MONTRÉAL – « Je ne suis pas un héros, je suis seulement un gardien un peu bouffon ».
Jakub Dobes possède un charisme fort attachant. Bien sûr, il a d’abord conquis les partisans du Canadien grâce à sa manière de dénicher des victoires.
Ensuite, il a raffiné son art et il a gagné le public via ses arrêts cruciaux.
Ce n’est pas tout, Dobes s’est rangé dans le cœur des fervents du CH en vertu de sa nature compétitive, de son courage à protéger son territoire et sa confiance qui lui permet de briller même après avoir nargué ses adversaires ou répliqué à leurs mots de politesse.
La cerise sur le sundae aura été ce sourire fort sympathique, avec 2:47 à écouler à ce match, alors que son visage est apparu en gros plan à l’écran géant. Pendant que la foule était en extase à son endroit pour sa sublime soirée, Dobes a démontré toute son appréciation avec ce sourire.
La beauté des séries réside dans ces histoires qui alimenteront les souvenirs des partisans pendant longtemps.
« Habituellement, ce qui m’arrive me frappe deux ou trois jours après, mais là, j’ai déjà hâte au prochain match. Tout notre groupe apprécie nos partisans, ça réchauffe notre cœur, c’est merveilleux de jouer pour cette organisation », a réagi Dobes dans le vestiaire.
Dans les gradins, des partisans ont agité leur pancarte, en forme de panneau d’arrêt, avec le nom Dobes inscrit dessus. De quoi lui faire plaisir.
« J’ai vu plusieurs trucs du genre sur les réseaux sociaux, j’ai de la misère à réaliser l’ampleur de ce qui se passe dans la ville. Ce n’est que du plaisir. On doit faire retomber les émotions, ils (les Sabres) vont revenir affamés et il faut conserver notre humilité », a commenté Dobes.
Avant de retraiter au vestiaire, Dobes avait reçu le traitement royal alors que la foule scandait son nom quand il a été invité à répondre brièvement à des questions. Ensuite, les « Olé! Olé! Olé! » ont fait vibrer le Centre Bell alors qu’il était ébahi par la réaction à son égard.
Bref, un contexte faisant penser au printemps Dobes comme on l’a vécu auparavant avec le printemps Halak.
« Je ne suis pas un héros, je suis juste un gardien un peu bouffon. Je ne me considère pas un héros, je vais retourner à la maison, manger, regarder Game of Thrones et dormir. Il n’y a rien d’héroïque dans ça. Quand c’est le temps d’accomplir mon travail, je vais tout tenter pour qu’on gagne. Je suis content de faire plaisir aux partisans », a résumé Dobes avec toute sa candeur.
Dobes fascinait déjà son public, mais quand il s’est relevé du violent coup asséné par Beck Malenstyn, son personnage a gagné en magnitude. Et non, il n’a pas eu le temps de se protéger.
« J’étais concentré sur la rondelle. Je vais toujours tenter de me relever aussi vite que possible pour ne pas devoir quitter la rencontre (à la demande des observateurs du match) », a noté Dobes.
« Tu dois te relever et encaisser les coups, les joueurs adverses sont affamés. Tu bois de l’eau et tu repars la machine, c’est tout », a-t-il raconté comme si c’était banal.
La démonstration de Dobes a été si impressionnante que le capitaine Nick Suzuki a déduit ceci.
« Il aime probablement se faire bousculer. Il a un caractère de compétiteur, ça l’implique davantage dans le match. Il a été sublime notamment en infériorité numérique, on adore jouer devant lui », a confié Suzuki en esquissant un sourire.
Quant à son côté bouffon, ses amis Juraj Slafkovsky et Cole Caufield ont sauté sur l’occasion pour confirmer le tout.
« Exactement, je suis d’accord avec ça », a insisté Slaf.
« Oui! Il est un jeune amusant, il a été superbe pour nous cette saison et il est incroyable en séries. Il travaille si fort tous les jours », a commenté Caufield.
Zachary Bolduc riait en écoutant la réaction de Caufield. Le Québécois a joué un rôle important dans l’histoire de Dobes en venant à sa défense après l’assaut de Malenstyn.
« Tu veux que tes coéquipiers se sentent en sécurité. Ce n’était pas le fun à voir. Si Dobes était un attaquant ou un défenseur, il aurait fait la même chose, on prend soin l’un de l’autre », a ciblé Bolduc.
Terminons avec les commentaires de Martin St-Louis, l’entraîneur du Canadien se fichait éperdument du fait que Dobes ne se gêne pas pour repousser ses adversaires et les taquiner.
« Vous le regardez plus que moi. On me dit qu’il joue avec beaucoup d’émotion, mais je ne porte pas trop attention à ça. Ce qui m’impressionne, ce sont ses performances. Chaque joueur possède sa façon de se garder dans le match. Il fait la job, ça ne me dérange pas ce qu’il fait entre les sifflets », a conclu St-Louis.










