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Cole Caufield et l’évolution d’un tireur d’élite

Publié le 

Cole Caufield (Getty Images)

COLLABORATION SPÉCIALE

Depuis que Martin St-Louis est en poste, il se donne parfois des airs de Charles Patenaude avec ses expressions en conférence de presse. Ses nombreuses discussions sur les chaises sont un classique, mais en voyant Cole Caufield obtenir un point dans un 10e match consécutif samedi soir contre les Maple Leafs, c’est une autre de ses fameuses citations qui m’est venue en tête.

« Je veux qu’ils amènent leur game en dedans de notre game. Tu peux pas juste jouer TA game. Il faut que tu joues LA game. T’amènes TA game à LA game. J’sais pas si tu comprends? »

La game de Caufield, on la connaît. C’est un marqueur de but naturel. Il l’était avec le programme de développement des États-Unis, il l’était à l’Université du Wisconsin, et il l’était dès son arrivée dans la LNH. Mais, cette saison plus que jamais, il maintient un rythme de point par match en adaptant sa game à la game.

Évolution d’un tireur d’élite

À ses débuts, Caufield semblait être un des prochains employés de bureau de la LNH, suivant dans les traces de Steven Stamkos et Alex Ovechkin. Il faisait la majorité de son dommage du cercle de mise en jeu gauche, avec un tir frappé sur réception, se classant dans le top-30 de la ligue pour les tirs sur réception par match. Il était beaucoup plus sédentaire en zone offensive, restant dans son cercle pour se présenter comme cible. Il descendait rarement en dessous du cercle de mises en jeu et offrait très peu comme passeur. Bref, il jouait sa game. Avance rapide à quelques saisons plus tard et on voit la différence entre jouer sa game et jouer la game.

L'évolution de Cole Caufield L'évolution de Cole Caufield (RDS)

Caufield génère exactement le même volume de buts attendus qu’il le faisait il y a trois saisons, mais sa sélection de tirs a complètement changé. Il joue beaucoup plus à l’embouchure du filet et le long de la ligne rouge des buts, où on l’a vu battre des gardiens dans la lucarne d’angles quasi impossibles et faire des redirections habiles à bout portant. On le voit dans la distance médiane de ses buts, qui a chuté de près de moitié, passant de 27 à 15 pieds du filet. L’évolution de sa charte de tirs est absolument frappante.

Provenance des tirs de Cole Caufield Provenance des tirs de Cole Caufield (RDS)

Plutôt que d’y aller avec la force brute des tirs à distance à répétition, Caufield choisit maintenant l’efficacité à bout portant. Il a déjà 8 buts du bas de l’enclave en 27 matchs à sa fiche, comparativement à 7 en 46 rencontres en 2022-2023, et ça ne compte pas ses tirs le long de la ligne rouge, qui sont techniquement en dehors de la délimitation de l’enclave. Après tout, plus tu es près du gardien, plus il est facile de le déjouer. Tu réduis son temps de réaction et tu limites les chances que ton tir soit bloqué par un défenseur adverse. Il utilise sa vitesse, sa détente rapide, et ses excellentes mains pour donner la vie dure aux adversaires. C’est aussi un style de jeu qui est assurément moins difficile sur le corps, surtout après une opération à l’épaule qui a mis fin à sa saison 2022-2023.

Et bien qu’il décoche environ deux tirs de moins en moyenne, il compense en devenant un joueur plus complet.

Ajouter des cordes à son arc

Caufield a aussi compris que sa game est peut-être de marquer des buts, mais la game est de gagner. Un tour du chapeau dans une défaite ne vaudra jamais plus qu’une victoire. Les succès du premier trio sont basés sur du jeu en constant mouvement, et Caufield a encore une fois adapté son jeu pour le bien de l’équipe.

En 2022-2023, Caufield était l’un des pires passeurs de la LNH. Moins d’une demie passe vers l’enclave complétée par 20 minutes et à peine 34 % de réussite sur ces passes. En d’autres mots, si Caufield avait la rondelle, il y avait deux options : un tir, ou une passe facile à un coéquipier en périphérie en attendant la prochaine occasion de tirer. Il générait très peu de chances pour ses coéquipiers.

Maintenant, il est beaucoup plus dynamique et efficace à ce chapitre. Ses passes vers l’enclave ont presque triplé, et son taux de réussite a grimpé de 34 % à 54 %, une énorme amélioration qui rend tout le monde sur la glace plus dangereux. Ça lui permet aussi d’être un atout à l’équipe même s’il ne trouve pas le fond du filet. Après tout, lors de sa séquence de 10 matchs consécutifs avec au moins un point, il n’a que trois buts.

C’est ça, amener ta game dans la game.