MONTRÉAL – Voilà, nous y sommes presque! La prochaine saison des Canadiens de Montréal, qui nous semblait encore si lointaine il n’y a pas si longtemps, est finalement à nos portes. Dans 24 h, nous pourrons poser nos premières analyses sur le produit présenté sur la patinoire lorsque les joueurs y sauteront pour la première fois au camp d’entraînement.
D’ici là, il nous reste encore un peu de temps pour tenter de prédire ce qui nous attend pour les semaines et les mois à venir.
L’an dernier, l’appétit des partisans pour des succès a été grandement nourri par de formidables performances individuelles et un parcours inespéré en séries éliminatoires.
Cette saison, le poids des attentes sera beaucoup plus lourd à porter pour un groupe qui est demeuré largement inchangé par rapport au printemps dernier. Si le directeur général Kent Hughes a offert sensiblement les mêmes munitions à l’entraîneur-chef Martin St-Louis, il demeure que le portrait de la formation au jour 1 de la saison n’a rien de définitif.
Le RDS.ca a tenté de percer les mystères qui seront bientôt résolus sous nos yeux en vous offrant sa formation projetée pour le match d’ouverture du 29 septembre contre les Maple Leafs de Toronto.
ATTAQUE
1er trio : La formule gagnante
Cole Caufield – Nick Suzuki – Juraj Slafkovsky
Les 50 buts électrisants de Caufield. Les 100 points de Mr. Selke-Suzuki. L’éclosion vers les 30 buts de Slafkovsky. Il n’y a plus rien à ajouter sur les performances mémorables de la saison précédente.
Le 1er trio des Canadiens s’est non seulement imposé comme l’un des plus dangereux et excitants de toute la LNH, mais il s’est montré drôlement efficace dans tous les aspects du jeu. Le trio a été particulièrement dominant pour son ratio de chances créées dans la zone dangereuse.
Plus de deux ans après avoir réuni le grand, le moyen, et le petit frère ensemble pour la première fois, on peut sans aucun doute affirmer que la chimie s’est installée entre les trois complices qui ont combiné pour un total de 161 points à 5 contre 5 la saison dernière.
On peut s’attendre à ce que Martin St-Louis dynamise sa formation à l’occasion en bougeant Slafkovsky ou Caufield sur un trio avec Ivan Demidov, mais quand les enjeux seront grands, quand il sera temps de marquer un gros but ou d’étouffer l’adversaire, le trio 20-14-13 demeure la plus grande certitude de la formation à l’aube de la saison 2026-2027.
Rappelons, juste pour le plaisir, que tous les membres du triumvirat montréalais empochent moins de 8 millions de dollars par saison.

2e trio : L’énigme à résoudre
Chris Kreider - Alex Newhook – Ivan Demidov
L’arrivée de Chris Kreider a complètement changé nos prédictions, mais la place du vétéran de 35 ans dans l’échiquier paraît claire. Avec son style de jeu physique, sa capacité à compléter des jeux et son positionnement devant le filet, Kreider semble représenté un complément idéal pour Ivan Demidov sur le 2e trio.
Comme l’an dernier, le fameux poste de 2e centre de l’équipe est encore disponible au camp d’entraînement, mais les différentes combinaisons utilisées l’an dernier ont tempéré l’empressement pour trouver une solution à court terme.
Reste que la « grosse chaise » est encore libre et ça devient plus périlleux de tenter de décoder les intentions de Martin St-Louis...
Voici notre petite idée sur le sujet.
Avant l’arrivée de Kreider, on prévoyait revoir Oliver Kapanen sur le 2e trio, mais avec l’ajout d’un peu de profondeur, il semble logique que Martin St-Louis offre la chance à Alex Newhook de s’imposer dans ce rôle, lui qui vient de décrocher une prolongation de contrat de quatre saisons.
Principalement utilisé à l’aile l’an dernier, le dynamique patineur a montré toute sa valeur lors du dernier parcours en séries éliminatoires avec une récolte de sept buts en 19 matchs, dont deux mémorables buts vainqueurs lors des matchs no 7 en 1re et en 2e ronde.
L’explosivité de Newhook, la hargne et la touche de Kreider et les talents indéniables de Demidov permettent d’imaginer un vrai 2e trio qui pourra mettre les adversaires sur les talons pour appuyer la 1re unité.
Reste que le 2e trio, c’est l’affaire de Demidov.
Ceux qui sauront développer une chimie avec lui se donneront les meilleures chances de s’installer sur son trio à long terme. Ça, c’est seulement si l’entraîneur-chef ne décide pas d’envoyer son dynamo russe sur la glace avec Suzuki un peu plus régulièrement à 5 contre 5...

3e trio : Volatilité et potentiel
Zachary Bolduc – Jake Evans – Kirby Dach
On peut y aller de multiples combinaisons sur les 3e et 4e trios des Canadiens, mais une chose semble quasi-certaine. Jake Evans pilotera un trio et Phillip Danault campera l’autre.
Au cours du dernier parcours en séries de l’équipe, Evans a été employé la plupart du temps sur le 2e trio où il a pu s’illustrer offensivement avec une récolte de 10 points en 19 matchs.
Pour continuer son élan offensif, on pourrait le jumeler à Zachary Bolduc, qui vient de s’engager pour les quatre prochaines saisons avec Montréal. L’attaquant québécois pourrait bien aspirer à une saison de 20 buts et plus s’il est utilisé à son plein potentiel.
Sur la droite, on donne la place à Kirby Dach, qui amorce sa dernière chance avec les Canadiens après avoir signé une prolongation de contrat d’une saison cet été. Les difficultés du 3e choix au total en 2019 sont largement documentées depuis son arrivée à Montréal, et bien qu’un statut de joueur d’impact ne soit plus dans la mire, il a encore - peut-être? - le potentiel de s’établir comme une force sur un trio de soutien.
Si Evans représente l’élément stabilisateur, la production offensive secondaire du CH cette saison passera en partie par les succès de Bolduc et Dach.
4e trio : La bonne vieille recette
Alexandre Texier – Phillip Danault – Josh Anderson
4e trio, vraiment? Avec une combinaison Texier-Danault-Anderson, on parle vraiment ici d’une unité qui peut avoir son utilité à bien des égards.
Commençons avec le tandem Danault-Anderson, deux vétérans éprouvés qui connaissent parfaitement leur rôle. Danault doit exceller dans le cercle des mises en jeu, tout en étant l’ombre des meilleurs éléments adverses, alors qu’Anderson a le mandat de distribuer les mises en échec et embêter les défenseurs avec son échec-avant agressif.
Ajoutez à ce trio les atouts de Texier, qui est capable de ralentir le jeu, de manier la rondelle et de créer de l’espace pour ses coéquipiers.
Soyons francs, les combinaisons utilisées devraient changer régulièrement au cours des prochains mois, car Martin St-Louis compte sur plus d’options que jamais. À notre avis, pour le 1er match de la saison, il s’agit de la formation la plus versatile et fiable qui pourrait être composée.
Sur la passerelle : En attendant des renforts
Oliver Kapanen, Florian Xhekaj
Comme le dirait notre estimé collègue Yvan Ponton à la description d’un match de tennis, « ça coince »...
Cet été, Kent Hughes a été particulièrement silencieux sur le marché des joueurs autonomes, mais l’arrivée de Kreider vient offrir une superbe option pour ajouter de la profondeur.
Alors qu’on le voyait initialement piloter le 2e trio, Oliver Kapanen devient l’homme de trop dans la recette offensive. Auteur de 22 buts en 82 matchs l’an dernier, Kapanen a été très effacé en séries éliminatoires où il a été blanchi de la feuille de pointage en sept rencontres. À seulement 23 ans, l’état-major des Canadiens n’a certainement pas jeté l’éponge avec Kapanen, qui devrait avoir sa part d’occasions de briller quand il en aura l’occasion.
L’attaquant Brett Berard, 24 ans, mis sous contrat cet été, compte une expérience de 48 matchs dans la LNH, mais l’autre favori pour un rôle de soutien demeure Florian Xhekaj.
Offensivement, Xhekaj n’a rien cassé l’an dernier avec le Rocket, mais sa capacité à se mettre le nez dans le trafic et d’apporter une plus-value au niveau du jeu physique pourrait lui permettre de s’insérer sur un 4e trio quand le besoin se présente.
Âgé de 22 ans comme Xhekaj, Owen Beck aura aussi ses chances d’impressionner au camp d’entraînement après avoir été utilisé sporadiquement dans la LNH au cours des deux dernières saisons.

DÉFENSE
1re paire : Le « Bachelor » trouve sa douce moitié
Lane Hutson - Noah Dobson
À sa deuxième saison dans la LNH, Lane Hutson a continué son incroyable ascension. 82 matchs disputés, 12 buts, 78 points et un différentiel de +36, avant d’ajouter 16 points lors du parcours éliminatoire de l’équipe.
Tout ça, Hutson l’a accompli en jouant avec tous les autres défenseurs de la formation.
Comme tout grand défenseur, Hutson aspire à trouver un partenaire avec qui il pourra continuer de progresser au cours des prochaines années. On l’a vu à gauche, à droite, avec Guhle, Carrier, Struble, Dobson et cie. En 2026-2027, on souhaite à Hutson de trouver son âme soeur défensive.
Le « match parfait », pour nous, c’est Noah Dobson.
Le grand arrière de 26 ans sera, à l’image de Hutson, une partie intégrante des succès ou des échecs de l’équipe au cours des prochaines années. Le fait qu’il soit droitier permet à Hutson d’aller évoluer de son côté naturel, sur la gauche. Les deux défenseurs possèdent une indéniable touche offensive, tout en offrant une solide option défensive grâce à leur positionnement, leur anticipation et la qualité de leur bâton. Le seul bémol provient de leur capacité à nettoyer le devant du filet, ce qui a cruellement fait défaut au groupe de défenseurs de l’équipe au cours de la dernière saison.
2e paire : Pépère, posé
Mike Matheson – Alexandre Carrier
Sur la deuxième paire, on opte pour la tandem tout québécois de Matheson et Carrier. Ils sont deux vétérans fiables, capables d’affronter les meilleurs éléments adverses, tout en offrant d’honnêtes options pour dynamiser le jeu en zone offensive.
L’an dernier, Matheson a sécurisé son avenir à Montréal en signant un contrat de cinq ans au mois de novembre.
Cette saison, l’état-major des Canadiens pourrait bien être tenté de faire de même avec Carrier, qui deviendra joueur autonome au terme de la présente saison.
Depuis son arrivée à Montréal, Carrier s’est fait grandement apprécier par sa constance et son ardeur au travail. Une prolongation de contrat à un prix raisonnable ferait probablement plaisir aux partisans montréalais, mais idéalement, on le verrait évoluer sur une 3e paire de défenseurs au sein d’une équipe prétendante au titre. D’ailleurs, c’est peut-être ce qui l’attend, car les joueurs qui seront nommés plus bas sont plus jeunes et très affamés pour du temps de jeu.
3e paire : Vers l’infini et plus loin encore
Kaiden Guhle - David Reinbacher
Jusqu’à présent, notre formation projetée n’a rien de choquante et nos choix nous apparaissent logiques. Mais allons-y, il faut se mouiller! David Reinbacher va disputer le match d’ouverture cette année.
Évidemment, tout dépendra des prochaines semaines, où Reinbacher sera probablement le joueur le plus épié et sur analysé du camp d’entraînement. La beauté de la situation pour le défenseur autrichien, c’est qu’il n’a pas une place à perdre, mais il a tout à gagner.
Alors que l’organisation montréalaise continue sa montée en puissance, l’état-major du Tricolore voudra rapidement savoir ce que l’Autrichien a dans le ventre.
Après tout, Arber Xhekaj et Jayden Struble ont rendu de fiers services à l’organisation et ils ont très bien paru à des moments importants l’an dernier, mais Reinbacher a un potentiel encore inexploré et on tarde à découvrir la place qu’il prendra dans l’échiquier pour l’avenir.
En le jumelant à un jeune vétéran en pleine progression comme Kaiden Guhle, l’Autrichien pourrait obtenir une belle occasion de justifier pourquoi on a investi un 5e choix au total pour faire son acquisition.
Sur la passerelle : Ça se bouscule aux portes
Arber Xhekaj – Jayden Struble
Odeur de scandale?
Le favori des partisans, Xhekaj, pourrait-il vraiment se retrouver en complet dans les hauteurs du Scotiabank Arena le 29 septembre à Toronto avec son ami/rival Jayden Struble, qui a été si fiable l’an dernier dans le dernier droit?
Si Reinbacher a tout à gagner, les deux défenseurs semblent avoir tout à perdre.
Pour les Canadiens, c’est tout un luxe de pouvoir compter sur deux défenseurs de 25 ans, qui possèdent de l’expérience et une propension pour le jeu physique.
Pour les deux joueurs en question, c’est un peu imprévisible. Après avoir signé un contrat d’une saison à 24 heures de l’ouverture du camp d’entraînement, Xhekaj sera joueur autonome avec compensation après la saison, tout comme Struble. À long terme, il est difficile d’imager les deux joueurs atteindre leur plein potentiel si la cohabitation se poursuit encore longtemps.
Reste qu’avec une telle profondeur, si on ajoute l’équation Adam Engström, on peut s’attendre à ce que Martin St-Louis joue beaucoup avec ses combinaisons en défense selon l’adversaire du jour et les besoins spécifiques de la formation à certains moments de la saison.
GARDIENS
Au diable le ménage à trois!
Jakub Dobes
Samuel Montembeault
Voici notre vision du monde idéal.
Jakub Dobes, qui amorcera sa première saison comme gardien numéro un, reste aussi bon - sinon plus - que l’an dernier.
À 25 ans, le gardien tchèque a encore un potentiel d’évolution intéressant. Techniquement, il n’est pas parfait, loin de là. Mais il a prouvé qu’il peut performer quand le moment est grand.
On doutait de lui en 2024-2025 quand il a été appelé à remplacer Cayden Primeau qui ne faisait pas le travail. Il a fait mentir les sceptiques.
On doutait de lui en 2025-2026 quand il a été appelé à prendre le relais de Samuel Montembeault qui connaissait des difficultés. Il a fait mentir les sceptiques.
On doutait de lui quand il a été appelé à porter le destin de l’équipe en séries éliminatoires . Il a de nouveau fait mentir les sceptiques, en amorçant la totalité des 19 matchs au printemps dernier.
Pour Samuel Montembeault, on souhaite un retour à la normale. Ses performances lors des matchs préparatoires seront déterminantes pour son avenir, autant avec le Canadien que dans la LNH.
S’il peut faire taire les doutes et retrouver son aplomb, Montembeault a un beau profil pour seconder Dobes dans une saison de 84 matchs.
Dans notre monde idéal, le prometteur Jacob Fowler continue de faire ses classes dans la LAH pour une autre saison. Avec Dobes aux commandes, rien ne presse pour Fowler. À seulement 21 ans, l’Américain aura l’occasion d’être l’homme de confiance du Rocket de Laval où il gagnera en confiance et en expérience.
Clairement, Fowler est assez bon pour la LNH, mais ce serait un beau luxe de le laisser se développer à Laval si le duo à Montréal prouve qu’il peut faire le travail.




