BROSSARD – « J’ai été nul », a lancé Cole Caufield. « On tentait d’en faire trop », a jugé Juraj Slafkovsky. « On n’était pas satisfaits de notre rendement », a résumé Nick Suzuki. Les membres du premier trio du Canadien ont reconnu leurs torts après leur contribution insuffisante en séries.
À l’aube des éliminatoires, on rappelait que les gros canons du Tricolore auraient besoin du support de leurs coéquipiers pour effectuer un long parcours.
Le hic, c’est que le premier trio du Canadien n’a jamais été en mesure de trouver son erre d’aller en séries et Caufield est celui qui s’est le plus autoflagellé.
« Honnêtement, j’ai été nul. C’est aussi simple que ça. Je veux assurément mieux jouer et je m’attends à beaucoup plus de ma part. Mes coéquipiers et mes entraîneurs ont les mêmes attentes envers moi. Oui, tu es opposé à des confrontations exigeantes, mais c’est la même chose durant la saison. Ce n’est pas une explication », a déballé Caufield sans tarder lors du bilan de l’équipe.
Le petit attaquant n’avait aucune gêne à reconnaître le fossé qui existe entre le Canadien et les Hurricanes.
« Ils forment une très bonne équipe alors qu’on a encore beaucoup de choses à apprendre. On a été dominés par eux et c’est assez évident », a cerné l’attaquant de 25 ans.
Les statistiques de la production du premier trio à égalité numérique ont souvent alimenté les discussions dans les dernières semaines. Au cumulatif, Suzuki a été limité à huit points dans ce contexte comparativement à quatre pour Slafkovsky et trois pour Caufield.
Cela dit, l’auteur de 51 buts durant la saison régulière a assuré que le Canadien détenait l’approche adéquate pour arriver aux grands honneurs.
« On a la bonne recette, ça reste que c’est une expérience d’humilité. Je veux présenter une meilleure version de moi-même l’an prochain », a noté le numéro 13.
Quand Suzuki a eu vent du constat personnel partagé par Caufield, il s’est empressé de le défendre.
« Il n’a pas été nul, il s’impose de hauts standards et il juge qu’il n’a pas atteint ce niveau, mais ce n’est pas facile de s’imposer chaque match quand tu fais partie des priorités de l’autre équipe », a entamé Suzuki.
« On ressent vraiment que les séries ont représenté un apprentissage pour notre trio. Ils nous ciblaient encore plus qu’on l’a vécu durant la saison. On a cru que ça s’était replacé, mais ça ne s’est pas poursuivi. On aurait pu contribuer davantage pour aider l’équipe à gagner, c’est la pression qu’on s’impose durant toute l’année », a poursuivi le capitaine.
Le vétéran Phillip Danault a également rassuré Caufield.
« Je ne dirais pas qu’il a été nul. Je trouve qu’il avait beaucoup de pression sur les épaules. Les séries, c’est une game différente. Il est très humble de dire ça et ça te montre le meneur qu’il est et la différence qu’il veut accomplir pour l’équipe », a argué Danault.
Si Caufield ne parvenait pas à trouver l’espace pour s’illustrer et que Suzuki manquait parfois de support pour s’imposer, Slafkovsky a manqué cruellement de constance et d’implication physique.
« Certains matchs, j’ai eu l’impression qu’on tentait d’en faire trop et que ça n’aidait pas notre cause. Mais tu ne peux pas te fâcher en raison d’un match. On a vécu des montagnes russes ce que je n’aime pas trop. Ça nous rendra meilleurs pour l’an prochain », a assuré Slafkovsky qui a tardé à comprendre la leçon suivante.
« Ça ne se passera pas toujours comme tu le souhaites et, quand c’est le cas, tu dois jouer de manière plus intelligente ou plus simple », a rappelé le grand gaucher.
Chose certaine, Slafkovsky ne veut pas blâmer les conséquences physiques du jeu éliminatoire puisque c’est la réalité de chaque équipe.
Le Slovaque voit la suite d’un très bon œil en pensant au progrès démontré depuis la courte expérience en séries l’an dernier.
Ça ressemble essentiellement aux propos tenus, en début de journée, par Jeff Gorton, le président des opérations hockey du Canadien. On présume que ça le fâchait davantage durant les matchs, mais il a commencé à décanter le tout.
« On en demande beaucoup de nos meilleurs joueurs et c’est peut-être l’une des raisons expliquant ceci. Mais le plus important, c’est de vivre et comprendre ce que ça prend pour traverser les rondes en séries. Les trois ont connu une bonne année et ils ont chacun connu accompli une première personnelle (30 buts pour Slafkovsky, 51 buts pour Caufield et 101 points pour Suzuki). Les séries sont exigeantes, tu affrontes les meilleurs. Cette expérience va les aider et nous aider », a plaidé Gorton.
Suzuki et Slafkovsky ont chacun admis que leur jeune troupe devra mieux réagir mentalement. Après tout, en affrontant les mêmes adversaires pendant une longue série, il importe de trouver des ajustements judicieux ce que le Canadien n’a pas réussi contre les Canes.
Dans le cas de Caufield, il semblait encore frustré de l’élimination en cinq parties pour voir les choses du même œil.
« Tu te défonces pendant chaque partie, mais le défi est toujours imposant. On peut encore faire nettement mieux. Ça ne fait qu’alimenter notre feu pour la prochaine saison », a conclu Caufield.
Alors que le départ de Brendan Gallagher devrait se confirmer durant la saison morte, on présume que les dirigeants du Canadien souhaitent que le premier trio puise dans la résilience qu’il a démontrée durant son long parcours à Montréal.











