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La fenêtre est grande ouverte

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MONTRÉAL – Même s’ils venaient de passer les six dernières heures à serpenter les allées du Club de golf Laval sur Lac avec plus ou moins de succès, même si le soleil commençait à plonger vers l’horizon et que le mercure plongeait lui aussi, les petits gars avaient encore le goût de s’amuser.

Après tout, c’était la première fois depuis leur ascension vers la coupe Stanley, le printemps dernier, qu’ils étaient tous réunis.

Avec la bénédiction de leur capitaine Nick Suzuki, ils étaient donc réunis à l’extrémité du parcours Bleu — le plus éloigné du chalet — pour lancer et relever des défis à savoir qui frapperait la balle le plus loin, qui la frapperait le plus droit, qui la frapperait le plus prêt du trou.

Ils étaient tous là : les bons golfeurs, les moins bons, les pas bons du tout et même ceux qui ne connaissaient rien de rien à ce sport qui est aussi une forme d’art ou qui s’en fichaient éperdument.

Leur plaisir sautait aux yeux. Leur plaisir remplissait aussi les oreilles alors que les cris de joie des uns et ceux de désespoir des autres mitraillaient le calme habituel d’un terrain de golf à cette heure tardive.

C’était moins plaisant pour les centaines de golfeurs/partisans qui avaient dépensé des dizaines de milliers de dollars pour avoir la chance de les croiser sur la terrasse et de leur poser quelques questions autour d’un verre de vin ou d’une Molson froide. Bon! Ces partisans fortunés étaient là, d’abord et avant tout, pour renflouer les coffres de la Fondation des Canadiens pour l’enfance. Mais l’idée de parler à Suzuki ou Caufield, celle de voir Hutson en personne pour s’assurer qu’il n’est pas aussi petit qu’on l’imagine quand il sillonne la patinoire, celle de serrer la main à Slafkovsky ou de constater de visu si Dobes est aussi lunatique qu’il le prétend – et que ses coéquipiers l’assurent – attisaient bien sûr leur grande générosité.

Un groupe vraiment tissé serré

S’ils n’avaient pas été rappelés à l’ordre par des membres de l’organisation et sommés de rentrer illico au chalet pour remplir leur mandat en matière de relation publique, les petits gars seraient restés sur le terrain jusqu’à la noirceur.

Et ça, c’est une très bonne nouvelle pour Martin St-Louis, pour ses patrons Kent Hughes et Jeff Gorton, pour le propriétaire du Canadien Geoff Molson, mais surtout pour les partisans du Tricolore.

Car ce plaisir affiché par les joueurs qui tenaient à prolonger, loin des regards indiscrets, leurs retrouvailles confirme le fait que Suzuki et ses coéquipiers forment un groupe vraiment tissé serré.

Et ça, c’est tout aussi important que le talent, la vitesse, la vision, la force et le courage dans les coins. Plus même. Car cette union, cette fusion pour ne pas dire cette osmose est nécessaire pour repousser les limites. Pour franchir la finale d’Association. Pour se rendre jusqu’à la coupe Stanley.

Du renfort bienvenu

Le Canadien avait besoin de renfort. C’était évident le printemps dernier. Et il en a obtenu un brin ou deux avec l’acquisition de Chris Kreider qui ira se battre dans les tranchées où s’est démené pendant tant d’années Brendan Gallagher, mais qui sera en mesure de produire davantage que « Gally » était en mesure de le faire; avec l’embauche de Derek Lalonde qui apportera plus d’expérience derrière le banc et permettra – peut-être – à Martin St-Louis d’ajouter des munitions à son arsenal.

Kreider sera-t-il le partenaire de Demidov? Au 5 à 7, Patrick Friolet discute de la signature de contrat d'Arber Xhekaj et de l'utilisation de Chris Kreider avec les Canadiens.

Comme prévu, Arber Xhekaj rejoindra ses coéquipiers maintenant qu’il a obtenu son contrat. Peut-être pas celui qu’il souhaitait… et que ses nombreux partisans le souhaitaient également. Mais il aura la saison pour prouver qu’il n’est pas seulement capable de jeter les gants, mais qu’il peut aussi aider ses coéquipiers en matière de hockey.

Alex Newhook a obtenu une prolongation de contrat qui maintiendra l’excellence de la gestion de Kent Hughes si l’attaquant donne au Tricolore cette saison et les quatre qui suivront du hockey à l’image de celui qu’il a offert en séries éliminatoires le printemps dernier.

Et il reste très envisageable que la direction puisse ajouter du renfort si l’occasion se présente.

Mais le fait qu’il ait été nécessaire d’aller chercher les joueurs du Canadien et de leur taper sur les doigts ou leur frotter les oreilles parce qu’ils étaient plus occupés à renouer entre eux et à accueillir Chris Kreider comme il se doit plutôt que de respecter les consignes est un signe évident que l’enthousiasme qui a contribué aux succès du Canadien le printemps dernier est toujours bien présent.

Qu’il est loin de s’être étiolé!

Et ça, c’est crucial, car la fenêtre d’opportunité du Canadien est maintenant bien ouverte. J’oserais même avancer qu’elle est grande ouverte.

Le Tricolore qui saute sur la patinoire ce matin pour lancer son camp d’entraînement n’est plus seulement une équipe qui peut viser les séries. C’est un club qui doit accéder aux séries. Un club qui doit être considéré parmi les meilleurs de sa division, les meilleurs de son association, les meilleurs de la LNH au grand complet.

Eh non! Ce n’est pas trop demander.

Bon! Il faudra que Martin St-Louis maintienne sa progression derrière le banc. Que ses leaders maintiennent leur cadence et leur production, que les jeunes et les tout jeunes maintiennent leur développement et qu’ils demeurent tous les plus en santé possible. Car si le Canadien perd Nick Suzuki comme les Panthers ont perdu Sacha Barkov l’an dernier, les projections les plus optimistes seront aussitôt balayées du revers de la main.

Une autre année, une autre opportunité de progresser Au 5 à 7, Yanick et Fred discutent avec l'entraîneur des Canadiens Martin St-Louis à propos de la progression de l'équipe.

Mais avec ce que le Canadien a accompli l’an dernier, avec la solidité du noyau, avec la fusion évidente – et ça dépasse de beaucoup le plaisir constaté lundi au tournoi de golf – qui unit ce groupe, il est non seulement permis de demander une meilleure saison cette année, il est nécessaire de le faire.

Ménage à trois

Ah oui! Il faudra aussi des arrêts. Beaucoup d’arrêts.

De Dobes? De Montembeault? De Fowler?

Kent Hughes a assuré aux journalistes qui l’entouraient lundi – et donc aux partisans que ces journalistes représentent – qu’il n’y aurait pas de ménage à trois avec le Canadien cette année.

Une bonne chose de réglée… pour l’instant!

Pas question d'un ménage à trois Au 5 à 7, Bob Hartley commente la situation des gardiens de buts chez les Canadiens.

Mais qui seront les gardiens avec le grand club?

Avec tout ce qu’il a fait en deuxième moitié de saison et surtout en séries, il est clair que le poste de numéro un revient à Jakub Dobes.

Sera-t-il en mesure de le conserver?

À lui de le prouver. Et il aura le temps de le faire.

Mais si la direction du Tricolore en était convaincue, Samuel Montembeault amorcerait le camp d’entraînement avec une autre formation.

Mais en attente de cette réponse, Montembeault est là à titre de second capable de très bien remplir ce rôle. Ce qui n’a rien de déshonorant soit dit en passant. Ses détracteurs voudraient qu’il soit écarté au profit des deux autres.

Ce serait imprudent. Car une fois soumis au ballottage, Montembeault serait sans l’ombre d’un doute – c’est du moins mon avis – réclamé pour remplir ailleurs, le rôle qui l’attend avec le Tricolore cette année et peut-être pour plusieurs saisons ensuite.

Et comme la direction Gorton-Hughes nous a habitués à afficher bien davantage de prudence que de lancer les dés, on peut croire que Jacob Fowler amorcera la saison à Laval. Ce qui n’a rien de déshonorant non plus. Loin de là.

Fowler a prouvé que les partisans peuvent voir en lui un éventuel gardien numéro un… avec le Canadien. Il n’a rien de mal à ce qu’il le soit encore cette année avec son club-école.

S’il brûle la Ligue américaine et que Dobes est aussi fort cette saison qu’il ne l’a été en séries, la grande décision devra être prise l’an prochain.

D’ici là, les arrêts seront plus importants que l’identité du gardien qui les effectue.

La saison commence. Et pour la première fois depuis bien des années, les partisans peuvent l’amorcer avec confiance. Car oui! Le Canadien est un club de séries. Pas seulement un club condamné à espérer une place en séries.

Bonne saison!