BROSSARD – « Je suis un joueur de troisième ou quatrième trio et j’en suis bien heureux. Ce sont les joueurs qui font les choses amusantes sur la patinoire », a lancé l’imposant Tyler Thorpe au camp des recrues des Canadiens de Montréal.
Son sourire voulait tout dire, il faisait référence aux mises en échec, aux mêlées et aux bagarres.
Ainsi, pour tous les partisans et anciens joueurs du Tricolore qui ont réclamé davantage de jeu physique, Thorpe (six pieds cinq pouces et 230 livres) a levé la main en vue des prochaines saisons.
Ces jours-ci, pendant ce camp au Complexe sportif CN, Thorpe a justement le privilège de côtoyer Josh Anderson.
« On s’est croisés et on a discuté quelques fois. Il aime ma manière de jouer et, évidemment, j’adore son style », a lancé Thorpe qui était emballé du compliment reçu par l’ailier du CH.
Thorpe aurait été mal placé pour trouver d’autres exemples, mais il a évidemment identifié Anderson et Tom Wilson parmi ses plus grandes inspirations.
« Je les observe depuis si longtemps. Ils ont du plaisir sur la patinoire, ils renversent des adversaires, ils jouent un style imposant. Je ne veux pas devenir exactement comme eux, mais je veux afficher de tels outils dans mon jeu », a exposé Thorpe qui a été repêché en cinquième ronde par Montréal en 2024.
Sans surprise, Thorpe avait de la misère à contenir ses émotions quand Anderson et Wilson ont été impliqués dans une échauffourée qui s’est poursuivie sur le banc des Capitals de Washington en séries.
« Vous auriez dû me voir, j’étais debout sur mon divan, j’adorais ça. »
— Tyler Thorpe
Depuis quelques jours, Daniel Jacob, l’entraîneur-chef du Rocket, a été témoin de cette chimie qui s’est créée au sein de l’organisation du CH.
« Tout le monde est content et s’appuie. Cette semaine, les gars de la LNH, les joueurs du Rocket et les recrues cohabitent et tout le monde se jase. Tu vois Josh Anderson qui parle à Thorpe et Thorpe qui partage des choses à un plus jeune. Le succès actuel n’est pas étranger à ça. Je ne suis pas trop surpris de voir que des joueurs du Rocket regardaient notre pratique et que des joueurs du CH étaient encore en train de flâner dans l’espace de détente avec les autres joueurs. C’est le fun à voir puis pour un entraîneur et c’est le meilleur pour une organisation », a indiqué Jacob.
Affiner le papier sablé
Il y a une marge entre posséder le physique pour vouloir un tel rôle physique dans la LNH et développer l’expertise pour y parvenir. Voilà justement le travail de polissage qui attend Thorpe.
« Je me répète, mais le papier sablé doit être intelligent et efficace. C’est un peu ça notre mandat. Le papier sablé qui court partout, qui ne tue pas de jeu, qui n’arrête pas de rondelles, il va se sortir de la ligue », a souligné l’entraîneur du Rocket, Daniel Jacob.
La saison dernière, qui était sa première au niveau professionnel avec le Rocket de Laval, l’attaquant droitier a connu un lent départ et il est le premier à l’avouer. Graduellement, et surtout à partir de Noël, il a été en mesure de déployer le style recherché.
« Thorpe, c’était aussi sa vitesse du point A au point B, son rythme pendant les matchs, c’est là-dessus qu’il a travaillé », a ajouté Jacob.
Le pilote du Rocket a expliqué qu’il a également appris à mieux analyser le jeu quand il ne possédait pas la rondelle.
« Son jeu physique est devenu meilleur et il était capable de non seulement frapper, mais frapper avec du timing et provoquer du chaos. »
Tout de même, l’évaluation personnelle demeure la chose la plus importante et Thorpe a compris cela depuis ses débuts dans la WHL.
« À ma première saison, mon entraîneur m’a convié et il m’a dit que mon identité ne sera pas de jouer sur les deux premiers trios, mon boulot est de frapper mes adversaires et rendre leur travail misérable », a décrit Thorpe qui était parvenu à inscrire 27 buts et 25 aides à sa dernière campagne junior.
Et pour ceux qui oseraient dire que ça manquerait d’ambition de viser un poste sur un troisième ou quatrième trio dans la LNH, Jacob a rétorqué ainsi.
« Est-ce que tu jouerais sur le quatrième trio dans la LNH? Moi aussi. »
— Daniel Jacob
Même s’il n’est âgé que de 21 ans, Thorpe a déjà commencé à assumer son rôle de meneur à ce camp des recrues. Sans être le plus vocal, il s’est assuré d’aider les plus jeunes et de donner l’exemple sur la patinoire.





