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Calder : Demidov dans l’ombre de Schaefer

Publié le 

MONTRÉAL - Ivan Demidov est l’attaquant recrue le plus flamboyant de la LNH. Le plus rapide. Le plus spectaculaire.

Si les projections qui font de lui le plus bel espoir offensif du Canadien depuis un certain Guy Lafleur s’avèrent, Demidov méritera pleinement un jour le titre de demi-dieu dont plusieurs partisans l’auréolent déjà.

Beckett Sennecke qui a inscrit six buts de plus (18 contre 12) et qui n’accuse qu’un recul de deux points derrière Demidov est excellent lui aussi. Ceux et celles qui « veillent » tard et qui regardent les matchs des Ducks avant de trouver le sommeil seront à même d’en témoigner.

L’ailier droit de 20 ans que les Ducks ont préféré à Demidov – Sennecke a été sélectionné au troisième rang alors que le Canadien a sélectionné le jeune russe deux rangs plus tard – a d’ailleurs été jusqu’ici plus efficace à égalité numérique que la jeune sensation du Tricolore. Sennecke a marqué 16 de ses 18 buts et récolté 35 de ses 44 points à forces égales. Demidov a marqué trois de ses 12 buts et récolté 12 de ses 46 points en avantage numérique.

Mais peu importe ces statistiques et sans rien enlever au talent de Sennecke, Demidov a une longueur d’avance dans la course au trophée Calder.

Du moins à mes yeux.

L’ennui pour Demidov, et il est de taille, c’est que bien qu’il soit devant Sennecke, il est néanmoins derrière Matthew Schaefer. Il est même dans l’ombre de l’as défenseur des Islanders de New York qui, à moins d’une blessure ou d’un renversement de situation improbable, semble avoir déjà les mains sur le trophée Calder et le titre de recrue de l’année.

Schaefer profite d’une attention médiatique et populaire depuis sa sélection à titre de tout premier choix du dernier repêchage. L’image de l’adolescent de 17 ans embrassant le ruban rose symbolisant la lutte au cancer du sein auréolé des initiales (JS) de sa mère Jennifer décédée cinq mois plus tôt a fait le tour de la planète hockey. De la planète tout court.

Mais ça ne s’arrête pas là. Vraiment pas!

Depuis qu’il a donné ses premiers coups de patin dans l’uniforme des Islanders, Matthew Schaefer offre des performances qui dépassent largement les projections les plus optimistes à son endroit.

Utilisé avec prudence par Patrick Roy en début de saison, Schaefer est maintenant le pilier de sa brigade défensive. Le pilier de l’équipe point.

Schaefer est troisième marqueur de son équipe derrière Mathew Barzal et Bo Horvat. Ses 16 buts et 39 points, le placent 12 buts et 15 points devant Tony DeAngelo, deuxième marqueur chez les arrières des Islanders.

Schaefer joue beaucoup. À forces égales, en attaque massive, en désavantage numérique. Il passe 24 min 5 s en moyenne par match sur la patinoire. C’est le plus haut total de son équipe. C’est 3 min 2 s de plus que son plus proche coéquipier, le vétéran défenseur Ryan Pulock.

Tout ça à 18 ans!

Les performances de Matthew Schaefer sont telles qu’il pourrait obtenir des votes dans la course au trophée Norris à titre de meilleur défenseur de la LNH. Rien de moins!

À l’image de l’an dernier alors que Lane Hutson a été au coude à coude avec le gardien Dustin Wolf des Flames de Calgary avant de se distancer dans les dernières semaines de la saison, un gardien pourrait terminer deuxième encore cette année.

Les partisans du Canadien et de Demidov seront peut-être en désaccord – sûrement même – mais Jesper Wallstedt pourrait certainement se glisser entre Schaefer et Demidov dans la course au Calder.

À mes yeux, il occupe d’ailleurs cette deuxième place en ce moment tant ses performances devant la cage du Wild du Minnesota – 14-5-4 en 23 départs, 2,72 buts accordés par match, 91,4 % d’efficacité – sont impressionnantes.

Un bémol : à 23 ans, Wallstedt pourrait être considéré comme trop vieux par certains pour obtenir une place au sein du top-3. Une observation qui tient la route. Mais ce choix de première ronde (20e sélection) en 2021, a dû patienter dans les mineures avant que l’éternel gamin Marc-André Fleury décide de quitter son poste et de lui faire une place. Difficile de pénaliser Wallstedt pour son entrée tardive dans la LNH.

Vient ensuite Sennecke.

La lutte pour la cinquième place est vive. Elle oppose Oliver Kapanen, Ryan Leonard, Fraser Minten pour ne nommer qu’eux. S’il devait obtenir la grande majorité des derniers matchs de la saison du Canadien et les gagner sur une base régulière, Jakub Dobes pourrait aussi s’immiscer dans cette course.

J’ai toutefois encore un faible à l’endroit du défenseur Alexander Nikishin qui a pris les bouchées doubles en début de saison en raison des blessures qui ont miné la brigade défensive des Hurricanes en Caroline.

Ma sélection à la pause olympique va donc comme suit :

Trophée Calder

  1.  Matthew Schaefer
  2.  Jesper Wallstedt
  3.  Ivan Demidov
  4.  Beckett Sennecke
  5.  Alexander Nikishin

Vézina : le retour de Vasilevskiy

Le trophée Vézina est remis au gardien de l’année dans la LNH par les 32 directeurs généraux et non par les journalistes qui suivent au quotidien les activités de leurs formations.

Pas question de se priver du «plaisir» d’y aller de quelques prédictions… même si les d.-g. pourront les balayer du revers de la main.

Une chose est acquise, les gardiens du Canadien ne sont pas dans la course cette saison.

Autre chose qui me semble acquise, si le Lightning de Tampa Bay maintient sa cadence des dernières semaines (19 victoires, un revers en temps réglementaire et un autre en tirs de barrage) et qu’Andreï Vasilevskiy contribue aux succès des «Bolts» après la pause olympique comme il le faisait avant, le gardien russe soulèvera le trophée Vézina pour la deuxième fois de sa carrière (2019).

Avec 27 victoires en 37 départs, une moyenne de 2,11 buts alloués par match et une efficacité de 92 %, tout ça en dépit du fait que le Lightning a été décimé par les blessures cette saison, Vasilevskiy me semble confortablement installé en première place.

Trophée Vézina

  1.  Andreï Vasilevskiy
  2.  Brandon Bussi
  3.  Logan Thompson
  4.  MacKenzie Blackwood
  5.  Ilya Sorokin

Oui, Brandon Bussi mérite, selon moi, la deuxième place pour l’instant.

À 27 ans, le gardien américain vient d’atteindre la LNH. Un exploit qui pourrait lui valoir le trophée Bill Masterton à titre de joueur ayant affiché le plus de persévérance si, bien sûr, les collègues de la Caroline le sélectionnent comme candidat des Hurricanes.

Dans la course au Vézina, le fait qu’il ait gagné 23 des 27 matchs qu’il a amorcés en maintenant une moyenne de 2,16 buts alloués par partie et une efficacité de 90,8 % m’incite à croire que les directeurs généraux le récompenseront. S’il maintient son rythme infernal, bien sûr.

Logan Thompson n’affiche pas des statistiques flamboyantes avec ses 19 victoires en 39 départs. Mais sans lui, les Caps n’auraient jamais connu le bon début de saison qu’ils ont connu (18-9-3 après 30 matchs) avant de connaître une glissade (11-14-4). Thompson a raté quatre rencontres en raison d’une blessure lors de cette séquence plus difficile. Il a toutefois signé une victoire de 4-2 aux dépens des Predators de Nashville avant de mettre le cap sur Milan où il pourrait être le gardien numéro un de la formation canadienne.

Mackenzie Blackwood, comme ses coéquipiers, a connu une soirée de misère lorsque l’Avalanche a fait escale au Centre Bell (victoire de 7-3 du Canadien) le 29 janvier dernier. Mais avec 16 victoires en 21 départs – il a raté le début de la saison en raison d’une blessure – une moyenne de 2,25 buts alloués par match et une efficacité de 91,6 %, il est bien meilleur que ce qu’il a démontré lors de sa dernière visite à Montréal.

Je préfère, du moins à la pause olympique, Ilya Sorokin à Karel Vejmelka, Jake Oettinger, Jeremy Swayman et aux autres gardiens qui tendent de se hisser dans le top-5 de la course au trophée Vézina.

Cooper ou Quenneville?

La course au titre d’entraîneur-chef de l’année est intéressante encore cette année.

Cela dit, il me semble que mes collègues descripteurs et analystes doivent corriger une injustice cette année.

Ils doivent auréoler Jon Cooper d’un premier trophée Jack Adams en carrière. Il est difficile à comprendre qu’il n’ait jamais eu le privilège de soulever ce trophée. Ceux et celles qui soutiennent qu’il a toujours profité d’un club «paqueté» devront se rendre à l’évidence cette année. Malgré des blessures qui l’ont privé, et le privent encore, de plusieurs de ses meilleurs joueurs, Cooper trouve le moyen de guider son équipe vers la victoire.

S’il ajoute une médaille d’or – je sais que ça ne compte pas, mais bon… – à ses coupes Stanley et à son titre à la Confrontation des 4 nations, il serait absurde que le Jack Adams soit le seul honneur à encore lui échapper.

Derrière Cooper, Joel Quenneville prouve à son retour dans la LNH avec les Ducks d’Anaheim, qu’il est, en dépit sa terrible erreur de gestion avec les Blackhawks de Chicago, un des meilleurs entraîneurs-chefs de l’histoire de la LNH.

Marco Sturm (Boston) et Dan Muse (Pittsburgh) font des miracles à leur première saison à titre d’entraîneurs-chefs dans la LNH.

Martin St-Louis guide le Canadien vers de nouveaux sommets. En dépit une équipe très jeune et des gardiens qui sont loin d’avoir toujours aidé la cause de leur équipe.

Bien hâte de voir les résultats de cette course. Ma sélection jusqu’ici en 2025-2026 :

Trophée Jack Adams

  1.  Jon Cooper
  2.  Joel Quenneville
  3.  Martin St-Louis
  4.  Dan Muse
  5.  Marco Sturm