Kent Hughes est le premier à le reconnaître : jamais il ne se serait imaginé il y a un an ou deux que son équipe serait aussi compétitive qu’elle l’est depuis le début de la campagne.
Après avoir franchi un premier jalon en participant aux séries éliminatoires pour la première fois en quatre ans la saison dernière, les Canadiens de Montréal se retrouvent aujourd’hui parmi les meneurs de la très compétitive Association de l’Est avec une récolte de 52 points en 42 matchs. Évidemment, une deuxième qualification consécutive pour le détail est loin d’être assurée, mais le directeur général est enchanté par tout ce qu’il voit jusqu’à présent.
Si Nick Suzuki et Cole Caufield ont depuis longtemps prouvé que l’organisation peut se fier à eux, ce sont surtout les nouveaux venus qui se sont dernièrement greffés à eux qui impressionnent le plus le dirigeant. Il avait bon espoir que des joueurs comme Lane Hutson ou Oliver Kapanen tirent leur épingle du jeu, mais pas à ce point si tôt dans leur carrière.
Repêchés en 2e ronde – en 2022 et 2021 – respectivement, l’Américain et le Finlandais sont rapidement devenus des incontournables chez le CH. Récipiendaire du trophée Calder la saison dernière, Huston n’a pas ralenti la cadence et totalise déjà 35 mentions d’assistance cette saison, tandis que Kapanen s’est établi contre toute attente au centre du deuxième trio et est présentement le deuxième meilleur buteur chez les recrues dans la LNH avec 13.
« Je ne pensais pas que Hutson serait aussi bon rapidement, même si je l’avais beaucoup vu jouer », a avoué Hughes, dont le fils Jack a été le coéquipier du spectaculaire défenseur à Boston University dans les rangs universitaires américains l’instant d’une saison en 2023-2024.
« C’est certain que nous sommes fiers. Je dirais même que nous sommes chanceux. Il faut absolument donner le crédit à notre équipe de dépisteurs qui ont fait tout un job à évaluer les joueurs. Ce n’est pas une tâche facile. Ils rendent notre travail beaucoup plus facile. »
— Kent Hughes
« Je ne suis pas nécessairement surpris que Kapanen se retrouve aujourd’hui au centre du deuxième trio, avait-il précédemment dit. Je croyais qu’il avait les moyens de le devenir. Il faut vraiment regarder son jeu sans la rondelle. Il lit bien le jeu pour se retrouver en position pour recevoir la rondelle et il apporte énormément de choses défensivement. C’est un joueur très intelligent qui a toujours progressé depuis qu’il a été repêché. Il est constant. »
Autre contribution non négligeable, Kapanen a certainement contribué à aider Juraj Slafkovský à enfin sortir de sa coquille, lui qui en est à sa quatrième saison après avoir été réclamé au premier en 2022. Le Slovaque a été particulièrement brillant lors du dernier séjour de sept matchs sur la route pendant les Fêtes en obtenant cinq buts et six passes.
« Je pense que Slafkovský se sent comme le vétéran (aux côtés de Kapanen et Ivan Demidov) et que c’est sa responsabilité de les guider, a analysé Hughes. Il a beaucoup travaillé sur son jeu individuel. Il joue plus vite et il patine beaucoup plus. Il est toujours en mouvement. Ce sont les changements que nous avons vus. Nous sommes très contents. »
Malgré tout, Hughes est parfaitement conscient qu’il y a encore beaucoup à faire avant de pouvoir rivaliser avec une équipe de pointe comme l’Avalanche du Colorado, qui n’a subi que trois défaites en temps réglementaire depuis le début de la saison. Les Canadiens ont d’ailleurs été sévèrement corrigés par la marque de 7-2 lorsqu’ils ont affronté l’ancienne équipe de Raymond Bourque à Denver un peu plus tôt cette saison le 29 novembre dernier.
« Nous avons plusieurs chantiers devant nous, a reconnu le directeur général. Nous n’avons pas une équipe parfaite présentement pour “compétionner” avec l’Avalanche, mais nous avons un plan. Il faut simplement y aller une étape à la fois et avoir beaucoup de flexibilité. »
« Nous espérons devenir meilleurs défensivement et offensivement. Nous marquons beaucoup de buts, mais nous en donnons beaucoup également. Nous avons beaucoup de talent et nous espérons que nos joueurs continueront à gagner en maturité. »
— Kent Hughes
À vrai dire, le CH semble condamné à se fier à la force de ses jeunes, car Hughes s’attend à peu de mouvement significatif d’ici la date limite des transactions à cause de l’instauration d’un plafond salarial en séries éliminatoires et d’un classement qui n’a jamais été aussi serré. Mais si un marché irrésistible finissait par lui être proposé, la ligne de pensée resterait la même depuis son arrivée : ne pas combler un besoin présent pour hypothéquer le futur.






