MONTRÉAL – Macklin Celebrini a prouvé une fois de plus, mardi soir, que les ho et les ha associés à ses performances sont loin, très loin, d’être exagérés.
Que sa place au sein du premier trio avec Équipe Canada lors des derniers Jeux olympiques était totalement méritée.
Qu’il sera le visage des Sharks de San Jose et de la LNH pour les 20 prochaines années!
Celebrini a marqué un but. Son 30e de la saison. Il a ajouté trois mentions d’aides qui ont moussé à 87 points sa récolte offensive jusqu’ici cette saison.
Au fil de ses 24 présences – 22 minutes 50 secondes de temps d’utilisation dont quatre minutes en avantage numérique – Celebrini a généré beaucoup d’attaques. Ses 11 tirs cadrés dont sept ont touché la cible le confirment. Il a foncé à vitesse grand V ce qui ne l’a jamais empêché de voir le jeu se dessiner devant lui, de distribuer la rondelle avec précision, de préparer trois buts de son équipe.
« Il est un peu comme Connor McDavid », que Phillip Danault a admis candidement dans le vestiaire du Tricolore après la défaite. Une première après quatre escales positive dans le nord de la Californie au fil des quatre dernières années.
Celebrini a aussi été pris sur la patinoire lors de quatre des cinq buts du Canadien. En plus d’avoir été muselé aux cercles des mises en jeu (5 en 15, 33 %). Mais disons que ses bons coups ont pesé plus lourd que ses moins bons dans la balance…
Trop de mauvaises minutes
Contre un joueur de la trempe de Celebrini, tu dois jouer un match sans faille. Tu dois limiter les erreurs au minimum. Mais voilà : le Canadien n’a pas joué un match sans faille à San Jose.
Il a connu de « bonnes minutes », comme a convenu Martin St-Louis avant d’ajouter que son équipe avait connu trop de « mauvaises minutes ».
Et ce sont ces mauvaises minutes qui ont privé le Canadien d’une victoire. Ou à tout le moins d’un point récolté dans un revers encaissé lors d’une prolongation que le Canadien aurait bien méritée après avoir inscrit trois buts sans riposte pour niveler les chances 5-5.
Une remontée amorcée à la suite d’un solide coup d’épaule asséné par Kirby Dach aux dépens de Sam Dickinson en fond de territoire des Sharks. Une mise en échec qui a poussé Vincent Desharnais à répliquer (double-échec). Une vilaine idée qui a permis à Ivan Demidov de marquer son 13e de la saison : un premier en cinq matchs, un deuxième en 12 parties.
La pénalité écopée pour avoir eu trop d’hommes sur la patinoire avec moins de cinq minutes à faire en troisième illustre parfaitement l’allure de la rencontre.
Car cette pénalité – et le but que les Sharks ont été en mesure de marquer lors de l’attaque massive offerte en cadeau par le Canadien – a anéanti la remontée impressionnante réalisée avec cinq buts enfilés en moins de six minutes.
À qui la faute pour cette pénalité qui a changé le cours de la troisième période? Le cours du match?
Parce que Lane Hutson retraite tardivement au banc, on pourrait être porté à le pointer du doigt. Ou à imputer la responsabilité à Mike Matheson pour être sauté trop tôt dans l’action afin d’y rejoindre Kaiden Guhle.
Mais les défenseurs ne sont pas à blâmer.
Car quand on regarde la séquence, on réalise que Zachary Bolduc, Jake Evans et Alex Newhook se sont rendus coupables d’un revirement qui a permis aux Sharks d’amorcer une relance alors que Matheson et Hutson effectuaient leur changement.
St-Louis, qui a porté les deux mains à sa tête après la confirmation de la pénalité, a d’ailleurs levé le voile sur le partage des responsabilités pour la pénalité. Le genre de pénalité que les amateurs imputent très souvent, trop en fait, aux entraîneurs.
En passant, c’était la cinquième pénalité du genre écopée par le Canadien, loin derrière les Blackhawks et les Flames qui ont écopé de 11 pénalités du genre jusqu’ici cette saison.
Dobes un brin généreux
Quand tu marques cinq buts dans un match, tu devrais gagner.
À moins que tu n’écopes une pénalité comme celle qui a coulé le Canadien en fin de troisième.
À moins que ton gardien ne soit mauvais, ou généreux, ou un peu des deux.
Jakub Dobes n’a pas été mauvais mardi soir. La moyenne d’efficacité de 77,7 % associée à ses 21 arrêts sur 27 tirs est loin d’être rutilante. J’en conviens. Et les pourfendeurs de Samuel Montembeault lapideraient le gardien québécois s’il affichait une « efficacité » pareille. Mais cette moyenne ne souligne pas la qualité de quelques arrêts et le fait que la brigade défensive du Tricolore a vraiment peiné à protéger l’enclave des assauts des Sharks.
Par moments, les Sharks semblaient bien trop rapides et trop incisifs pour les arrières du Canadien.
Cela dit : sans être mauvais, Dobes a toutefois été un brin généreux.
Il a été généreux sur le but accordé à Celebrini alors que la rondelle lui a traversé le corps. Il l’a aussi été sur l’autre offert à Michael Misa à qui il a servi une passe parfaite dans l’enclave alors que le gardien voulait aider ses défenseurs qui en avaient plein les patins avec l’échec avant des Sharks.
Celebrini s’est occupé du reste.









