Je veux bien croire que la neige a pris tout le monde par surprise, mais c’était quand même le 11 novembre et donc jour du Souvenir et pas un soir de réveillon du 24 décembre.
Pourtant, le Canadien s’est surtout concentré à faire des cadeaux aux Kings venus de Los Angeles.
Des cadeaux à Joel Armia qui célébrait son retour à Montréal après sept saisons passées dans l’uniforme du Canadien; à Joel Edmundson, un autre ancien du Tricolore; à Kevin Fiala; à Anze Kopitar à qui le Canadien a fait cadeau d’une victoire facile pour saluer sa dernière visite au Centre Bell. L’amphithéâtre où il aime le plus poser les patins et disputer un match lorsque les Kings quittent leur domicile en Californie.
Déjà trop longue pour gagner, cette liste de cadeau devient carrément démesurément généreuse si on y ajoute les 18 revirements dont les joueurs de Martin St-Louis se sont rendus coupables.
Dix-huit cadeaux qui ont pris la forme de passes directement sur la lame des bâtons rivaux ou de bêtes pertes de rondelle. Des cadeaux qui ont grandement aidé la cause du gardien Darcy Kuemper et de la défensive des Kings.
Avant de revenir sur les cadeaux généreusement offerts par le Canadien, dressons, dans l’ordre ou le désordre, la liste beaucoup plus courte de ses meilleurs moments :
Le but de Josh Anderson, un but marqué à la manière de Cole Caufield avec un tir foudroyant qui s’est logé au-dessus de l’épaule gauche du gardien des Kings Darcy Kuemper pour donner une avance de 1-0 au Tricolore.
Une mise en échec solide de Josh Anderson en zone ennemie pour mener à une rare occasion de marquer du Tricolore.
Une solide mise en échec de Nick Suzuki alors que le Tricolore se défendait à court d’un homme et qui a permis au Canadien de générer une poussée offensive.
L’hommage rendu aux militaires dans le cadre du jour du Souvenir alors qu’un couple marié depuis 70 ans a procédé à la mise en jeu protocolaire avec des hymnes nationaux solennels.
Le montage vidéo soulignant le retour de Joel Armia à Montréal alors que le Finlandais effectuait une première visite au Centre Bell après ses sept saisons passées dans l’uniforme tricolore.
J’en ai peut-être oublié un ou deux survenus lors de la supériorité numérique de deux hommes d’une durée de 68 secondes en première période, mais comme le Canadien a été incapable de concrétiser les occasions obtenues en but, on va se garder une petite gêne.
Hommage vidéo et but donné
Il était clair que Joel Armia serait en vedette à l’écran géant lors d’une pause publicitaire en première période.
Ce qui était moins prévu, c’est qu’Armia reçoive aussi un but en cadeau de la part de ses anciens coéquipiers. Un but qui a donnait les devants aux Kings 4-1 en milieu de troisième période et qui coupait presque toute chance de remontée du Tricolore.
À la poursuite de la rondelle en zone du Canadien, Armia a été aussi surpris que tout le monde lorsque Lane Hutson et Jayden Struble ont refusé l’un et l’autre de s’emparer de la rondelle l’offrant ainsi, bien emballée avec un chou collé sur le dessus, à Armia qui arrivait tout juste derrière. Armia a ensuite déjoué Samuel Montembeault.
À la question, quel cadeau entre le but et l’hommage vidéo était le plus beau? Armia a évité la controverse en lançant : « ce fut une belle soirée sur tous les fronts! »
« J’étais vraiment touché et surpris par la durée du vidéo. Je ne suis pas habitué à obtenir autant d’attention », que le Finlandais a convenu, ajoutant que la durée et l’intensité de l’ovation qui a suivi le vidéo étaient plus surprenantes encore.
« Ça m’a un peu perturbé. Mais c’était spécial pour moi de revenir ici. »
Montembeault trop généreux
Généreux sur le but d’Armia le gardien du Canadien? Peut-être un peu.
Mais il pourra toujours prétendre, avec raison, qu’il était loin de s’attendre à ce qu’Armia puisse se faufiler entre ses deux défenseurs et obtenir la rondelle en prime!
Cela dit, Montembeault a contribué à la défaite du Canadien en se montrant très généreux sur deux autres des quatre buts qu’il a accordés.
Dont l’un à la suite d’une passe « sur la palette » de Kevin Fiala à l’embouchure gauche de son filet. Fiala a gagné une bataille de position aux dépens de Jayden Struble. C’est clair. Mais si Montembeault ne lui remet pas la rondelle en voulant la repousser vers le coin de la patinoire sur un tir faible que vient de faire dévier Alex Laferriere, il n’y a pas de but.
Ce cadeau de Montembeault a fait mal puisqu’il permettait aux Kings, qui traînaient de l’arrière 1-0 après le premier tiers, de rapidement doubler leur avance (3-1).
C’est aussi un cadeau de Montembeault qui avait mené au premier but des Kings. Il est toujours périlleux de perdre une mise en jeu en territoire défensif, ce que Jake Evans a fait devant Anze Kopitar. Sauf que le tir qui a suivi, un bon tir frappé décoché par Joel Edmundson venait de la ligne bleue. Qu’il n’a pas été dévié. Et que la vue du gardien n’était pas voilée. Ou pas vraiment.
Montembeault a perdu la trajectoire de la rondelle en effectuant un déplacement sur sa gauche. Le genre de but qui lui arrive trop souvent d’accorder.
Le genre de but qui a ravivé les critiques à son endroit.
En avant 1-0 après une période, le Canadien tirait de l’arrière 3-1 après 5 min 22 s en période médiane. De fait, il a été victime de trois buts en 4 min 7 s.
S’il est vrai que ses coéquipiers jouaient du vilain hockey à ce moment, et plus encore en deuxième moitié de match, le Canadien avait besoin d’un ou deux arrêts solides et Samuel Montembeault ne les a pas réussis.
Kopitar : adieux Centre Bell
Anze Kopitar était accompagné de sa famille et d’une vingtaine d’amis au Centre Bell mardi soir dans le cadre d’une des trois soirées spéciales qui marqueront sa dernière saison en carrière.
« L’histoire, la culture, l’atmosphère font de cet amphithéâtre, celui où j’ai toujours préféré jouer à l’extérieur de Los Angeles au cours de ma carrière. J’aime tout de Montréal. Quand j’ai expliqué aux enfants que je voulais les avoir avec moi à trois endroits – ils sont déjà allés à Nashville et iront au Madison Square Garden de New York le 16 mars prochain – ma femme réservait des billets d’avion 15 secondes plus tard. Mon fils était à Chicago pour un tournoi de hockey. Il avait donc son équipement avec lui. Et comme nous avions congé dimanche, la première patinoire qui était disponible était celle du Centre Bell. Il ne réalise sans doute pas encore la chance qu’il a eue de patiner ici », de défiler Kopitar dont les enfants étaient au banc des joueurs pour la période d’échauffement.
À sa dernière saison en carrière, Kopitar tient à s’accorder de petites « gâteries » autour de la LNH. « Je veux gagner, je veux aider la cause de l’équipe, mais je veux aussi profiter au maximum de chaque étape de cette dernière saison. »
En 2005, lors de son arrivée au repêchage de la LNH, Anze Kopitar avait été propulsé par des performances époustouflantes au Championnat du monde avec son équipe nationale de la Slovénie.
Sidney Crosby était déjà assuré d’être sélectionné au tout premier rang par les Penguins de Pittsburgh qui avait gagné la loterie, mais le Canadien qui avait à l’époque un besoin plus criant au centre que devant les buts – José Théodore était le numéro un – avait les yeux sur Kopitar. Il s’est finalement tourné vers Carey Price.
« Je croyais que je prendrais la direction de Columbus, mais je suis très heureux de m’être retrouvé avec les Kings », que Kopitar a conclu avant d’aller rejoindre ses coéquipiers à bord de l’autobus.
Si le Canadien a eu la main heureuse avec Price au cinquième rang, les Blue Jackets ont gaspillé leur premier choix avec Gilbert Brule au sixième rang. Chicago (Jack Skille), San Jose (Devon Setoguchi), Ottawa (Brian Lee) et Vancouver (Luc Bourdon décédé avant d’avoir pu s’installer dans la LNH) ont tous levé le nez sur Kopitar avant que les Kings ne l’obtiennent avec la 11e sélection.
Après avoir vécu des soirées difficiles au Centre Bell à ses premières saisons avec les Kings, Kopitar l’a quitté hier au terme d’une neuvième victoire consécutive aux dépens du Canadien.
Un beau cadeau de retraite.




