BUFFALO - Pendant que le Canadien se reposait à l’hôtel, jeudi matin, les Sabres respiraient la bonne humeur au KeyBank Center.
Autant sur la patinoire sur laquelle ils ont tenu un entraînement matinal d’une bonne demi-heure que dans le vestiaire où les joueurs jasaient à bâton rompu avec les journalistes.
Zach Benson, l’auteur du but qui a propulsé les Sabres vers la victoire ô combien importante de 3-2 mardi soir, a reconnu qu’il était très « spécial » pour lui d’évoluer contre un de ses héros d’enfance Martin St-Louis.
« Parce que nous sommes deux joueurs de petit gabarit, je me suis toujours inspiré de lui pour grimper dans le hockey. Ça fait drôle de patiner et de le voir derrière le banc », expliquait Benson qui a d’ailleurs immortalisé un grand moment de son ascension vers la LNH lorsqu’il a croisé St-Louis dans un tournoi de hockey mineur en 2015.

Benson était alors tout petit. Vraiment! Bon! À 5’ 10’ et 177 livres, Benson est loin d’être aujourd’hui un géant. Mais sa petite taille ne l’a pas empêché d’être repêché en première ronde (13e sélection) par les Sabres en 2023. C’était l’année Connor Bedard, tout premier de la cuvée, devant Leo Carlsson (Anaheim), Adam Fantilli (Columbus) Will Smith (San Jose) et David Reinbacher sélectionné par le Canadien. C’était aussi la cuvée Matveï Michkov que les Flyers ont repêché au septième rang.
Troisième marqueur des Sabres avec sept points depuis le début des séries – il partage avec Tage Thompson et Alex Tuch le premier rang pour les buts marqués (4) – Benson est un rouage important de l’attaque des Sabres malgré ses 21 ans.
On peut le comprendre de respirer la bonne humeur.
« C’est contagieux dans ce vestiaire. Je n’ai jamais évolué avec une équipe aussi unie. Dans les rangs juniors, tu es toujours ensemble : à l’école, dans l’autobus, dans le vestiaire, sur la patinoire. Mais ici, on est plus unis encore. On a du plaisir. On s’épaule. On s’aime. On est comme des frères », assurait Benson en riant.
De fait, il semble rire tout le temps...
Comment passer des rires et de la bonne humeur au sérieux nécessaire pour gagner des matchs importants comme celui de mardi à Montréal alors que les Sabres ont nivelé les chances au lieu de se retrouver à un revers des vacances? Ou comme dans le cinquième match qui deviendra le plus important de la série face au Canadien... jusqu’au prochain?
« On a chacun nos façons de faire, mais avec le leadearship aux quatre coins de ce vestiaire, je peux t’assurer que nous serons prêts pour ce soir », a indiqué Benson qui est un mélange de Brendan Gallagher (plus jeune) et d’Alex Newhook...
Quelle méthode utilise Benson pour passer du mode joie de vivre au mode travail?
« Je n’ai rien à faire vraiment. Ça se fait tout seul. Dès que je pose les patins sur la patinoire, l’interrupteur passe à GO », a imaginé le jeune attaquant.
Cela dit, quand on le regarde aller sur la patinoire, il est clair que Benson travaille dans la bonne humeur.
Bienvenue à Pominville : 20 ans plus tard
Jason Pominville est de retour à Buffalo où il a disputé, avec les Sabres, 733 des 1060 matchs qu’il a disputés en carrière.
Le Québécois de 43 ans – on jurerait pourtant qu’il a le même âge que son fils Jayden qui évolue avec les Huskies de Rouyn-Noranda – donnera le coup d’envoi au cinquième match de la série contre le Canadien en frappant le plus fort possible sur la grosse caisse pour inviter les partisans à scander des « Let’s Go Sabres », avant la mise en jeu initiale.
« C’est le fun de revenir ici en séries », a convenu Pominville accompagné pour l’occasion par son fils qui, aux dires de son père, a plus de talent brut que lui au même âge...
Ça promet!
Pominville a marqué à sa façon les Sabres pendant son long séjour à Buffalo.
« Je me souviens que notre dépisteur amateur qui travaillait au Québec l’avait décrit, avec son accent francophone, comme un joueur qui avait des mains de chirurgien. Et il avait raison. Il avait un tir dévastateur, il était aussi un joueur complet. Le genre de joueur qui rend un entraîneur-chef meilleur », a indiqué Lindy Ruff qui garde un souvenir précieux de son ancien joueur.
« En 2006, dans une série contre les Sénateurs, il avait marqué le but de la victoire, en prolongation et en désavantage numérique, dans le match qui avait permis d’éliminer Ottawa. On était revenu à Buffalo et devant le building, il y avait une affiche sur laquelle était écrit : Welcome in Pominville! »
Ce but, sans doute son plus important avec les Sabres, Pominville l’a marqué en déjouant Ray Emery au terme d’une poussée individuelle amorcée dans son territoire il y a presque 20 ans presque jour pour jour soit le 13 mai 2006.
Les Sabres avaient ensuite perdu en sept matchs en finale de l’Est contre les Hurricanes de la Caroline qui avaient finalement hissé la première et la seule coupe Stanley de leur histoire... jusqu’ici.
Contestation : décision facile
Malgré toutes les doléances des Sabres de Buffalo, la contestation qui les a privés de leur deuxième but, mardi, au Centre Bell, était pratiquement décidée d’avance.
Croisé à Buffalo, jeudi matin, un dirigeant de la LNH m’a indiqué que les arbitres auraient même refusé le but s’ils avaient été convaincus que la rondelle avait bel et bien traversé la ligne rouge après avoir été captée par Jakub Dobes.
« Le plus difficile a été de déterminer s’il y avait but ou non. Ce qui a été relativement facile parce qu’on était en mesure de voir où était la rondelle dans la mitaine du gardien du Canadien. C’est très difficile quand les mitaines sont foncées. Plus difficile encore si elles sont noires. On devrait d’ailleurs peut-être uniformiser un jour l’intérieur des mitaines pour aider à bien identifier la rondelle. Mais sur le jeu initial, les arbitres étaient convaincus que Helenius (Konsta) avait nui au gardien du Canadien au point de refuser le but », m’a indiqué cet officiel.
Martin St-Louis n’avait donc pas trop de crainte à afficher avant de profiter de la contestation à sa disposition.
Luukkonen-Slafkovsky : décision correcte
Parallèlement à cette contestation, l’officiel a indiqué qu’il était correct et justifié que les arbitres n’aient pas imposé de pénalité aux dépens de Ukko-Pekka Luukkonen dont l’extrémité du bâton a atteint Juraj Slafkovsky au visage.
L’impact vient dans le cadre d’une séquence de jeu. C’est en effectuant un mouvement normal que le gardien des Sabres frappe le joueur du Canadien. On voit parfois ce genre de situation lors des mises en jeu. Si le gardien avait brandi son bâton alors qu’il n’est pas en situation de jeu, ç’aurait été bien différent et une pénalité aurait pu être décernée a expliqué l’officiel croisé au Key Bank Center jeudi matin.
Ça ne calmera peut-être pas totalement la grogne des partisans du CH, mais ça les aidera peut-être à comprendre la décision des officiels.
En passant, oui, les arbitres ont totalement raté le bâton élevé porté au visage de Jake Evans...
Faute avouée à moitié pardonnée? À vous de décider...
Bon match!









