MONTRÉAL – Loin de se laisser déstabiliser par le spectre d’un douzième revers consécutif au domicile des Maple Leafs, le Canadien a pris les moyens pour stopper cette disette qui devenait un brin gênante.
Vrai que le Tricolore a eu besoin de buts consécutifs marqués par Cole Caufield et Alexandre Texier pour sceller l’issue du match en séance de tirs de barrage.
Mais cette victoire, c’est après les 60 minutes de temps réglementaire que Martin St-Louis et ses joueurs auraient dû la célébrer. Car au fil de ces 60 minutes, le Canadien a été bien meilleur, bien plus efficace, bien plus structuré, bien plus « à la tâche » comme le souligne souvent son entraîneur-chef que ses adversaires.
Et contrairement au 22 novembre dernier alors que les Leafs n’avaient même pas fait acte de présence au Centre Bell pour offrir au Canadien une victoire facile, Auston Matthews et ses coéquipiers ont joué samedi soir devant leurs partisans. Mais le Canadien a joué beaucoup mieux.
Pourquoi alors le match s’est rendu en tirs de barrage?
À cause de Dennis Hildeby.
Son nom ne vous dit rien ou pas grand-chose? C’est normal. Choix de 4e ronde en 2022, ce gardien suédois devrait défendre la cage des Marlies et non des Leafs. Mais comme Anthony Stolarz et Joseph Woll sont blessés, les Leafs n’ont pas le choix. Ils doivent s’en remettre à ce gardien bien plus reconnu par sa stature de 6 pi 7 po que par les faits saillants accumulés au fil de ses 14 premiers matchs en carrière dans la LNH.
Hildeby a toutefois moussé sa récolte de faits saillants samedi soir. Dans un match tout à l’avantage du Canadien, surtout lors des deux premières périodes, il a réalisé cinq, six, voire sept arrêts qui ont empêché le Canadien de filer vers une victoire facile.
Contre Bolduc en échappée, contre Demidov, Texier, Anderson, Suzuki deux fois, Slafkovsky et Matheson, Hildeby a changé le cours du match.
Comme les joueurs de soutien des Leafs qui ont été bien meilleurs et plus efficaces que les vedettes.
Bon! Auston Matthews (14-6) et John Tavares (12-8) ont dominé aux cercles des mises en jeu. Mais une fois avec la rondelle, ils n’ont pas été à la hauteur de leur réputation.
Structurée et étanche
Il faut dire que le Canadien s’est beaucoup mieux défendu qu’il ne l’avait fait contre les Sénateurs venus d’Ottawa et les Jets venus de Winnipeg plus tôt cette semaine.
Avec une défensive plus structurée et plus étanche, il n’a pas permis aux Leafs de s’installer dans sa zone et d’en prendre le contrôle comme cela arrive trop souvent quand le Canadien se défend mal.
Les spécialistes du désavantage numérique ont aussi été solides, limitant les Leafs à un tir en 5 minutes 11 secondes d’attaque massive.
À l’autre bout de la patinoire, le Canadien a connu de longues séquences en zone ennemie en plus d’être incisif dans ses relances, ce qui lui a permis de mettre le jeune gardien des Leafs à l’épreuve si souvent.
Deux exceptions :
Le Canadien s’est fait prendre à contrepieds lors de sa quatrième attaque massive et Scott Laughton en a profité pour niveler les chances 1-1 en milieu de troisième. Ce but, le premier accordé par le Canadien cette saison alors qu’il est en supériorité numérique, a fait contrepoids à celui marqué en milieu de période médiane lors de sa deuxième attaque à cinq.
En prolongation, les Leafs ont contrôlé la rondelle pendant les 120 premières secondes avant que Lane Hutson et ses coéquipiers puissent orchestrer des attaques. Et encore, c’est Hildeby qui a eu le dernier mot. Particulièrement aux dépens de Slafkovsky et Matheson qui auraient facilement pu donner la victoire au Tricolore.
Parlant de Matheson, il a frappé à la porte du but des Leafs à quelques reprises et aurait pu donner la victoire au Canadien en prolongation. Mais avec sa vitesse, son sens d’anticipation et l’utilisation agile et précise de son bâton, il a aussi grandement aidé la cause de son gardien.
Joueur le plus utilisé samedi soir – 33 présences totalisant 26 minutes 57 secondes d’utilisation – Matheson a une fois encore été un pilier pour son équipe. Il aurait grandement mérité une place au sein des trois étoiles.
La magie des tirs de barrage
Dennis Hildeby a été le meilleur joueur des Leafs. Et de loin. Mais une fois en tirs de barrage, il est devenu plus vulnérable. À moins que ce ne soient Cole Caufield et Alexandre Texier qui sont soudainement devenus trop forts pour lui.
Il faut dire que les deux joueurs du Tricolore ont marqué des buts magnifiques. Caufield, avec un tir vif dans la lucarne au-dessus de l’épaule droite du gardien a marqué son troisième but en quatre tentatives cette saison en fusillade.
C’est énorme!
Le petit Cole est rendu à 14 buts (dont trois décisifs) en 30 tentatives, ce qui lui donne un pourcentage de réussite de 46,7 %.
Alexandre Texier devra encore patienter avant de marquer son premier vrai but avec le Canadien. Mais il a mystifié le gardien des Leafs et donné raison à Martin St-Louis de l’avoir envoyé au deuxième tour alors qu’il a glissé la rondelle entre les jambes du gardien des Leafs d’une main et du revers en prime.
De la magie… qui lui a valu un premier but décisif avec le Tricolore.
Texier est un en deux avec le Canadien. Il affiche une efficacité en carrière de 62,5 % grâce à ses cinq buts enfilés en huit tentatives.
Dobes : pourquoi pas trois?
Moins occupé que son vis-à-vis en quantité de tirs et qualité d’occasions à ses dépens, Jakub Dobes a disputé un fort match lui aussi.
Il ne pouvait rien sur le but égalisateur. En prime, il a eu son mot à dire pour éviter au Canadien l’injustice d’un revers en temps réglementaire alors qu’il a utilisé son masque pour réaliser un arrêt qui a privé Joshua Dakota d’un but qui aurait pu sceller l’issue du match en fin de troisième.
En prolongation, Dobes s’est dressé devant William Nylander. En tirs de barrage, il a bloqué Nylander pour la sixième fois du match, il a été déjoué par Auston Matthews et a confirmé sa victoire en stoppant John Tavares qui devait marquer pour prolonger la séance de tirs de barrage.
Dobes vient de signer deux victoires de suite. Deux gains en tirs de barrage. Mieux encore, il a offert le genre de performance qui mousse la confiance de ses coéquipiers.
Le genre de performance qui pourrait justifier un troisième départ de suite alors que les Blues de St. Louis seront au Centre Bell dimanche soir.
Je sais! Les équipes ne donnent plus, ou très rarement, des départs consécutifs au même gardien en situation de deux matchs en 48 heures. Mais les Blues jouaient hier soir. Ils ont mis autant de temps pour faire le voyage d’Ottawa que le Canadien en a mis pour rentrer de Toronto.
Dobes ne s’est pas couché tard. Il pourra se reposer toute la journée avant de se présenter au Centre Bell. Me semble que cela pourrait justifier un troisième départ de suite…
Mais bon! Ce n’est pas moi qui décide. Et c’est très bien ainsi.
Je mets le cap sur Colorado Springs alors que Gary Bettman et les gouverneurs des 32 équipes de la LNH se rencontreront au bas des Rocheuses américaines lundi et mardi. C’est donc de là-bas que je suivrai les deux prochains matchs du Canadien et reconnecterai avec vous pour vous faire des bilans des discussions.
Il y a encore des réponses à obtenir sur les droits de diffusion des matchs du Canadien, les Jeux olympiques, la prochaine expansion et sur bien d’autres sujets.
À suivre…






