Pendant des années et des années, Carey Price a été la raison pour laquelle les Canadiens de Montréal ont pu former un groupe compétitif.
Sans lui, les partisans n’auraient certainement pas pu apprécier le hockey des séries à Montréal aussi souvent au cours de son séjour de 2007 à 2022 dans les couleurs montréalaises. Grâce à ses prouesses sur la patinoire, Carey Price a souvent transformé des équipes moyennes en des équipes dangereuses en séries.
C’était aussi vrai sur la scène internationale, comme lors de la conquête de la médaille d’or du Canada aux Jeux olympiques de Sochi en 2014.
Gardien le plus victorieux de l’histoire des Canadiens, Price a reçu l’honneur ultime lundi après-midi et il fera partie de la classe d’intronisation au Temple de la renommée du hockey de 2026.
« Pour moi, je tiens beaucoup de fierté d’avoir été le gardien des Canadiens de Montréal. Ce n’est pas l’entièreté de qui je suis, mais c’est une grande partie de qui je suis. Aller dans une organisation qui a tellement d’histoire et d’héritage, et avoir du succès là-bas », a confié Price aux médias lundi, quelques instants après l’annonce de son intronisation.
Le bilan de sa carrière avec le Tricolore est phénoménal. Ses 712 matchs de saison et ses 361 victoires représentent des records pour les gardiens de l’histoire de l’organisation. Vainqueur de cinq trophées individuels dans la LNH, Price aura conclu son parcours dans la LNH avec une efficacité de ,917 qui lui a permis de s’établir comme un des meilleurs gardiens de sa génération.
« J’ai joué avec des coéquipiers fantastiques. Faire partie d’une organisation d’une aussi grande classe, c’est un immense honneur. Je suis fier parce que ça a été difficile à plusieurs moments, mais nous avons trouvé le moyen de traverser la tempête. Pas seulement moi, mais aussi l’équipe et l’organisation. Nous sommes demeurés engagés envers notre objectif et nous avons continué d’avancer. »
Cet objectif, c’est bien sûr le seul accomplissement qui manque à sa carrière : celui d’avoir soulevé la coupe Stanley.
Ses 92 matchs en séries et sa présence en finale de la Coupe Stanley en 2021 n’auront pas suffi pour permettre à Price de réaliser ce qu’il a chassé toute sa carrière.
« C’était un gagnant. Malheureusement pour lui et tout le monde qui l’a supporté, on aurait aimé le voir gagner une coupe Stanley », a commenté son ancien entraîneur Claude Julien dans une entrevue avec notre collègue Daniel Richard.
« Carey va avoir gagné tout ce qui est possible de gagner sauf la coupe Stanley, ce qu’il voulait le plus au monde, a lancé son ancien entraîneur Stéphane Waite. Ça ne fait pas de lui un mauvais gardien de but pour ça. »
Grand acolyte de Price pendant huit saisons à Montréal, Waite a lancé des fleurs sans retenue vers Price pour ses accomplissements dans la LNH. Celui qui s’est joint aux Canadiens en 2013 a rappelé avoir été très exigeant avec le gardien natif de la Colombie-Britannique.
Dès sa deuxième saison aux côtés de Waite, le gardien du CH aura atteint des niveaux fantastiques avec une fiche de 44-16-6, une moyenne de buts alloués de 1,96 et une efficacité de ,933.
Ses exploits lui auront permis de mettre la main sur quatre honneurs individuels cette année-là : le trophée Vézina, le trophée Hart, le trophée Ted-Lindsay et le trophée William Jennings.
« Le talent était incroyable. Carey Price était une des raisons pour lesquelles j’ai voulu signer avec les Canadiens après ma coupe Stanley avec Chicago en 2013. Je me disais tout le temps que ce gardien de but, avec son potentiel… je voulais l’amener au sommet! C’est un talent tellement naturel. Talent au niveau technique, talent au niveau athlétique, talent au niveau de la puissance, talent entre les deux oreilles. »
« Je ne suis pas surpris, mais tellement fier de lui, a dit Waite. Il a eu toute une carrière. Ça confirme ce qu’on dit depuis des années : il a été le meilleur gardien ou un des meilleurs de son époque. Je suis fier du gars qu’il est. Un gars incroyable avec des valeurs incroyables. Je suis aussi très fier d’avoir été son entraîneur. Je suis fier pour lui, quelle nouvelle! Je suis tellement content! »
Adversaire coriace, mais coéquipier rêvé
En novembre prochain, Price sera intronisé aux côtés d’un certain Patrice Bergeron.
Un Patrice Bergeron qui a connu les deux côtés de la médaille. Celui d’être l’adversaire de Carey Price et celui d’être son coéquipier, grâce aux Jeux olympiques.
« C’était bien plus plaisant de jouer avec Carey que contre lui, il était un gardien spécial. On dirait qu’il était à son meilleur sous pression et quand le moment était grand. Il était le gardien qui allait faire une différence. L’avoir de notre côté aux Jeux olympiques, c’était un bon souvenir. C’était un sentiment de liberté de savoir qu’il était derrière nous, qu’il était le dernier joueur défensif en sachant qu’il allait faire les arrêts. C’était bien plus dur de jouer contre lui, il y a eu de belles batailles contre lui », a clamé Bergeron à propos du no 31.
Price a effectivement affronté les Bruins de Bergeron à 25 occasions en séries, principalement au début de sa carrière. Les deux équipes ont partagé les honneurs des quatre séries et trois d’entre elles se sont décidées par un match ultime.
Lors de ces matchs, le gardien du CH n’a permis que cinq buts au total, dont un en prolongation.
« L’année où on a gagné la coupe Stanley en 2011, on a dû battre le Canadien en 7 et en prolongation. Une partie de ça, c’était Carey Price, a déclaré Claude Julien. Il était tellement bon, il a joué un gros rôle pour son équipe dans cette série. C’est sûr qu’il nous a fait suer à plusieurs moments, mais ça démontre encore la grande qualité de Carey Price. »
À l’intérieur du vestiaire d’une équipe, personne ne pouvait donner autant confiance à un groupe que Carey Price.
Parole de Stéphane Waite.
« Carey avait la faculté de faire croire à son équipe que chaque match, on avait la chance de gagner grâce à ses performances. Chaque match, même si on n’avait pas les meilleures équipes, on savait qu’on avait une chance de gagner grâce à Carey Price. »
Une carrière ternie par les blessures
Bien sûr, la grande carrière de Price aura été ponctuée par son lot de blessures. Des blessures qui ont volé de grands moments à Price, mais qui lui ont sans doute volé quelques saisons aussi.
Une de ces blessures, c’est bien sûr celle qu’il a subie lors des séries de 2014, lorsque Chris Kreider est entré en collision avec lui en finale de conférence. Le gardien s’est blessé au genou droit et il n’a plus rejoué des séries, puis le CH a été éliminé.
Puis en 2015, après 9 victoires à ses 11 premiers matchs de la saison, Price a subi une blessure au genou à nouveau et cela a marqué la fin de sa saison.
« Malheureusement quand je suis arrivé à ma deuxième séquence avec le Canadien, il était déjà un athlète disons pas à 100 %, il était déjà amoché un peu et il avait des problèmes avec ses genoux », s’est souvenu Julien, dont le deuxième passage avec les Canadiens s’est amorcé en 2016-2017.
« C’était quand même difficile pour lui d’être capable d’être à son meilleur, mais on voyait que c’était en lui de tout faire pour gagner et d’être fiable pour son équipe. Beaucoup de mérite à Carey pour le courage dont il a fait preuve pendant ces années, où j’étais à la barre des Canadiens. J’ai toujours eu un grand respect pour lui, pour la façon dont il se comportait. »
« Il a été blessé plus souvent qu’à son tour, imagine-toi sans ses blessures, ça aurait été incroyable, a lancé Waite. Carey est le gardien avec le plus de victoires dans l’histoire des Canadiens de Montréal, c’est quand même incroyable. »
Price a ensuite donné tout ce que son corps lui a permis pour mener le Tricolore en finale en 2021, dans ce qui aura été le début de la fin pour lui.
Price n’a joué que cinq matchs à la fin de la saison 2021-2022 et il n’a plus jamais rejoué dans un match de la LNH par la suite.
« Je ne pense pas trop aux blessures de ma carrière, a simplement mentionné Price. J’ai toujours voulu jouer jusqu’à ce que mon corps me dise de faire autre chose ou jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je n’étais plus assez bon. Je suis honoré de faire partie de cette classe, j’ai hâte de célébrer avec tout le monde en novembre. »





