Buffalo Beck Malenstyn foncer dans Jakub Dobes sans même songer à appliquer les freins, il aurait été facile, voire naturel, pour eux de pendre la carte.
Ils ont plutôt opté pour une saine gestion de leurs émotions. Après que Zachary Bolduc ait défendu son gardien, l’équipe a fait payer les Sabres lors de l’avantage numérique qui a suivi, en route vers un gain sans appel de 6-2 leur donnant les devants 2-1 dans cette série demi-finale de l’Association de l’Est.
À la grande satisfaction de leur entraîneur-chef Martin St-Louis.
« Il faut que tu calcules comment tu vas répondre à ces incidents et il faut que tu comprennes ce qu’il y a sur le tableau [indicateur] en haut ; le temps qu’il reste, c’est quoi le score...
« Il y a bien des moments où parfois il faut que tu prennes des notes et que tu aies la mémoire longue. Ça dépend où on en est dans le match et la gravité de l’incident, mais il faut que tu sois calculé. »
Une philosophie qui visiblement, a fait son chemin dans le vestiaire.
« C’est une force de notre équipe de pouvoir jouer de plusieurs façons. On peut jouer, peu importe ce qui nous est présenté », confirme l’attaquant Alex Newhook.
« Nous avons fait du bon travail pour contrôler nos émotions. Une pénalité peut décider de l’issue du match et ne pas en prendre est vraiment important à ce temps-ci de l’année », a poursuivi le vétéran.
Le parcours éliminatoire surprise du printemps dernier, où le jeu rude et physique a joué à son désavantage dans son élimination au premier tour par les Capitals de Washington, sert aujourd’hui au Tricolore, estime par ailleurs le défenseur Alexandre Carrier.
« On a eu des matchs qui étaient physiques et émotionnels, surtout au Centre Bell avec la foule. Quand tu apprends de ça, tu restes en contrôle un peu plus. Nous n’avons pas peur, on ne déteste pas ça, mais je pense que c’est important de rester en contrôle. »
Les Canadiens auront maintenant l’opportunité de se placer encore plus aux commandes, mardi soir au Centre Bell, alors qu’ils pourront prendre les devants 3-1 dans la série.




